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Pierre Laurent : "L'insulte ne fait pas partie de mon vocabulaire politique"

Pierre Laurent L'invité de RTL le 15 juin 2012

Pierre Laurent L'invité de RTL le 15 juin 2012

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VIDEO - Le secrétaire national du Parti communiste français répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie vendredi matin.

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Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français : "L'insulte ne fait pas partie de mon vocabulaire politique"

Crédit : Jean-Michel Aphatie

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français : "L'insulte ne fait pas partie de mon vocabulaire politique"

Crédit : RTL

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Pierre Laurent.

Pierre Laurent : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Pour le second tour des élections législatives, l'UMP pratique la stratégie du ni, ni, ni extrême droite, ni extrême gauche.  L'extrème gauche c'est vous, le Front de gauche qu'animait Jean-Luc Mélenchon, que répondez-vous à l'UMP ?

On a entendu cette semaine des propos indignes des dirigeants de la droite, de Jean-François Copé et des autres qui visent en vérité à banaliser les passerelles jetées tout au long de la campagne présidentielle et législative à l'égard des idées du Front National.  Donc pour justifier cette dérive là, la droite est prête à dire un peu n'importe quoi sur ce qu'est le Front de gauche qui n'est pas la force extrémiste qu'il présente mais tout simplement une force de gauche qui a des idées effectivement de combattre est radicale contre celle de la droite.

Est-ce que vous ne payez pas les outrances de Jean-Luc Mélenchon notamment dans la campagne législative à Hénin-Beaumont ?

En l'occurence ça n'a strictement rien à voir, je crois, je répète, les propos tenus par la droite toute cette semaine ont été particulièrement indignes à ce propos, on a même entendu parler d'accusations d'anti-sémitisme.  Personnellement, ça me remue parce que j'ai été nourri à l'anti-racisme et j'ai une grand-mère qui a été décorée de la médaille des justes pour avoir sauver des enfants juifs, donc la droite ferait mieux de balayer devant sa porte.

Alors je reprend ma question : Jean-Luc Mélenchon s'est-il trompé en allant à Hénin-Beaumont et en menant la campagne qu'il a mené là-bas ?


Pas du tout, la question de faire reculer les idées du Front National continue de se poser.  La question de combattre ces idées-là étaient justes, nous l'avons fait là-bas, nous n'avons pas rempli totalement l'objectif puisque nous avons progrésser mais nous voulions être en tête de la gauche, c'est un candidat socialiste qui représente la gauche au 2ème tour, le combat continue.

Marine Le Pen fait 42% à Hénin-Beaumont... on ne peut pas dire qu'elle a reculé...

Oui, mais elle ne fait pas 42% parce que Jean-Luc Mélenchon était là-bas.  Elle faisait déjà des scores très élevés...

C'est ce que disent les socialistes... Il l'a mise en valeur, il a braqué les caméras et les projecteurs sur Hénin-Beaumont ?


Absolument pas... il suffit d'ailleurs de regarder la possibilité qui existe bien ailleurs dans le pays de l'élection de tel ou tel député du Front National.  Nous nous ne cessons de dire une chose que certains ne veulent pas regarder en face à gauche, c'est que le problème est sérieux et que la bataille contre le Front National doit se mener dans la durée et avec constance.  Donc ça n'a rien à voir avec le fait que Jean-Luc Mélenchon ait été à Hénin-Beaumont ou pas, ça n'est pas un phénomène médiatique.  La progression du Front National, c'est un problème politique...

Est-ce que c'est en insultant les dirigeants du Front National et parfois les électeurs du Front National qu'on peut résoudre le problème du Front National ?

Mais nous n'avons jamais pratiqué l'insulte, nous avons des arguments qui sont extrèmement sérieux et l'insulte ne fait pas partie de mon vocabulaire politique.

Semi démente ce n'est pas une insulte ?

Mais écoutez, il peut y avoir des outrances dans un meeting de campagne mais les arguments que nous avançons sont des arguments politiques sérieux.

Vous êtes sûr ?

Absolument certain et je pense que si nous avons réuni 4 millions de voix à l'élection présidentielle c'est parce que effectivement nous avançons des arguments qui entendus dans le pays.

On se projette déjà dans l'après élection législatives, la crise économique est violente, il faudra faire des efforts à dit le président de la République, a répété le premier ministre.  Quand vous entendez fort vous pensez quoi ?

Mais moi je crois que ceux qui, y-compris à gauche, nous l'avons dit dans la campagne et nous continuons à le dire, pensent que la solution c'est la poursuite des politiques d'austérité se trompent.  Parce que les politiques d'austérité ne nous sortent pas de la crise, on s'y enfonce, donc si on veut l'assainissement des finances publiques parce que c'est un objectif qui est sérieux, et bien il faut s'occuper de la manière de relancer l'activité économique, industrielle du pays sur des bases plus saines.  Donc en faisant par exemple reculer la croissance financière, par exemple on a des actionnaires dans la sidérurgie Mittal qui se gavent sur l'activité actuelle de la sidérurgie pour ensuite la liquider, alors que de toute façon nous aurons besoin d'acier demain et bien il faut réinvestire dans la sidérurgie et dans des procédés qui existent de sidérurgie propre et écologiques.

Mais on réinvestit comment quand on a les déficits que l'on a ? Qui réinvestit ?

Et bien on crée une banque publique d'investissement, on crée un secteur publique bancaire et financier et on adosse à des projets industriels nouveaux des financements publiques très importants.  Il ne faut pas compter sur les actionnaires pour faire ce travail-là donc...

Et sur la puissance publique avec les déficits que nous avons ?

