Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 15/03/2010 à 10h51 - Mis à jour le 15/03/2010 à 11h08

Valérie Pécresse au micro de RTL le 15 mars 2010 / La rédaction de RTL
La ministre de l'Enseignement supérieur, dont la liste UMP est arrivée en tête des Régionales en Ile-de-France avec 27,76% des voix, était la première invitée politique de Jean-Michel Aphatie lundi matin. Valérie Pécresse a jugé qu'une "nouvelle page de la campagne s'ouvrait" avec le deuxième tour". Et d'estimer : "Les socialistes ont essayé de détourner les enjeux régionaux de cette élection, ça leur est revenu en boomerang". Selon elle, "tout l'enjeu du second tour est d'aller parler aux Franciliens qui ont cru que cette élection régionale ne les concernait pas".
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Valérie Pécresse.
Valérie Pécresse : Bonjour.
Vous avez obtenu 27,76 % des suffrages en Ile-de-France, hier. Et votre mission, si vous l'acceptez, c'est de parvenir à 50% des voix, dimanche prochain. Mission impossible, Valérie Pécresse ?
Ecoutez, je crois que c'est une nouvelle page de la campagne qui s'ouvre, maintenant, avec ce second tour. Je crois que les socialistes ont essayé de détourner les enjeux régionaux de cette élection. Je crois que ça leur est revenu en boomerang.
Ah bon ?
Mais oui, parce que je crois qu'avec un abstentionniste sur deux, un électeur sur deux...
Ah, c'est la faute du Parti socialiste ?
Bien entendu, en partie. On va y venir.
Et en partie de votre faute.
Excusez-moi, monsieur Aphatie. Avec un électeur sur deux qui s'abstient, il est impossible de tirer des leçons nationales ou régionales, aujourd'hui, de ce scrutin. Et tout l'enjeu de ce second tour est d'aller parler à tous ces Franciliens qui ont cru que cette élection régionale ne les concernait pas. Et c'est ce que je vais faire pendant une semaine et nous allons leur parler de tout ce que la région pourrait faire pour eux. Nous allons leur parler de tout ce que les socialistes n'ont pas dit pendant cette campagne parce que, évidemment, comme ils n'ont pas tenu leurs promesses depuis douze ans, ni sur l'emploi, ni sur les transports, ni sur la formation, ni sur la crise, ni sur la ruralité, et bien ils n'ont pas intérêt à parler des régions.
Dépêche AFP, 1h39 ce matin : "La réélection du président sortant Jean-Paul Huchon en Ile-de-France à l'issue du second tour de dimanche prochain, semble assurée."
Mais écoutez, si c'est l'AFP qui fait la démocratie, les électeurs franciliens seront heureux de l'apprendre. Et j'espère qu'ils se lèveront en masse et qu'ils iront voter parce que vous savez la démocratie...
Je citais l'AFP, Valérie Pécresse.
Mais oui, mais la démocratie c'est le bulletin de vote, monsieur Aphatie, ce n'est pas une arithmétique de premier tour.
Nous le savons. Et le discours politique c'est la prise en compte des réalités. Nous sommes d'accord.
Oui.
C'est pour ça que je citais l'AFP.
Oui, mais la prise en compte des réalités, c'est quoi ? Monsieur Aphatie, ce que je pense c'est qu'aujourd'hui, nous, nous avons fait le choix de la sincérité et de la clarté. Nous avons un projet : un projet de protection contre la crise avec l'idée de faire du micro-crédit pour les très petites entreprises auxquelles les banques ne prêtent pas. Nous avons un projet de lutte contre la galère des transports avec des tarifs respectés ou remboursés pour que les Franciliens voient les résultats de notre politique de transport dans leurs tarifs de transport. Nous avons l'idée d'ouvrir les lycées sept jours sur sept, de doubler le nombre d'apprentis. C'est ça, c'est là-dessus que nous allons faire ce deuxième tour, sur les idées neuves qui sont arrivées en tête en Ile-de-France.
Chantal Jouanno, tête de liste UMP à Paris. Elle était à votre place, exactement, hier soir dans ce studio sur RTL : "Nous n'avons pas fait une bonne campagne. On n'a pas été bon".
Chantal Jouanno et moi, nous sommes exactement sur la même ligne.
Donc vous êtes d'accord avec elle...
Nous pensons qu'on nous a privés de la campagne sur les idées. Nous avons voulu parler de comment la région pourrait améliorer le quotidien des Franciliens. Nous avons voulu parler de l'avenir de l'Ile-de-France avec le Grand Paris qui va permettre de rééquilibrer l'Ile-de-France à l'Est, de créer un million d'emplois.
