Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 07/02/2012 à 08h00

Nicolas Sarkozy et son ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. / AFP
C'est un soutien de poids pour Claude Guéant. Nicolas Sarkozy estime, dans l'entretien croisé avec Angela Merkel qui est diffusée lundi soir sur France 2 et ZDF, que la "polémique" provoquée par des propos de son ministre de l'Intérieur sur les "civilisations" est "ridicule". Claude Guéant avait déclaré dimanche que "toutes les civilisations ne se valent pas". Ces propos répondent à une logique de "bon sens", pour le président de la République.
"Ne pas perdre de temps à polémiquer"
"Nous sommes dans une de ces polémiques ridicules dont le seul milieu politique sait en donner l'illustration", déplore le chef de l'Etat, dans l'entretien enregistré lundi après-midi avec Angela Merkel.
"Le ministre de l'Intérieur a dit qu'une civilisation, un régime, une société qui n'accordaient pas la même place et les mêmes droits à des hommes et à des femmes, ça n'avait pas la même valeur", poursuit M. Sarkozy, ajoutant: "C'est du bon sens".
"Et si on veut bien ne pas polémiquer, ça éviterait de perdre beaucoup de temps", souligne le chef de l'Etat.
Les critiques se poursuivent
Les propos de Claude Guéant ont continué à faire réagir lundi, à commencer par le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui demande au ministre de l'Intérieur de dire qu'il ne visait pas "la civilisation musulmane", selon une lettre de son président envoyée dans la journée.
"Nombre de nos concitoyens de confession musulmane se sont sentis visés par ces déclarations et nous l'ont fait savoir", argumente Mohammed Moussaoui dans ce courrier au ministre chargé des Cultes.
Même son de cloche du côté de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). Dans un communiqué publié lundi, elle estime que "l'ambiguïté, volontaire ou non, de certaines déclarations encourage un racisme décomplexé".
Affirmant ne pas vouloir prendre part à la polémique droite/gauche suscité par les propos du ministre de l'Intérieur, "la Licra rappelle cependant une nouvelle fois que les mots ont un sens et que l'ambiguïté, volontaire ou non, de certaines déclarations encourage un racisme décomplexé".
Le ministre de l'Intérieur "n'ignorait pas l'interprétation qui pouvait être donnée à ses propos et l'usage qui en serait fait par les tenants des théories racialistes et racistes", écrit la Licra.
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