"En Europe comme en France, François Hollande s'est attribué l'idée de la croissance" selon Alain Duhamel
Créé le 16/09/2011 à 11h24

De gauche à droite : Arnaud Montebourg, Jean-Michel Baylet, Francois Hollande, Martine Aubry, Manuel Valls et Ségolène Royal avec le journaliste David Pujadas au centre / AFP
A plus de trois semaines du scrutin, les six candidats à la primaire socialiste se sont confrontés jeudi soir sur France 2, pour leur première joute audiovisuelle devant les Français. Après avoir répondu tour à tour aux questions des journalistes, les prétendants se sont ensuite opposés pendant plus de deux heures et demi. Tout en essayant d'apparaitre soudés, ils ont clairement affiché leurs divergences au cours d'un confrontation sans vigueur, les candidats faisant parfois assaut d'amabilités. Seule une petite escarmouche entre Martine Aubry et François Hollande vers 23 heures est venue pimenter les échanges. Prochain débat dans deux semaines.
Une première confrontation sans vigueur
Premier temps, les présentations de chaque candidat en une minute. Martine Aubry a été la première à parler, selon le tirage au sort. "Mes priorités sont les vôtres: l'emploi, pouvoir d'achat, l'éducation et la sécurité", a déclaré l'ancien numéro deux du gouvernement Jospin, se disant "déterminée" et "prête" et faisant valoir "toutes ses responsabilités" passées.
Ensuite Manuel Valls, qui veut incarner "la gauche qui dit la vérité", a jugé que "Nicolas Sarkozy a échoué mais les vieilles recettes ne sont plus d'actualité". Sa "priorité, le désendettement du pays".
Arnaud Montebourg, chantre de la démondialisation, a enchaîné: "les responsables de la crise sont connus: la finance mondiale et les gouvernements qui ont démissionné devant elle". Lui, le petit-fils d'un "Arabe d'Algérie", fils de "boucher-charcutier", qui veut des "mesures radicales et draconiennes", a rappelé qu'il était "un enfant de cette République mélangée qui a fait la France".
Seul candidat non socialiste, le PRG Jean-Michel Baylet a mis en avant sa volonté d'apporter à la primaire sa "sensibilité", "celle d'un chef d'entreprise engagé à gauche" et celle "d'un militant radical" qui veut "mettre ses idées au service du progrès et du rassemblement pour la victoire en 2012".
Ségolène Royal, l'ex-candidate à l'Elysée en 2007 a, elle, affirmé vouloir "reconstruire l'escalier social pour tous ceux qui font des efforts". "Voilà le sens de mon engagement car, la République française, c'est l'égalité des possibles", a-t-elle dit, en rappelant que, boursière, elle avait fait ses études "sans relations et sans piston".
Dernier des six, François Hollande a jugé que "la seule question qui vaille" était : "réussir le changement en 2012". Pour le député de Corrèze, trois conditions: "la crédibilité", "la justice notamment fiscale sans laquelle il n'y a pas d'efforts consentis, une grande espérance sans laquelle une nation ne peut pas se redresser".
Chaque candidat s'est ensuite soumis au "grand oral", interrogé par trois journalistes de France 2 et du Monde, autour d'une table rectangulaire de verre transparente. Un thème imposé, la crise et un choisi par le candidat.
Dans la troisième partie -le débat proprement dit-, ils ont affiché leurs divergences sans véritablement s'affronter, chacun pouvant marquer avec plus de vigueur sa différence. Avant un mot de conclusion pour chacun.
Escarmouche d'Aubry contre Hollande(Lire ici)
"Je le dis à François, on ne peut pas dire qu'on va arriver à zéro déficit en 2017 dans l'incertitude qui est celle aujourd'hui de l'Europe et du monde", a dit la maire de Lille. "Je ne veux pas m'engager sur cela. Je m'engage pour 2013".
Réponse de l'élu de Corrèze : "Il faut donner une direction. Je ne serai pas le président qui accroîtra la dette".
Désaccord entre les candidats PS sur le cas Strauss-Kahn
"Beaucoup heurté à titre personnel" par cette affaire, Arnaud Montebourg a demandé que l'ancien directeur général du Fonds monétaire international présente ses excuses au PS. "Son retour en politique n'est pas souhaitable ni d'ailleurs possible pour des raisons d'abord politiques", a considéré le député de Saône-et-Loire.
Un avis que ne partage pas Manuel Valls, un proche de l'ancien ministre de l'Economie. "C'est un ami, c'est à lui de s'expliquer", a-t-il dit.
Des prétendants qui ont fait assaut d'amabilités
Invités à définir le profil du "candidat idéal", les 6 candidats ont fait assaut mutuellement d'amabilités sur ce point, à l'instar de Manuel Valls pour qui "le meilleur candidat c'est celui qui sortira des primaires".
"Il y a beaucoup de bons profils autour de la table", a lancé Martine Aubry, approuvée sur ce point par François Hollande. "Nous serons tous derrière le vainqueur quel qu'il soit", a renchéri Arnaud Montebourg. "L'oiseau rare, c'est l'un ou l'une d'entre nous", a dit Jean-Michel Baylet.
Chacun s'est plu à souligner ses accords avec ses concurrents, appelés systématiquement par leur prénom - "Je suis d'accord avec Arnaud", a ainsi lancé Ségolène Royal - tout en insistant sur sa spécificité.
Un public de 140 anonymes les écoutait sur fond de décor bleuté et très épuré.

Publicité
RTL.fr et Resilier.com s'associent pour vous aider à résilier vos abonnements et faire respecter votre droit de dire "STOP" !



Publicité
Publicité