
Le député socialiste Razzi Hammadi
Crédit : AFP / Archives, Thomas SamsonCrédit : Jean-Michel Aphatie
Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Razzi Hammadi.
Razzi Hammadi : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.
Vous avez 33 ans, vous êtes né en France d'un père algérien, d'une mère tunisienne. Vous avez été élu député de Seine-saint-Denis en juin dernier. Votre parcours est donc assez exceptionnel. Vous faites partie -vous avez peut-être même été l'un des maîtres d'oeuvre- des 75 députés qui ont demandé publiquement au gouvernement d'accélérer la mise en oeuvre de la réforme accordant le droit de vote aux Etrangers pour les élections locales. Sondage CSA RTL ce matin. 63% des Français y sont opposés. Peut-on faire ce type de réforme : élargir le droit de vote quand des citoyens n'en veulent pas ?
... une zone d'incertitude qui était de dire : si les Etrangers doivent participer aux élections municipales de 2014, alors le calendrier législatif doit intégrer cela dans le premier trimestre, voire le premier semestre 2013. C'était la volonté et l'expression de cette tribune. Vous citez un sondage, la différence entre peut-être des publicitaires et des politiques, c'est que les Politiques essaient de convaincre, même s'ils sont sur une position minoritaire comme on avait pu le faire par le passé sur d'autres sujets.
63%, c'est beaucoup quand même !
Oui, et en même temps, on était à front renversé, il y a quelques mois. Je pense que cela est lié aussi en grande partie au contexte. Voilà, il ne faut pas se laisser intimider par ce que sont les vagues de l'opinion ...
Il faut quand même faire la réforme ?
Et il faut essayer de structurer par contre, les lames de fond qui depuis 30 ans, accompagnent ce discours. Il y a deux voies pour pouvoir avancer sur ce sujet-là. Il y a la voie du Congrès : rassembler le Sénat, l'Assemblée Nationale, et avoir les 3/5èmes, c'est possible. C'est possible. Il manque une trentaine de voix ...
à la Gauche ? Il manque une trentaine de voix à la Gauche pour pouvoir modifier la Constitution.
C'est-à-dire qu'il faudrait aller vers le Centre et une partie de la Droite. Je pense qu'il existe, aujourd'hui, certains l'ont déclaré d'ailleurs, je crois. Borloo s'est exprimé en ce sens. Il y en a peut-être d'autres ...
Mais le plus simple, ce serait de faire un référendum puisque apparemment, l'opinion publique y est hostile, il faut vérifier non !
Alors, il y a deux choses. Il y a, pour changer cette Constitution, deux voies.
Oui, ça je sais.
La voie du Congrès ou la voie du référendum.
Voilà, c'est ça, oui.
Aujourd'hui, on sait très bien, notamment avec les jonctions qui existent aujourd'hui qu'on a déjà vues lors de l'élection présidentielle, les capacités d'alliance entre la Droite et l'Extrême Droite, au moins dans le débat public. Donc, il faut être vigilant, pragmatique ...
Mais pas de référendum ? C'est démocratique.
C'est une hypothèse ...
Sur une question aussi symbolique ...
Mais le Congrès aussi c'est démocratique.
... élargir un droit de vote puisque visiblement, une partie importante de l'opinion publique y est rétive, au fond il faut vérifier. Ce n'est pas démocratique, ça ?
Mais c'est le cas comme sur de nombreux sujets, comme sur le traité, vous connaissez ma position. Pour autant,
Ah ne mélangeons pas tout ! On parle du droit de vote ...
Pour autant, je pense que les parlementaires doivent prendre leurs responsabilités.
Ca n'est pas démocratique le Congrès ?
Donc, pas de référendum ?
C'est la deuxième option, de mon point de vue.
Je pense qu'en priorité, c'est le Congrès ; en deuxième hypothèse, si nous n'arrivions pas à avoir les 3/5èmes, le référendum. C'est le cas, je pense que c'est la position de l'ensemble des Socialistes.
Vous n'êtes pas aidé par le ministre de l'Intérieur qui dit : ce n'est pas une préoccupation majeure des Français ?
J'ai entendu ce qu'il avait dit. On peut être tenté d'avoir ce type de jugement lorsqu'on voit la situation du pays, la situation sociale, la situation économique. Il y a 60 propositions du Président de la république. Elles sont toutes prioritaires. Il a raison lorsqu'il dit qu'il faut être dans la méthode, et à la fois être prudent, et en même temps, la prudence. La méthode ne doit pas, à un moment, amener à trop de retenues sur des sujets où il faut militer, c'est-à-dire : il faut militer. Député, c'est voter mais c'est aussi militer. Si on ne milite pas, eh bien oui, il y a 55, 60, 62% parce que la Droite et l'Extrême Droite militent contre ce droit de vote. Nous devons militer en faveur de ce droit de vote.
Il est un peu frileux, Manuel Valls, sur cette question ?
Non, du tout. Je pense qu'il exprime un point de vue. Il a rappelé, hier, lors des journées parlementaires ce qui était sa position sur le sujet et qui se décrit en deux mots : Prudence, ne pas se précipiter mais bien évidemment il faut que cela se fasse.
Dans votre esprit, il faut que cette réforme soit faite avant les élections municipales de 2014 ?
Bien sûr ; et c'est l'esprit aussi de ce qu'a déclaré Jean Marc Ayrault.
Ah non, Jean Marc Ayrault, il a dit : on soumettra au parlement.
Publicité
Publicité
10/04/2013 - 09h48
10/04/2013 - 09h47
10/04/2013 - 09h36
10/04/2013 - 09h34
Publicité
Publicité
Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr et pour tous les blogs.