Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 08/02/2012 à 18h52

Nicolas Hulot multiplie les critiques sur l'appareil d'EELV et ses militants, dans le magazine Bretons qui paraît vendredi / AFP
Après une longue retraite médiatique, Nicolas Hulot débaroule dans le débat politique. Dans une une interview piquante au quotidien "Le Monde" (la première depuis sa défaite à la primaire écologiste), l'ex-animateur vedette de l'émission "Ushuaia" sur TF1 et promoteur du "pacte écologique" de 2007, réserve ses piques à Eva Joly. Il exclut de participer à des meetings de la championne EELV dans la course présidentielle. Il l'avait pourtant promis. "Je n'ai nulle intention de nuire aux écologistes ni à leur candidate", affirme-t-il. "J'ai pris une autre voie, ce qui n'empêchera peut-être pas de se retrouver sur le chemin des idées", ajoute-t-il. Il explique aussi qu'il a "eu tort de se laisser intimider".
"Audible, mais non partisan"
Dans cette interview accordée au quotidien "Le Monde" (daté 9 février 2012), Nicolas Hulot, revient sur sa candidature et sur les "erreurs" qu'il admet avoir commises au cours de la primaire écologiste.
Resté plutôt silencieux depuis la primaire Europe Ecologie-Les Verts (EELV), où il s'était lourdement fait battre par l'ex-magistrate, l'écologiste, qui a repris en novembre la présidence de sa fondation, estime que sa "parole sera d'autant plus forte" et "audible qu'elle sera non partisane". "Etre président de ma fondation m'interdit tout soutien politique", explique-t-il, alors que les candidats à la primaire EELV s'étaient engagés à soutenir le vainqueur.
Comme on lui demande s'il va participer à des meetings d'Eva Joly, Nicolas Hulot, qui se dit "sans amertume", répond : "J'ai pris une autre voie, ce qui n'empêchera peut-être pas de se retrouver sur le chemin des idées. Je n'ai nulle intention de nuire aux écologistes, ni à leur candidate."
"Au passage, je trouve qu'il n'est pas sain que l'écologie politique soit à ce point marginalisée", poursuit l'ex-animateur de l'émission "Ushuaïa", qui juge son retour en politique "peu probable".
"Convergence évolutive" avec Mélenchon
En reprenant la présidence de la Fondation Nicolas Hulot, il entend "faire la démonstration intransigeante que l'enjeu écologique conditionne tous les enjeux de solidarité". Et d'ajouter : "On sait ce qu'il faut faire : agir, au niveau européen, pour réformer les excès du capitalisme, mettre fin aux spéculations sur les matières premières".
"Pour que l'Etat retrouve des marges de manœuvre et ait d'autres alternatives que l'austérité, ma fondation propose entre autre que la Banque centrale européenne lui prête à taux nul ou très faible pour financer un grand plan d'investissement écologique et social", précise-t-il.
Comme on lui fait remarquer que ce discours n'est pas très éloigné de celui de Jean-Luc Mélenchon, il parle de "convergence évolutive" avec le candidat du Front de Gauche. "Avec des parcours différents, on arrive aux mêmes constats, et parfois aux mêmes aspirations. D'ailleurs, avec Eva Joly, il y aussi une convergence", dit-il.
"Mais faut-il forcément être très à gauche pour avoir cette pertinence de point de vue ?" demande celui qui regrette d'avoir "baissé la tête" au moment de la polémique autour d'un éventuel rapprochement avec Jean-Louis Borloo, le président du Parti radical.
(Avec dépêches)
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