Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 10/06/2011 à 09h40

Nicolas Hulot et Eva Joly / AFP
Nicolas Hulot et Eva Joly ont affirmé jeudi qu'Europe Ecologie-Les Verts pouvait dépasser les 10% à la présidentielle de 2012, lors du deuxième débat de la primaire EELV où l'ex-animateur d'Ushuaïa s'est montré plus combatif. "Nous avons une occasion historique: soit continuer à participer à la petite histoire ou écrire la grande histoire de l'écologie politique!", a lancé Nicolas Hulot dans la salle parisienne de La Bellevilloise. Pour Eva Joly, "un score à deux chiffres ne se décrète pas, ça se construit pas à pas, collectivement" comme aux européennes de 2009. "J'appelle les écologistes, les socialistes, ceux du centre, les déçus du sarkozysme à nous rejoindre pour mener le combat de l'écologie" et "je vous promets un score à 3 chiffres, 10+x !", a lancé l'eurodéputée EELV, reprenant la formule de Daniel Cohn-Bendit aux Européennes.
Premier à prendre la parole dans la salle parisienne de La Bellevilloise , le candidat et élu alsacien Henri Stoll a lancé une nouvelle pique à Nicolas Hulot après ses propos sur Jean-Louis Borloo : "Ce n'est pas au centre droit qu'il faut aller chercher les électeurs mais dans notre base". Puis l'anti-nucléaire Stéphane Lhomme s'est attiré sifflets et huées de la salle en parlant du "problème Hulot" qui "nous arrive de la planète TF1" avec ses "mécènes" comme EDF.
"Pas d'attaques personnelles, j'attends que les règles (de non agression entre candidats) soient appliquées!", a lancé un militant pendant que d'autres scandaient "le programme, le programme !" Nicolas Hulot s'est demandé s'il fallait "rire ou pleurer" de l'intervention de Stéphane Lhomme. "Je subis sans broncher parce que l'enjeu mérite de passer au dessus" de "ce petit poison en procès écologique", a-t-il dit, se demandant : "que sait monsieur Lhomme de ce que moi et ma Fondation avons fait comme succès parfois silencieux depuis vingt ans, rien !"
Hulot plus offensif
Nicolas Hulot s'est montré beaucoup plus offensif que lors du premier débat à Toulouse lundi. Invité à définir ce qui le distingue des autres candidats d'EELV pour 2012, il a répondu : "Ce qui nous différencie c'est surtout la méthode avec laquelle on va faire la campagne. Moi je suis d'abord écologiste et humaniste et je me reconnais dans les valeurs de gauche" mais "l'écologie n'est pas réductible simplement à la gauche". "Je pense que nous sommes en capacité de faire un score plus qu'honorable (à la présidentielle), je pense qu'un score à deux chiffres est tout à fait à notre portée, dès lors, encore une fois, qu'on est dans un état d'esprit d'ouverture", a-t-il dit.
"Ouverture, ça ne veut pas dire devenir une auberge espagnole", a précisé l'ex-animateur. "C'est être capable de discuter sereinement, mais avec beaucoup d'exigence, avec toutes les sensibilités d'où qu'elles viennent", a-t-il dit soulignant l'avoir "prouvé par le passé" avec son Pacte écologique qui a rassemblé "plusieurs centaines de milliers de Françaises et de Français qui n'étaient pas spontanément intéressés à l'écologie".
Réponse d'Eva Joly : "Pour moi l'écologie de combat c'est réveiller la gauche et battre la droite pour affirmer le projet de nouvelle société". Et de souligner que "l'écologie ne peut pas être qu'un supplément d'âme".
(Avec dépêches)
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