"En Europe comme en France, François Hollande s'est attribué l'idée de la croissance" selon Alain Duhamel
Créé le 11/02/2012 à 20h15

François Bayrou / AFP
Le candidat centriste François Bayrou a dénoncé samedi la dérive droitière du chef de l’État, Nicolas Sarkozy, et appelé tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs "humanistes" de la France à réagir "au-delà des clivages politiques" pour défendre "l'essentiel". Le candidat du Modem faisait référence à l'entretien du chef de l’État au Figaro Magazine paru samedi, dans lequel il soumet l'idée d'un référendum sur l'obligation pour les chômeurs d'accepter un emploi. "L'idée, pour gagner des voix, d'un référendum organisé sur le droit des chômeurs, c'est la négation de ce qu'un chef d’État doit à un pays comme la France. Ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage, ce sont les gouvernants", a-t-il lancé, expliquant qu'un référendum "c'est l'assurance de faire flamber les passions".
Une chasse "dans le grenier à voix" du FN
A partir de maintenant, "c'est valeurs contre valeurs", a lancé Bayrou en se positionnant comme le défenseur d'une société "humaniste".
"La République n'abandonne pas les plus faibles: c'est pourquoi elle a construit des sécurités, assurance-maladie, assurance vieillesse, assurance accident du travail, assurance chômage", a-t-il énuméré, dans un discours consacré à la défense du "contrat social" français.
"Or, ce que Nicolas Sarkozy présente comme des "valeurs" sont à mes yeux la négation de celles de la France". "Aucun des présidents de la République précédents n'aurait accepté une telle perspective", a-t-il dit, en dénonçant la chasse dans le "grenier à voix" de l'électorat du FN.
"J'affirme qu'aucun des hommes ou des femmes du centre, même s'ils sont passés à l'UMP, ne peut accepter cela", a-t-il martelé, invitant ainsi tous les déçus du virage à droite de Nicolas Sarkozy à le rejoindre.
S'adressant à Nicolas Sarkozy, François Bayrou a lancé: "Nous sommes la société, nous sommes la civilisation", celle "qui refuse de faire de l'étranger et du chômeur les coupables de nos maux (...), de faire du faible le responsable des mauvais choix des forts".
Borloo : "Des positions qui m'obligent à réagir"
Plus tôt, Jean-Louis Borloo s'était désolidarisé des propos de Nicolas Sarkozy. "Nicolas prend des positions qui vont m'obliger à réagir. Moi, je ne suis pas d'accord", a tonné vendredi le président du Parti radical. L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy avait notamment en ligne de mire la question du mariage des couples homosexuels auquel le chef de l'Etat s'est dit opposé.
"Que la droite française se ridiculise autant qu'elle s'était ridiculisée sur le Pacs! Je suis contre la discrimination. L'égalité des hommes est consubstantielle de la laïcité", a-t-il lancé
L'ancien ministre de l’Écologie, qui avait défendu l'idée d'un virage social du gouvernement sans être entendu, s'est également montré hostile à un référendum sur les obligations des chômeurs proposé par Nicolas Sarkozy.
"Si Mitterrand avait organisé un référendum sur la peine de mort, jamais elle n'aurait été supprimée", a-t-il argumenté, avant de laisser entendre qu'il n'est pas souhaitable d'interroger les Français sur des questions économiques et sociales comme l'envisage le président.
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