Elle a dit : "On n'a pas été bon". C'est une autocritique, Valérie Pécresse.
Non, c'était une critique globale de la qualité de la campagne nationale aujourd'hui parce que les socialistes ont voulu faire de cette élection, une élection contre, et les Franciliens, par exemple, n'ont pas suivi, et les Français non plus. Parce qu'un électeur sur deux qui s'abstient, c'est aussi l'absence totale de leçon nationale à tirer de ce scrutin. On ne peut pas tirer des leçons nationales ni régionales d'un scrutin dans lequel il y a un électeur sur deux qui ne va pas voter.
Le grand projet de Nicolas Sarkozy c'était la réunion de la droite qui créait une dynamique au premier tour pour gagner au deuxième. Au soir, du premier tour des élections régionales, l'UMP est derrière le Parti socialiste. Convenez-vous, Valérie Pécresse, d'un échec ?
Ecoutez, en Ile-de-France, ce n'est pas le cas.
Vous êtes ministre, dirigeante nationale de l'UMP.
Ecoutez, je ne suis pas dirigeante nationale de l'UMP.
Vous représentez quelque chose : vous êtes ministre, on est d'accord ?
Je suis chef de file en Ile-de-France, je fais partie de ce gouvernement, et je suis fière de la réforme de l'université que j'ai portée.
L'UMP est derrière le Parti socialiste, est-ce un échec, Valérie Pécresse ?
Je crois que nous avons un deuxième tour à jouer, et que dans ce deuxième tour les enjeux régionaux vont être au cœur. Et je crois, aujourd'hui, que nous avons besoin d'aller parler à tous ceux qui ont cru que cette élection ne les concernait pas, tous ceux qui pensent que la région est trop lointaine, tous ceux qui ne voient pas ce que la région pourrait faire pour lutter contre la crise en plus, tout ce que la région pourrait faire pour protéger leur sécurité soit des mesures très concrètes. Tout ce que la région pourrait faire en termes économiques, en termes de protection des agriculteurs, en termes de protection des industries. Nous nous battons contre la crise tous les jours. Les régions pourraient se battre aussi, et elles ne le font pas. C'est tout le débat de cette semaine.
Dans ce contexte de défaite pour l'UMP, pourrez vous rester ministre, Valérie Pécresse si vous êtes battue dimanche prochain ?
Je crois qu'à élection régionale, conséquence régionale, à élection nationale, conséquence nationale.
Vous y croyez encore, ce matin, à ça ?
Je crois à cela pourquoi ? Parce que je crois que c'est important pour les Français d'avoir un certain nombre de ministres qui vont à leur encontre y compris au bout de trois ans d'exercice.
SI vous êtes battue, quelle conséquence en tirerez vous ?
Ce n'est pas à moi d'en tirer les conséquences, c'est au Président de la République qui nomme son gouvernement et qui nomme ses ministres. C'est lui qui décide, c'est lui qui choisit.
Je savais en allant dans ce combat, tous les risques que j'encourrais. Je le savais.
Vous preniez des risques ?
Mais j'ai pris des risques toute ma vie, monsieur Aphatie. J'ai choisi un ministère de l'Université pour faire une réforme qui était infaisable. J'ai choisi d'aller aux primaires de mon parti pour représenter mon parti dans une élection parce que je voulais porter un projet pour ma région. C'est la région capitale.
Et si vous êtes battue, est-ce que vous aurez l'autorité suffisante pour rester ministre ? C'est ça la question.
Mais monsieur Aphatie, je veux gagner. Vous connaissez la phrase de Clémenceau ?
Il en a dit tellement. Allez-y.
Monsieur Clémenceau, en 1918, il a dit : "Le vainqueur c'est celui qui croit un quart d'heure de plus que son adversaire qu'il ne va pas être vaincu'". Et bien, c'est dans cet état d'esprit que je me trouve aujourd'hui. Il y a un Francilien sur deux qui n'est pas allé voter. Il y a beaucoup de Franciliens qui sont allés voter pour d'autres listes parce que l'on n'a pas suffisamment parlé de notre projet pour la région Ile-de-France et nous, nous allons en parler aujourd'hui. Nous allons parler de la formation des jeunes, nous allons parler d'emploi et nous allons parler des transports et ça commence ce matin.
Ah bien, oui, là on s'en est rendu compte ! Je vais vous le dire. Cela a commencé à 7 heures 50.
Nous partons en bus avec tous mes colistiers et toute la jeune génération des nouveaux responsables politiques d'Ile-de-France : Chantal Jouanno...
Et là... c'est... terminé
... David Douillet...
Bonne journée...

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