Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 23/04/2010 à 21h00 - Mis à jour le 11/05/2010 à 13h40

La jeune femme verbalisée par les policiers nantais répond aux questions des journalistes / AFP
A Nantes, une jeune femme de 31 ans portant le niqab au volant, a été verbalisée par la police. Elle a écopé d'une amende de 22 euros pour "conduite dans des conditions non aisées". Devant la presse, la conductrice a déclaré que le policier "n'avait pas le droit de la verbaliser", soulignant qu'elle n'aurait jamais conduit avec ce voile si celui-ci avait représenté un danger. "Le policier m'a dit : je ne sais pas comment cela se passe dans votre pays, mais chez nous on ne conduit pas comme ça. Je lui ai dit : chez vous, c'est aussi chez moi, parce que je suis Française". Suites étonnantes de cette affaire : on apprenait vendredi après-midi que le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, avait écrit à son collègue de l'immigration Eric Besson, pour lui demander d'étudier l'éventuelle déchéance de la nationalité française du conjoint de la conductrice, pour polygamie et fraude aux aides sociales, sans aucune explication supplémentaire.
Le procès-verbal dressé à une femme qui portait le niqab au volant
de sa voiture à Nantes se fonde sur une application du code de la route
laissée à l'appréciation des forces de l'ordre, relèvent vendredi la
police et la gendarmerie.
"Le code de la route prévoit ce type de
contraventions. C'est une question d'appréciation personnelle du
policier ou du gendarme", dit-on à la police nationale.
"L'article
R. 412-6 du code de la route fait obligation à tout conducteur d'être
en mesure d'effectuer commodément et sans délai toutes les manoeuvres
qui lui incombent. Cette disposition d'ordre général a vocation à
s'appliquer à tous les comportements susceptibles d'affecter la
vigilance des conducteurs. En revanche, cette infraction ne peut être
relevée à l'encontre d'une personne dont la tenue vestimentaire ne lui
cause aucune gêne dans l'exécution de ses manoeuvres", précise-t-on à
la direction de la gendarmerie.
Une conductrice de 31 ans, de
nationalité française et portant depuis neuf ans un niqab, a raconté
jeudi à l'AFP avoir écopé d'une amende de 22 euros pour "circulation
dans des conditions non aisées", lors d'un contrôle routier le 2 avril
dans une rue de Nantes.
"Deux agents à moto m'ont fait signe de
m'arrêter", a-t-elle expliqué. Après avoir présenté ses papiers et
dévoilé son visage, "le policier m'annonce qu'il va me verbaliser à
cause de ma tenue vestimentaire", a poursuivi la jeune femme.
Sur
le PV est mentionné l?article 412-6 du Code la route : 22 euros pour
"circulation dans des conditions non aisées", le fonctionnaire estimant
que le champ de vision de la jeune femme était réduit.
En l'espèce, une source policière a ajouté que la conductrice verbalisée "est la femme d'un islamiste connu" à Nantes.
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