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POLITIQUE

Chômage : pour Bayrou, Sarkozy "ne sait plus où il habite"

Créé le 09/02/2012 à 21h16

François Bayrou

François Bayrou / AFP

Il s'était fait discret ces derniers temps. Et voici François Bayrou qui attaque frontalement le chef de l'Etat. Le candidat MoDem pour l'élection présidentielle a qualifié jeudi de "dérive inquiétante" la proposition de référendum sur les obligations des demandeurs d'emploi que s'apprête à faire Nicolas Sarkozy, estimant que cette idée relevait de la "perte de contrôle". "Le référendum, c'est comme faire flamber le oui contre le non. Sur le même pallier, dans la même maison, les gens vont se détester. Le problème : ce n'est pas les chômeurs, c'est qu'il n'y a pas de travail ! C'est la preuve qu'ils (le gouvernement) ne savent plus où ils habitent. Il (Nicolas Sarkozy) fait ça pour gagner des voix sur ce qu'il croit être l'électorat de l'Extrême-Droite" a conclu François Bayrou. "L'annonce par Nicolas Sarkozy d'un référendum sur les droits des chômeurs est une idée pernicieuse qui montre à quel point le pouvoir est aujourd'hui dans le désarroi", a réagi le candidat centriste à l'Elysée en marge d'un déplacement dans l'Orne.

Selon une source proche de l'UMP, le président de la République s'apprête à proposer un recours à un référendum sur les obligations des chômeurs, comme celle de savoir s'ils ont le droit de refuser un emploi ou une formation, dans une interview à paraître dans le Figaro magazine du week-end.

"Mettre le pays à feu et à sang"

"Cibler les chômeurs, en faire un sujet d'affrontement au sein de la société française, comme s'ils étaient le problème et pas l'absence d'emploi, c'est une perte inacceptable du sens des responsabilités", a dénoncé M. Bayrou. Pour le leader centriste, "le rôle d'un président doit être d'unir son pays, d'apaiser les tensions et pas de jeter de l'essence sur le feu". "Si on veut mettre le pays à feu et à sang en faisant des chômeurs des ennemis publics, en leur faisant porter scandaleusement le poids des difficultés du pays, on fait courir les plus grands risques à la solidarité qui seule fait les pays en bonne santé", a-t-il fait valoir.

 "C'est une dérive de plus en plus inquiétante. Et ce qui apparaît de plus en plus aujourd'hui, c'est que la droite républicaine française et les modérés qui se réclament du Centre ne peuvent pas soutenir plus longtemps une démarche politique qui fait courir de si grands risques à la société française et à l'unité du pays", a-t-il estimé.

"Bien sûr, il y a des problèmes sur un certain nombre de chômeurs qui se sont peu à peu éloignés de la réalité du travail mais cela ne se traite pas sur le mode du référendum", a insisté le leader centriste pour qui le chef de l'Etat se perd aujourd'hui "dans la quête éperdue d'un électorat dont il croit que l'extrémisme est la clef".

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