Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 12/11/2011 à 13h15

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, le 25 juin 2011 à Paris / AFP
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a demandé vendredi "au nom de la France" à François Hollande, candidat PS à la présidentielle, "d'arrêter les négociations avec les Verts sur le nucléaire". S'exprimant en marge de l'inauguration du Musée de la Grande guerre construit dans sa ville, M. Copé a dit à la presse être "très inquiet" des discussions entre le PS et les Verts dans la perspective de 2012, estimant que les deux partis étaient "en train de négocier sur le dos des Français" sur le nucléaire.
Tensions sur fond d'emploi
Jean-François Copé a renvoyé aux chiffres évoqués en terme d'emplois par le PDG d'EDF, Henri Proglio, pour justifier son appel solennel au candidat socialiste.
Mercredi, M. Proglio avait déclenché une vive polémique avec les écologistes d'Europe Ecologie-Les Verts en affirmant qu'un abandon du nucléaire mettrait en péril "un million d'emplois" en France dont "400.000 directs et indirects", et coûterait "entre 0,5 et 1 point de PIB" (produit intérieur brut).
"Avec les déclarations de M. Proglio, il (M. Hollande) a le meilleur prétexte pour interrompre, dans l'intérêt de la France, ses discussions stériles avec ces Verts qui n'ont rien d'écologique (...) qui sont proches de l'extrême gauche", a ajouté M. Copé.
La candidate de EELV à la présidentielle, Eva Joly, ainsi que la secrétaire nationale du parti, Cécile Duflot, avaient immédiatement contesté les chiffres avancés par le pdg d'EDF, en dénonçant "des manipulations" et des "scandaleux mensonges".
Les écologistes et le Parti socialiste ont engagé depuis des mois des négociations pour un éventuel accord pour 2012 en cas de victoire de la gauche.
Riposte véhémente de la gauche
Michel Sapin, proche de François Hollande et négociateur de l'accord programmatique pour 2012 avec EELV, a qualifié de "grossièreté" la demande de Jean-François Copé. "Si à chaque fois que M. Copé dit une grossièreté, il faut lui répondre, on va perdre beaucoup de temps", a-t-il sèchement répondu.
"Faire en sorte que que la France ne soit plus comme aujourd'hui prisonnière d'une seule énergie - l'énergie nucléaire - pour produire de l'électricité, c'est négocier les intérêts fondamentaux de la France et c'est ce à quoi répond la proposition de François Hollande de passer de 75 à 50% de production d'électricité d'origine nucléaire d'ici 2025", a-t-il poursuivi.
"Discuter de la mise en œuvre de nouvelles filières technologiques industrielles et porteuses d'emplois comme les énergies renouvelables, c'est discuter des intérêts fondamentaux de la France", selon lui.
Réaction plus véhémente de la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot.
"Au nom de quelle France parle M. Copé ? Au nom de quels intérêts
attaque-t-il ainsi les écologistes ?", s'est-elle emporté. "Le
secrétaire général de l'UMP traduit ainsi la panique qui saisit
aujourd'hui les apôtres de la pensée unique qui ont dicté la politique
énergétique de la France depuis quarante ans. Monsieur Copé évoque
l'alibi national pour préserver les intérêts de quelques-uns", a-t-elle
ajouté.
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