Oui, c'est sur la puissance publique qu'il faut compter, effectivement, parce qu'on n'est pas obligé de donner la priorité justement au remboursement d'actionnaires ou du secteur bancaire qui continue de nous entrainer dans la tourmente.

Alors justement, le gouvernement dit qu'il reprend à son compte les engagements de l'ancien gouvernement, réduire les déficits budgétaire, 4,5%, 3% du PIB l'année prochaine.  Quand le gouvernement dit ça, il a raison ou il a tort, Pierre Laurent ?

Il a tort et pas plus en France que dans le reste des pays européens, les objectifs qui sont affirmés aujourd'hui et qui sont imposés par les traités européens ne sont tenables.  C'est-à-dire si on continue dans cette voie-là, et bien à l'arrivée, non seulement nous n'aurons pas de sortie de crise mais nous n'aurons pas la réduction des déficits annoncés.  Et ce qui se passe en Espagne, en Italie, en Grèce le montre parfaitement et ce sera la même chose en France.

Donc, si le gouvernement a tort de vouloir réduire les déficits comme il le dit, vous êtes très clair ce matin Pierre Laurent, il est inenvisageable que les communistes puissent participer au gouvernement ?

Nous allons continuer et nous le ferons Lundi dans un conseil national et nous prendrons notre décision Mercredi dans une conférence national du Parti communiste.  Nous allons à réaffirmer que pour que nous entrions au gouvernement et bien, il faut que soit pris en compte des inflexions que nous proposons aux engagements présidentiels.  Si aucune des mesures que nous proposons, aucune des mesures importantes, structurelles que nous proposons n'est pris en compte, évidemment les conditions risquent de ne pas être réunis.

Mais rien que déjà la poursuite de la réduction des déficits exclue l'idée que vous puissiez participer à une équipe gouvernementale qui dira : les 3% de déficit en 2013 c'est notre but...

Si la seule manière de réduire les déficits c'est de continuer à réduire l'emploi publique et c'est ne pas aller chercher l'argent du côté des revenus du capital, c'est continuer à ne pas augmenter les salaires, voire de fait à les réduire un peu en terme de pouvoir d'achat, effectivement c'est un cap que nous ne pouvons pas accepter.  Mais surtout parce qu'il empêche la gauche de réussir, notre soucis est de faire réussir la politique de gauche.

L'hypothèse que les socialistes soient majoritaires seuls est très forte aujourd'hui, on est à 48h du scrutin après tout, la gauche n'a pas besoin de vous, clairement.

Mais la gauche a besoin de nous dans la mesure où, je rappelle qu'il n'y aurait pas François Hollande à l'Elysée sans les voix du Front de gauche et aucun députés de gauche la semaine prochaine ne sera élu avec les seules voix socialistes.  Donc, dans la gauche réelle, la gauche politique réelle du pays est diverse.  Le système électorale permet à un seul parti d'avoir la majorité absolue, ce qui est déformation de la réalité politique du pays, donc les idées de la gauche et le poids du Front de gauche, les idées du Front de gauche pardon, seront nécessaires si on veut réussir à gauche.

Vous souhaitez la victoire de Ségolène Royal Pierre Laurent ?

Franchement, c'est un débat dont je ne me mêle pas, c'est un combat entre deux socialistes, Olivier Falorni et Ségolène Royal et c'est aux électeurs de trancher cette question...

Donc, qu'ils se débrouillent...

J'ai d'autres problèmes à régler que d'arbitrer les problèmes internes du parti socialiste.

Le tweet de Valérie Trierweiler, un commentaire ?

Ecoutez, d'abord je trouve complètement dément la place prise par cette affaire dans la semaine et deux, je pense que dans la vie politique, dans les institutions de la République, il n'y a pas de rôle particulier, c'est pour ça que c'est fou que ça ait pris cette dimension, le rôle particulier à la femme, à l'épouse du Président de la République...

Donc, il ne faut plus qu'elle intervienne sur la scène publique ?

Non, il ne faut pas qu'elle intervienne dans la scène publique et quand elle intervient dans la scène publique on n'est pas obligé d'en parler pendant une semaine parce que au bout du compte, ça n'a pas une importance fondamentale.

Donc, il ne faut pas en parler du tout...

Ce n'est vraiment pas essentiel...

La carte des candidats du deuxième tour des Législatives (cliquez sur l'image)
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5commentaires
Signaler un abus top makarska75 le 15/06/2012 à 13h23 Vous avez perdu la mémoire ! qu'est-ce que vous avez mis au Président Sarkozy pendant les présidentielles ? Mélenchon a perdu à ce niveau, il aime s'entendre parler ou plutôt délirer !
Signaler un abus top bzh29sud le 15/06/2012 à 12h30 En présentant le FN comme un parti maudit, qu'il recherche dans les archives de son parti,( voir l'histoire du PC entre 1933 et 1941)
Signaler un abus top jenelecroispas le 15/06/2012 à 10h25 Non, monsieur Aphatie "semi-démente " n'est pas une insulte, sauf si on le sort du contexte que les journalistes bienveillants comme vous l'êtes ont voulu ignorer.
Il vous suffisait de chercher l'explication... mais je ne me fais aucune illusion là-dessus.
Merci à Pierre Laurent toujours aussi clair.
Signaler un abus top damdam52600 le 15/06/2012 à 10h00 Quand j'entends Pierre Laurent je ne regrette pas mon vote pour le fn.merci mr Laurent
Signaler un abus top leglobule le 15/06/2012 à 08h44 Monsieur Laurent, vous avez tout a fait raison.
Laissez plutôt cela a celui que vous avez envoyé en première ligne pour les présidentielles: il se débrouille plutôt bien. Du moins, dans ce domaine!
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