Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 09/06/2009 à 05h45 - Mis à jour le 07/09/2009 à 08h00

Le doyen des chefs d'État africains était l'interlocuteur obligé des présidents français / DR
L'annonce lundi de la mort du président gabonais Omar Bongo Ondimba a provoqué une avalanche d'hommages au "sage" et à "l'ami", venus de personnalités politiques françaises, de nombreux dirigeants du continent africain ou encore du président américain Barack Obama. Quelques organisations militantes ont évoqué quant à elles un passé moins reluisant et des soupçons de corruption et de clientélisme.
Le président américain Barack Obama s'est dit "attristé" par le décès du doyen des chefs d'Etat africains en soulignant son "rôle important dans le développement" des relations bilatérales et son "engagement à résoudre les conflits à travers le continent".
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, lui a également rendu hommage "pour le rôle clé qu'il a joué dans la recherche de la paix et de la stabilité" en Afrique.
"Un ami" pour le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, un "sage" pour l'ex-président de la République Jacques Chirac et son épouse Bernadette, "un grand et fidèle ami de la France" pour le président Nicolas Sarkozy : les cercles politiques français ont salué un personnage-clé de la "Françafrique".
"Il a été de tous les conflits en tant que médiateur, très souvent à la demande de la France, à la demande de l'Europe, en Centrafrique, au Congo Brazzaville, au Tchad", a insisté le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet.
Le chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, qui s'était un temps brouillé avec Omar Bongo après l'avoir qualifié de "rigolo et (de) donneur de leçon" a salué un "acteur clé" de l'"émancipation politique" africaine.
Son homologue tchadien, Idriss Deby Itno, "profondément bouleversé" par le décès de son "grand ami", a décrété un deuil national de trois jours dans son pays.
"C'était un président qui n'avait pas le souci de ses citoyens. Il a bien servi les intérêts de la France et des hommes politiques français", a estimé de son côté l'ancienne juge française et nouvelle députée européenne verte, Eva Joly. "La manne pétrolière n'a pas profité" aux Gabonais, a-t-elle estimé. "La France a une grande dette envers le Gabon pour avoir maintenu au pouvoir pendant toutes ces années M. Bongo", a ajouté l'ancienne magistrate, qui a instruit la tentaculaire affaire Elf et ses ramifications gabonaises.
Le député Noël Mamère (Verts) a affirmé qu'"on ne va pas pleurer sur une crapule de plus qui disparaît de la planète", "symbole" selon lui de "la Françafrique".
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