Les Dossiers de RTL.fr - Présidentielle 2012
A écouter
POLITIQUE UNION EUROPÉENNE

Sarkozy n'est plus favorable au droit de vote des étrangers

Créé le 24/11/2011 à 09h23

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy / AFP

Pendant que socialistes et écolos s'écharpent, Nicolas Sarkozy peaufine son futur programme de campagne. Le président, toujours pas candidat officiellement, s'est exprimé longuement mercredi devant près de 3.000 maires réunis à l'Elysée. Il a notamment été question du droit de vote des étrangers, qui semble être une "proposition hasardeuse" selon le chef de l’État. Il évoquait une proposition de loi socialiste visant à autoriser les étrangers hors-Union européenne résidant en France à voter aux élections municipales. Nicolas Sarkozy y était pourtant favorable il y a encore trois ans. Sarkozy contre le vote des extra-communautaires en France

Nicolas Sarkozy s'est prononcé mercredi contre le droit de vote et d'éligibilité des ressortissants de pays non membres de l'Union européenne résidant en France aux élections municipales, proposé par la nouvelle majorité sénatoriale socialiste.

Le Sénat, qui a basculé à gauche lors des sénatoriales de septembre, examinera le 8 décembre une proposition de loi constitutionnelle du PS en ce sens, déjà votée par l'Assemblée nationale le 3 mai 2000 sous le gouvernement du Premier ministre socialiste Lionel Jospin.

"Une telle proposition me semble hasardeuse (...) parce que cette proposition risque de diviser profondément les Français au moment où, plus que jamais, nous avons besoin de les rassembler", a déclaré le président de la République devant quelque 2.000 maires reçus au Palais de l'Elysée à l'occasion de leur congrès annuel à Paris.

"Chacun peut avoir ses convictions (...) mais dans la crise que nous avons à affronter il y a une nécessité, qui est celle de rassembler", a-t-il insisté.

La Droite populaire, aile sécuritaire du parti du chef de l'Etat, l'UMP, a lancé le mois dernier une pétition contre cette proposition de loi dans laquelle elle voit une "imposture idéologique" et une "manœuvre électoraliste".

Sans aller jusque-là, Nicolas Sarkozy a rappelé que les citoyens de l'UE résidant en France pouvaient participer aux élections municipales et européennes et s'est dit "très attaché" à ce que la Constitution française n'aille pas au-delà.

"Je crois depuis longtemps que le droit de voter et le droit d'être élu, dans nos territoires, doit demeurer un droit attaché à la nationalité française, étendu pour les élections municipales et européennes aux citoyens européens qui partagent avec nous une communauté de destin", a poursuivi le chef de l’État.

La seule façon pour un ressortissant d'un pays non membre de l'UE de participer aux choix politiques de la France est de prendre la nationalité française, à condition d'en remplir les conditions, a-t-il ajouté.

Arno Klarsfeld, le président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a justifié ce refus par le fait que l'intégration était loin d'être une réussite et qu'existait le risque de voir apparaître des listes fondamentalistes aux scrutins locaux.

Marine Le Pen a jugé que Nicolas Sarkozy se montrait "plus laxiste encore que la gauche" car "pour régler le droit de vote des étrangers", il propose de "donner la nationalité française à tout le monde", a-t-elle affirmé mercredi dans un communiqué. Par ailleurs, la candidate du FNe juge "hasardeuses" les convictions du chef de l'Etat:  "opposé à une telle extension du droit de vote dans les années 1990, il l'avait publiquement soutenue en 2001 puis en 2005, avant de nouveau de la rejeter. C'est toujours au gré des stratégies électorales et des sondages que Sarkozy se détermine".
2012 et vous OK

Publicité

Publicité

Publicité