LA GUERRE DES CHEFS A L'UMP
Sortir du "combat de personnes" annoncé entre Copé et Fillon
"Je lance dès la semaine prochaine ma campagne en partant à la recherche des 8.000 parrainages" d'adhérents requis pour concourir à l'élection à la présidence de l'UMP, en novembre, a en effet expliqué l'ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle. Elle a réservé aux militants UMP de Corse la primeur de sa démarche.
NKM, 39 ans, qui a parcouru un certain nombre de fédérations UMP à travers la France depuis début juillet, voit dans sa candidature "une démarche apaisante", à l'instar de celle qu'avait voulu incarner Alain Juppé, pour éviter "un combat des chefs avant l'heure". "Elle n'est pas du tout dirigée contre l'un ou contre l'autre", a-t-elle insisté, mais "la présidentielle de 2017, ce n'est pas d'actualité aujourd'hui", alors que François Fillon, candidat déjà déclaré, et Jean-François Copé, futur candidat, ont tous deux clairement l'Elysée comme objectif.
Non, elle y voit au contraire "une démarche apaisante", à l'instar de
celle, avortée, d'Alain Juppé, pour éviter "un combat des chefs avant
l'heure". Un objectif affiché aussi par un autre quadra ambitieux, Bruno
Le Maire, parti jeudi à la pêche aux fameux parrainages (près de 8.000
adhérents issus d'au moins 10 fédérations).
Un obstacle redoutable pour les "petits" candidats. "Elle ne les aura
jamais, ses signatures. Ce sera encore plus dur pour elle que pour Le
Maire. NKM n'a pas de vrais soutiens. Le seul qui peut espérer se faire
une place à côté de Fillon et Copé, c'est Xavier Bertrand", juge un
responsable UMP.
"Dans ma tournée des fédérations, j'ai senti un grand désarroi des militants face à ce qui se présente comme un combat de personnes, quelles que soient les préférences personnelles des militants", a ajouté la candidate, réélue de justesse députée de l'Essonne en juin dernier.
Le seul horizon 2014, un argument repris désormais en chœur par tous les prétendants. Y compris le camp de M. Fillon, où l'on a rectifié le tir par rapport à début juillet quand Valérie Pécresse disait opter pour l'ex-Premier ministre parce qu'il était "le meilleur" pour 2017.
NKM et son "vrai créneau" à l'UMP
L'entrée en lice de NKM n'a été commentée ni par le camp Fillon, ni par l'équipe Copé. Mais Jean-François Copé, qui ménage tous les ténors et a même repris langue avec son ancien ennemi juré Xavier Bertrand, répète à l'envi que "toutes les candidatures sont légitimes" et qu'il s'agit "d'une élection, pas d'une nomination".
M. Bertrand, qui réfléchit à sa propre candidature et, en ancien secrétaire général de l'UMP, connaît le parti comme sa poche, juge qu'il ne faut pas sous-estimer Mme Kosciusko-Morizet, qui "occupe un vrai créneau" à l'UMP.
NKM avait toutefois soulevé un tollé fin juin en prenant nettement ses distances avec la campagne de Nicolas Sarkozy et en s'attaquant à son conseiller Patrick Buisson, jugé maurrassien. "Une erreur ! Les militants restent très sarkozystes", estime un cadre.
Tout en réaffirmant, via son nouveau mouvement "La France droite", sa "ligne directrice" -"pas de concession avec le PS et pas de compromission avec le FN"- distincte du ni-ni de l'UMP, elle prend d'ailleurs désormais soin de marteler qu'elle s'inscrit "clairement" dans "la filiation du sarkozysme".
Xavier Bertrand se tâte
Xavier Bertrand, lui, n'exclut pas de se lancer dans la course lui aussi. Il s'est entretenu jeudi, tour à tour, avec François Fillon et Jean-François Copé.
Xavier Bertrand a rencontré l'ancien Premier ministre à la buvette des parlementaires, à l'Assemblée nationale, puis s'est rendu dans le bureau de l'actuel patron de l'UMP, toujours au Palais-Bourbon. "Les deux voulaient me voir et connaître mes intentions", a expliqué le député de l'Aisne.
Devant quelques journalistes vendredi, Jean-François Copé s'est félicité de cette entrevue avec celui qui a longtemps été son ennemi juré. "Je l'ai trouvée pour ma part sympa et positive. Nous avons eu une vraie discussion politique. Ce n'était pas arrivé depuis...", a-t-il confié sans terminer sa phrase. Xavier Bertrand "m'a dit qu'il s'interrogeait" sur son éventuelle candidature et qu'il était désormais "à son compte". "J'ai senti chez lui une très grande lucidité sur la nature des uns et des autres", a ajouté le secrétaire général de l'UMP.Il n'y a donc rien d'irrémédiable dans ses mauvaises relations avec Xavier Bertrand ? "Non ! Moi je peux travailler avec tout le monde".
Alors qu'il semblait résolument décidé ces derniers mois à aider François Fillon à s'emparer de l'UMP, Xavier Bertrand confie maintenant en privé qu'il s'est "défillonisé" tant il a été meurtri par le manque de soutien de l'ancien Premier ministre quand il a tenté en juin de ravir la présidence du groupe UMP à l'Assemblée.
Selon des proches, le député-maire de Saint-Quentin aimerait désormais tenter sa chance au congrès de l'UMP de novembre pour incarner le "P" de "populaire", qu'il "ne voit pas et n'entend pas" actuellement, et renvoyer à 2016 la question du leadership pour la présidentielle. Estimant que François Fillon a "une longueur d'avance" sur son rival, il pronostique une victoire de l'ancien Premier ministre et ne voit aucune raison de se précipiter pour le rallier, selon ces proches.
(avec AFP)
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10/04/2013 - 09h48
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