Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 05/03/2010 à 15h25 - Mis à jour le 08/03/2010 à 15h02

L'affiche en cause / DR
Des organisations françaises de défense des droits de l'homme (la Licra et le Mrap) ont exigé vendredi le retrait d'une affiche électorale ressemblant à celles utilisées en Suisse lors du référendum sur l'interdiction de la construction de nouveaux minarets. Le poster, placardé par le mouvement de jeunesse du Front national en Provence-Alpes-Côte d'Azur, proclame "non à l'islamisme". Jean-Marie Le Pen, tête de liste du parti dans la région, a défendu l'affiche vendredi matin au tribunal.
Cette affiche montre une femme en burqa, des minarets transformés en lance-missiles et le drapeau algérien recouvrant la France.
Au nom de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), Me Michel Pezet a dénoncé une "mystification". "Vous essayez de tromper les gens, a-t-il déclaré, vous portez une accusation à l'encontre d'une communauté -les musulmans- qui n'est pas pour l'islamisme et qui est parfaitement intégrée". Me Pezet, qui a fustigé "une caricature du message politique", a sollicité le retrait de l'affiche en invoquant un "trouble manifestement illicite" et "une provocation à la haine raciale".
De son côté, l'avocat du Front national, Me Wallerand de Saint-Just, a dénoncé "un procès d'intention de la LICRA". "Cette affiche n'attaque en aucun cas l'islam ou les musulmans, mais l'islamisme. Pour essayer de l'interdire, vous êtes obligés de torturer la liberté d'expression", a-t-il insisté.
Présent à l'audience, le président du FN Jean-Marie Le Pen a déclaré: "je suis venu dire non à l'emprise algérienne sur notre pays, non à la burqa. Que chacun prenne ses responsabilités politiques".
Le juge des référés rendra son ordonnance lundi à 14 heures.
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