
Serge July
Crédit : Serge July
Crédit : Serge July
Le Figaro a publié ce matin des informations relatives à des coupes drastiques qui seraient pratiquées dans les dépenses de l’état. Démentis du gouvernement. Où en sommes nous ?
Le cycle électoral terminé, le quinquennat peut enfin commencé, les choses sérieuses aussi ! L’exécutif qui a habilement slalomé entre les électeurs et les mini promesses, sans jamais chiffrer ses engagements, va devoir abattre son jeu. Nous aurons donc chaque jour des flopées de rumeurs, de scoops, de révélations qui serviront aussi à François Hollande et Jean Marc Ayrault à faire passer des messages aux dirigeants européens mais aussi aux marchés financiers sur leur détermination à tenir leurs engagements budgétaires. Et la gestion du nombre de fonctionnaires est évidemment un marqueur essentiel. Alors en supprimant un poste sur deux des titulaires partant à la retraite, Nicolas Sarkozy en avait fait de la révision générale des politiques publiques, le grand air du quinquennat : celui de la RGPP. C’était la RGPP hard. A la place, Hollande propose une RGPP soft.
Les révélations du Figaro portent sur les réductions d’effectifs et sur les dépenses de fonctionnement ?
Les effectifs et les salaires des fonctionnaires représentent 30 % du budget de l’état. La gauche avait dénoncé cette logique aveugle de la RGPP, en défendant une RGPP avec des priorités en faveur de l’éducation, de la justice, de l’intérieur. Ces priorités se traduiront par l’embauche de 65000 fonctionnaires dans le quinquennat. Et François Hollande avait précisé pendant la campagne que ces embauches seraient compensées par des départs plus importants dans d’autres domaines ministériels que le Figaro chiffre à 2 non remplacement sur trois de fonctionnaires partant à la retraite. Commentaire de Michel Sapin : c’est dit-il la traduction de ce que François Hollande avait dit pendant la campagne. Et cette phrase « pas de diminution du nombre de fonctionnaires ». Le ministre du budget a ajouté que le nombre de fonctionnaires n’augmenterait plus.
C’est le retour du ni ni ?
Cela y ressemble beaucoup. Cette forme de congélateur politique est un classique français, pas spécialement un modèle audacieux ! Ni nationalisation ni privatisation, c’était Mitterrand 88, Jean François Copé nous a offert un ni PS ni FN. Voici donc un nouveau ni-ni : ni hausse globale, ni baisse globale du nombre de fonctionnaires. Il ne se passera plus d’heure désormais sans que le gouvernement soit sommé d’éclaircir telle ou telle information. Il lui faudra sortir de l’ambiguïté. Et chacun le sait, on sort toujours de l’ambiguïté à ses dépens.
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