Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 09/02/2012 à 19h18

Nicolas Sarkozy dans l'enceinte de la centrale de Fessenheim le 9 février 012 / AFP
Après le feu vert en janvier de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi à Fessenheim la décision du gouvernement de poursuivre l'exploitation de la centrale nucléaire alsacienne, la plus ancienne du parc français. "Pourquoi est-ce qu'on la fermerait pour des raisons politiques ?", a demandé le chef de l’État, visant sans le nommer le socialiste François Hollande, qui souhaite fermer le site du haut-Rhin s'il est élu. "Ce serait une erreur magistrale", a insisté le chef de l’État.
"Vouloir fermer Fessenheim c'est un scandale"
"On ne la fermera pas cette centrale, il n'en est pas question (...) Pourquoi est-ce qu'on la fermerait pour des raisons politiques ?", a assuré Nicolas Sarkozy à des salariés de la centrale EDF. "On a besoin de la centrale pour le chauffage et l'industrie, c'est 70% de l'électricité nécessaire en Alsace. Où est-ce qu'on irait la chercher ?", a demandé le chef de l'Etat, farouche partisan de l'énergie nucléaire.
"Les deux réacteurs de Fessenheim figurent au premier rang de la liste des vingt-quatre réacteurs que certains souhaiteraient fermer autoritairement au détriment de l'emploi dans la filière nucléaire, au détriment de la compétitivité de notre industrie et au détriment de notre indépendance énergétique", a insisté Nicolas Sarkozy lors d'un discours devant les salariés de la centrale.
"Je n'accepterai jamais la fermeture de la centrale de Fessenheim pour des raisons politiciennes", a-t-il réaffirmé sous un tonnerre d'applaudissements.
"S'il y avait eu le moindre doute sur la sûreté de la centrale, si les autorités indépendantes avaient pointé la moindre faiblesse sur la centrale, je n'aurais pas hésité une seconde à demander à EDF de fermer Fessenheim", a-t-il ajouté.
"Vouloir fermer Fessenheim c'est un scandale, parce que c'est sacrifier l'emploi qui est le vôtre à des arrière-pensées politiciennes", a-t-il encore lancé.
"L'Autorité de sûreté nucléaire affirme que les centrales de notre parc présentent un niveau de sûreté permettant de continuer à les exploiter. Toutes, y compris Fessenheim", a rappelé Nicolas Sarkozy.
Pour Joly, Sarkozy "choisit le gaspillage de l'argent public"
Eva Joly, candidate EELV à la Présidentielle, a jugé que le chef de l'Etat avait choisi "le gaspillage de l'argent public" en décidant de poursuivre l'exploitation de Fessenheim. Nicolas Sarkozy Il a "une nouvelle fois sa flamme aux lobbies du nucléaire. Quitte à mettre en danger les populations alentours et à s'aveugler des possibilités alternatives", écrit-elle dans un communiqué.
Pour l'eurodéputée, le président est "le candidat d'un conservatisme figé, fermant les portes à toutes les solutions d'avenir, allant même jusqu'à moquer les énergies alternatives. Le voilà donc prêt à prolonger la durée de vie d'une centrale périmée, située sur une faille sismique, à coups de milliards palliatifs".
Début janvier, l'ASN a déclaré bons pour le service tous les réacteurs du parc français, mais exigé des travaux de sécurité supplémentaires pour un surcoût évalué à 10 milliards d'euros.
Dans un rapport sur le coût de la filière publié la semaine dernière, la Cour des comptes a pressé le gouvernement de faire rapidement des choix sur l'avenir de la filière, relevant que 22 des 58 réacteurs atteindraient leur quarantième année de fonctionnement d'ici 2022. Dans toutes les hypothèses, ce choix engagera de très lourds investissements, a prévenu la Cour.
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