
Nicolas Sarkozy sur le plateau de "Des paroles et des actes", le 12 avril 2012 sur France 2
Crédit : Thomas SamsonCrédit : Jérôme Florin
Crédit : Yaël Goosz
Crédit : Jérôme Florin
Crédit : Jean-Michel Aphatie
Un choix "politique"
François Fillon a été interrogé jeudi soir sur France 2 sur une discussion téléphonique entre Nicolas Sarkozy et Philippe Varin relatée par un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Camille Pascal, dans son livre "Scènes de la vie quotidienne à l'Elysée" sur les derniers mois du précédent quinquennat. "Le lendemain matin, lorsque j'entendis à la radio les explications aussi embrouillées qu'embarrassées du patron de Peugeot qui semblait revenir sur son projet, je me dis alors que l'intervention musclée du Président n'avait pas été vaine", écrit-il.
François Fillon dans "Des paroles et des actes"
François Fillon, récusant toute arrière pensée politique de la part de l'ancien président, a livré jeudi soir sa version. "Nicolas Sarkozy n'a pas demandé
qu'on repousse l'annonce du plan social, mais que tout soit tenté pour
l'éviter", a-t-il expliqué dans un communiqué. "C'est un choix politique (...) - qu'il avait d'ailleurs déjà fait au moment de la crise de 2008 - en disant à l'industrie automobile 'Je n'accepte pas que vous licenciez et je vais vous aider'", a-t-il expliqué. "Il aurait été un peu étrange que juste à la veille de l'élection présidentielle, le président de la République française, qui avait tout fait pour empêcher les licenciements dans l'industrie automobile dise à M. Varin 'Mais allez-y, je vous en prie, c'est vraiment le moment de le faire'", a ajouté François Fillon.
L'ancien ministre UMP du Travail Xavier Bertrand a ajouté à la confusion
vendredi matin en déclarant sur RTL que, ayant participé à "plusieurs réunions" sur ce dossier, il n'avait pas "le même souvenir" des faits que son ancien Premier ministre. "Est-ce que vous croyez,
aujourd'hui, avec la place, l'omniprésence des médias, avec les
informations dont disposent les syndicats, vous croyez franchement qu'il
est possible de cacher des choses ? Vous pensez franchement qu'il est
possible de retarder ? Ça n'est pas vrai", a-t-il lancé.
Un aveu qui "résume la méthode de l'UMP"
PSA a finalement annoncé en juillet un plan d'économies prévoyant 8.000 suppressions de postes, dont 3.000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et 1.400 à Rennes (Ille-et-Vilaine). Philippe Varin avait alors expliqué que la décision avait été prise au premier semestre 2012 mais qu'il n'était pas question "d'en faire un enjeu de la période électorale".
Les propos de François Fillon n'ont pas étonné les syndicats. "Que Sarkozy ait demandé de repousser le plan social, ce n'est pas une nouvelle du tout. Avec un gouvernement de gauche ou du centre, ça aurait été la même chose", a commenté Christian Lafaye, délégué PSA FO. "Ce n'est pas un scoop. François Fillon a au moins l'honnêteté de reconnaître", renchérit la CFDT.
Le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux, a de son côté qualifié de "terrible aveu" cette déclaration. "Cette vérité, évidente pourtant depuis plusieurs mois, résume la méthode de l'UMP : maquiller un bilan détestable et refuser d'affronter les difficultés de la France", a déclaré le chef de file des députés socialistes.
ANIMATION - PSA en difficulté
(cliquez pour découvrir l'animation)
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