Les Dossiers de RTL.fr - Présidentielle 2012

Sarkozy replace la Justice au centre de la campagne

Après plusieurs lois dites sécuritaires pendant son quinquennat, Nicolas Sarkozy a proposé samedi à Bordeaux qu'un "condamné ne puisse pas bénéficier d'une remise en liberté conditionnelle avant qu'il ait effectué au moins les deux tiers de sa peine". Le président-candidat a également proposé d'étendre les jurys populaires à la mise en détention provisoire et l'application des peines", et affirmé que "l'obligation de réparer le dommage" devait être une "priorité de la politique pénale des mineurs". Des propositions qui ont aussitôt fait réagir.

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Pour Virginie Valton, vice-présidente de l'Union syndicale des Magistrats, tout cela n'a rien de très nouveau

Crédit : Matthieu Delahousse

Le candidat Sarkozy a annoncé une réforme de la Justice samedi lors de son discours à Bordeaux

Crédit : Matthieu Delahousse

La magistrature divisée

Les propositions de Nicolas Sarkozy sur la justice samedi lors d'un meeting du président-candidat à Bordeaux sont un "vieux truc réchauffé" a estimé l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), le Syndicat des magistrats (SM) parlant, lui, de "surenchère.
  
En revanche, l'Institut pour la justice (IPJ) s'est réjoui de la proposition du candidat-président d'offrir un large droit d'appel aux victimes et de renforcer l'application des peines, des "annonces considérables" selon lui.
  
"Rien n'est neuf. C'est du vieux truc ressorti, réchauffé", ce sont des propositions "portées par la Droite populaire, dans une logique américaine" de la justice, a dit pour sa part le président de l'USM, Christophe Régnard dans un entretien téléphonique avec l'AFP.
  
"Va-t-on aller jusqu'au rétablissement de la peine de mort pour monter dans la surenchère?", se demande de son côté le président du SM, Matthieu Bonduelle en estimant que "la base de tout ça c'est de dire que les magistrats sont des laxistes, et c'est faux".
  
Des jurys populaires pour la détention provisoire ? "Impossible!"

A propos de l'extension de jurys populaires dans tous les tribunaux populaires, "c'est en place depuis deux mois dans deux Cours d'appel (ndlr: Dijon et Toulouse) et on n'en a pas encore tiré le bilan. Mais cela coûte fort cher et cela ralentit le cours de la justice", selon M. Régnard.
  
M. Bonduelle juge "invraisemblable" la proposition de Nicolas Sarkozy d'étendre les jurys populaires à la détention provisoire. "Il n'a pas retenu la principale leçon d'Outreau".
  
Le droit d'appel des victimes devant les tribunaux criminels "va modifier l'équilibre de notre justice". "C'est revenir à la vengeance privée plutôt qu'à la justice étatique", estime M. Bonduelle.
  
M. Régnard a par ailleurs dénoncé le "populisme" de la proposition consistant à rendre impossible toute libération conditionnelle avant les deux-tiers de sa peine: "Toutes les statistiques montrent qu'une libération conditionnelle divise par deux à trois le risque de récidive. On a déjà une règle des deux-tiers pour les récidivistes". "Cela aura des effets sur la surpopulation carcérale", a-t-il mis en garde.
  
"On a entendu ça 100 fois"

Concernant la volonté de réformer encore l'Ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs, "on a entendu ça quinze fois", a commenté Christophe Régnard.
  
Le souhait de Nicolas Sarkozy d'imposer aux mineurs "l'obligation de réparer le dommage", c'est une disposition qui est introduite "dans l'ordonnance de 1945 depuis le milieu des années 1990", a affirmé le responsable syndical.
  
Par ailleurs, "considérer les mineurs de 16 ans comme des majeurs, parce que c'est de cela qu'il s'agit, c'est en opposition totale avec la convention internationale des droits de l'enfant qui dit exactement l'inverse en demandant d'être d'abord dans une logique de protection avant la logique de répression".
  
Une fuite en avant ?

"L'abaissement de la majorité pénale à 16 ans est une aberration incroyable", renchérit à ce propos le président du SM. "Cela fait dix ans, en comptant ses passages au ministère de l'Intérieur que M. Sarkozy fait la pluie et le beau temps en matière de justice. On constate que les principes républicains ont reculé de manière considérable que la lutte contre la délinquance est un échec et il propose de continuer, d'aggraver la situation".
  
"On aurait pu imaginer qu'après cinq ans à l'Elysée il ait changé, non, il est dans la fuite en avant", a-t-il déploré.

(Avec agences)

Ecoutez l'intégralité du discours de Nicolas Sarkozy à Bordeaux :




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7commentaires
Signaler un abus top vraimentbas le 06/03/2012 à 19h33 Parce qu'il enivre, l'alcoolisme nuit gravement à la santé des plus faibles. Il en est de même du SARKOZISME qui frappe surtout les plus crédules et nuit gravement à la Santé économique, à la Démocratie et à l'expression de la Vérité dans notre pays. Dans "MON PROJET/ENSEMBLE TOUT DEVIENT POSSIBLE", le candidat NS de 2007 avait défini 15 objectifs dont seuls les points 9/11/13 peuvent être considérés comme à peu près remplis. Les nouvelles valeurs de NS ne valent pas un copeck comme dirait Copé
Signaler un abus top kikiliv le 05/03/2012 à 09h21 Il sait plus ou il habite, qu'il construise des prisons "publics" pour accueillir les 82ooo personnes qui sont en instance de peine.Oh si, il a visité derniérement une prison modèle sans détenu.Trop fort "Zorro" même le sergent Garcia arrive toujours trop tard.Aucune crédibilité la politique c'est l'anticipation et l'action,non pas la réaction de derniére minute!...
Signaler un abus top frederic61 le 05/03/2012 à 06h54 oui dommage, on a déjà entendu ça il y a cinq ans.
Signaler un abus top hommedelarue le 04/03/2012 à 18h48 Encore de belles promesses, mais maintenant les français sont au courant que ce personnage ne tient pas ses promesses ...
Signaler un abus top pseudo46 le 04/03/2012 à 18h02 encors de paroles enl'air comme en 2007
Signaler un abus top vigilance orange le 04/03/2012 à 17h02 Tiens ,

il oublie de parler

des 100 000 peines

qui ne sont pas exécutées .

Pourtant ,

c'est lui ,

le président .
Signaler un abus top Zifounet le 04/03/2012 à 16h42 Bien sûr que ce sont de bonnes mesures ! mais pourquoi les appliquerait-on maintenant ? ça ne pouvait pas être fait avant ? ? Avec Marine ce sera fait à coup sûr, et c'est ça qui change tout.
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