
Serge July
Crédit : Serge July
Crédit : Serge July
Il y aura 34 triangulaires dimanche avec le FN pour le 2e tour des législatives. L’UMP a décidé de pratiquer un NINI, ni PS ni FN. Où en sont les rapports de la droite parlementaire avec le Front National?
Il y a un excellent thermomètre à observer pour répondre à votre question. Il s’appelle François Fillon. Entre les deux tours des élections cantonales de 2011, l’ancien premier ministre de tradition gaulliste appelait alors à voter contre le FN, je cite aucune voix de droite et du centre ne doit se porter sur l’extrême droite. Fin de citation. Aujourd’hui François Fillon en course pour la direction du parti a décidé avec tous les dirigeants de l’UMP d’adopter la stratégie du NI NI : on ne choisit plus entre le PS et le FN. Le barrage du front républicain gauche droite, est donc supprimé. Cette décision s’accompagne certes d’une exclusion, celle du candidat UMP à Arles qui s’était désisté en faveur du FN. Malgré cette précaution c’est bien un glissement de l’UMP qui s’est opéré vis à vis du Front National : il y a désormais une tolérance idéologique qui n’existait pas auparavant et qui progresse.
Quelle est la raison de ce glissement ?
Il y a en plusieurs : l’arrivée de Marine le Pen et de ses équipes techno à la direction de son parti, sa volonté de le dé-diaboliser sur les questions de société enfin le quinquennat de Nicolas Sarkozy, de sa campagne victorieuse de 2007 centrée sur l’identité nationale à celle de 2012 où il a été jusqu’à dire c’était en mai dernier que le FN était « compatible avec la République ». Malgré de nombreux handicaps personnels et économiques, Nicolas Sarkozy a réalisé un score plus étroit que celui attendu avec 48, 33%, ce qui tendrait à prouver que l’électorat qui l’a suivi dans sa remontée s’était bien « droitisé ». Et l’UMP a donc décidé de ne pas changer de cap. Les sondages les en ont convaincus puisque 60 à 65 % des sympathisants de l’UMP seraient favorables à des accords avec le FN. L’ancien président prétendait faire les poches de Marine Le Pen. En réalité il aura contribué à banaliser le FN et à décomplexer l’UMP à son égard.
Est-ce que cela signifie que la campagne de Nicolas Sarkozy se poursuit sans l’ancien président ?
Ca prouve une chose très simple : la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy sert de base à deux élections, une pour élire le président l’autre pour sa majorité et son opposition parlementaire. C’est la nouvelle règle du jeu. Louis Alliot le stratège du parti populiste a pris acte des convergences avec l’UMP, je le cite sur l’identité nationale, la lutte contre l’immigration et le « fiscalisme ». Deux désaccords selon lui subsisteraient: l’Europe et l’économie. Ouf, il reste donc encore un peu de marge!
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10/04/2013 - 09h48
10/04/2013 - 09h47
10/04/2013 - 09h36
10/04/2013 - 09h34
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