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POLITIQUE

Nicolas Sarkozy muscle son discours sécuritaire

Créé le 30/07/2010 à 19h14

Nicolas Sarkozy, avec Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux, en déplacement à Grenoble pour un discours sur la sécurité, le 30 juillet

Nicolas Sarkozy, avec Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux, en déplacement à Grenoble pour un discours sur la sécurité, le 30 juillet / AFP

Nicolas Sarkozy a tenu, vendredi à Grenoble, un discours très ferme sur l'insécurité, réaffirmant sa volonté de lui faire la "guerre", avant d'égréner une série de mesures spectaculaires comme la déchéance de la nationalité pour certains criminels d'origine étrangère. "La nationalité doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police, d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique", a déclaré le chef de l'Etat dans cette ville qui fut le théâtre à la mi-juillet de graves violences, des délinquants ayant tiré sur la police après la mort d'un braqueur. Le chef de l'Etat a souhaité aussi "que l'acquisition de la nationalité française par un mineur délinquant au moment de sa majorité ne soit plus automatique". Autre mesure proposée, le président Nicolas Sarkozy envisage d'étendre dès la rentrée parlementaire de septembre les peines planchers "aux auteurs de violences aggravées", applicables actuellement aux seuls récidivistes.
  
"Dès le 7 septembre prochain, les peines plancher qui fonctionnent bien mais qui ne s'appliquent qu'aux multirécidivistes (...) seront désormais étendus à toutes les formes de violence aggravées c'est-à-dire notamment les violences sur des personnes dépositaires d'une autorité publique", a déclaré le chef de l'Etat.
  
24.000 peines plancher ont déjà été prononcées, s'est-il félicité. "L'instauration d'une peine de prison incompressible de 30 ans pour les assassins de policiers ou de gendarmes sera discutée au Parlement dès la rentrée", a-t-il aussi dit.

Par ailleurs, environ 300 personnes, selon les organisateurs, s'étaient rassemblées dans le centre de Grenoble pour protester contre "la politique spectacle et sécuritaire" de Nicolas Sarkozy, venu installer le nouveau préfet de l'Isère nommé à la suite des récentes violence urbaines.
  
Munis de banderoles où l'on pouvait notamment lire "Grenoble = Chicago, Al Capone = Sarkozy", les manifestants, entourés de nombreuses forces de police et  de gendarmerie, se sont réunis à l'appel d'une vingtaine d'organisations dont Europe Ecologie-les Verts 38, le PCF, les syndicats CGT et Sud Rail, la Ligue des droits de l'Homme, etc.
  
"Son déplacement n'a aucun sens. Nicolas Sarkozy fait de la politique spectacle. Il aurait été préférable que le coût de son déplacement soit transformé en emplois!", s'est insurgé Jacques Pitiot, ancien proviseur de lycée habitant depuis 38 ans à la Villeneuve.
  
"On ne veut pas d'une police robocop, mais d'une police présente tous les jours qui ne laisse pas le caïdat s'installer", a poursuivi M. Pitiot.
  
"La venue de Sarkozy est un coup de poing médiatique contre-productif qui est vécu comme une provocation. Il faut une politique publique durable avec une  police de proximité. Il est important de recréer du lien social", a déclaré Vincent Comparat, élu municipal membre de l'Ades, Association démocratie écologie solidarité.

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