Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 29/03/2011 à 19h05

Lundi soir sur Canal +, Jean-François Copé a reproché à François Fillon sa "posture" et de "ne pas jouer collectif" à propos du débat laïcité. / AFP
La crise ouverte à l'UMP est-elle réglée ? Officiellement, la hache de guerre est enterrée entre Jean-François Copé et François Fillon. Le secrétaire général de l'UMP a déclaré mardi que "l'heure (était) à l'apaisement" avec le Premier ministre, qu'il a accusé la veille de "ne pas jouer collectif" dans le débat sur la laïcité. Des propos qu'il a toutefois maintenus, regrettant simplement leur perception. "Je considère que l'incident est clos", a dit pour sa part déclaré le chef du gouvernement devant les députés. Mais en coulisses, l'heure est au réglement de comptes à "OK UMP". Les deux hommes se sont retrouvés dans la matinée à l'Elysée autour de Nicolas Sarkozy. Un participant a fait état d'un échange "assez vif" entre les deux poids-lourds de la Majorité. L'Elysée ne tranche pas. L'affaire pourrait bien laisser des traces.
François Fillon a déclaré mardi, devant les députés UMP, qu'il "considère que l'incident est clos" avec Jean-François Copé sur le débat sur la laïcité et qu'il ne se laissera "pas entraîner dans les polémiques", selon des participants à la réunion à huis clos du groupe UMP à l'Assemblée. Lors de cette réunion, les deux hommes ont appelé de concert "à l'unité" du parti présidentiel, sous les applaudissements des députés UMP.
"Je veux bien reconnaître que, sur la forme, mes propos ont pu paraître excessifs mais, sur le fond, je maintiens, avait expliqué Jean-François Copé un peu plus tôt. J'ai souhaité mettre les pieds dans le plat. Un lendemain d'élection, c'est le moment de se dire les choses. François Fillon a lui-même reconnu qu'il avait pu y avoir des maladresses de son côté". "On s'est parlé, lui (François Fillon) et moi, on s'est dit les choses" lors d'une réunion avec le président Nicolas Sarkozy, a ajouté le député de Seine-et-Marne. "Très sincèrement, l'heure est maintenant à l'apaisement", a-t-il déclaré, avant la réunion du bureau du groupe UMP à l'Assemblée nationale.
Selon un participant à la réunion à l'Elysée, le chef de l'Etat n'a à aucun moment désavoué ni son Premier ministre ni le patron de l'UMP. Lundi soir sur Canal+, Jean-François Copé avait reproché à François Fillon sa "posture" et de "ne pas jouer collectif" à propos du débat sur la laïcité. Une attaque vive et relativement rare entre un chef de parti majoritaire et un Premier ministre. Mardi matin, à l'Elysée, le chef du gouvernement s'en est pris, selon un participant, au patron de l'UMP, estimant qu'il "n'était pas possible d'exposer ses différends avec le Premier ministre ainsi à la télévision". "Le parti doit soutenir l'action du gouvernement et le Premier ministre (...), on ne peut pas exposer ses différends comme ça", a-t-il insisté.
Le ministre UMP Laurent Wauquiez et une cinquantaine de parlementaires de son club, la Droite sociale, critiquent la gestion de Jean-François Copé à la tête de l'UMP, et lui donnent des pistes pour 2012 : "unité", "clarté par rapport au FN", et "pédagogie des résultats".
Le débat annoncé sur la laïcité zème la zizanie au sein de la majorité. Fin février, François Fillon avait déclaré qu'il s'opposerait à ce débat s'il "devait être centré sur l'islam" ou "d'une manière ou d'une autre", conduire à "stigmatiser les musulmans". Il avait provoqué l'ire - privée - de Jean-François Copé, au lendemain du premier tour des élections cantonales, en se démarquant de la stratégie présidentielle - ni alliance avec le FN ni front républicain - pour le second tour.
Lundi, c'est le porte-parole du gouvernement, François Baroin, qui a assuré dans la matinée qu'il fallait "certainement mettre un terme à tous ces débats".
(avec AFP)
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