Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 09/04/2008 à 18h36 - Mis à jour le 10/04/2008 à 09h33

Nathalie Kosciusko-Morizet / DR
Le projet de loi sur les OGM a été adopté de justesse, mercredi en première lecture à l'Assemblée, mais au prix d'une crise sérieuse dans la majorité. C'est un entretien de Nathalie Kosciusko-Morizet dans le journal "Le Monde" qui a mis le feu aux poudres. La secrétaire d'Etat à l'Ecologie n'y va pas de main morte : "Il y a un concours de lâcheté, d'inélégance entre Jean-François Copé qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés et Jean-Louis Borloo qui se contente d'assurer le minimum". François Fillon a immédiatement exigé des excuses publiques. "NKM" s'est exécutée en affirmant que ses propos avaient été déformés.
Le projet de loi sur les OGM, déjà approuvé le 8 février par les sénateurs, a été
adopté par 249 voix contre 228, soit une courte majorité (21 voix
d'écart), lors d'un scrutin solennel demandé par les groupes PS et GDR
(PCF-Verts). Une centaine de députés se sont abstenus ou n'ont pas pris
part vote, une proportion très importante pour un scrutin solennel. Qualifié "d'imparfait" par le gouvernement, il vise à clarifier les
conditions de mise en culture de plantes transgéniques et de leur
coexistence avec les productions conventionnelles, dans le respect
d'une directive européenne de 2001 que la France aura longtemps tardé à
transcrire en droit national.
Le vote du texte a été précédé mercredi par une grave crise
gouvernementale, suscitée par des critiques formulées dans un entretien
au "Monde" par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie
Kosciusko-Morizet, visant notamment son ministre de tutelle Jean-Louis
Borloo et le président du groupe UMP Jean-François Copé.
François Fillon a exigé, lors d'une réunion du groupe UMP à
l'Assemblée, que Nathalie Kosciusko-Morizet fasse des "excuses
publiques" pour ses propos dans "Le Monde". Peu après, "NKM" se pliait à cette injonction. "Je souhaite présenter des excuses à Jean-Louis Borloo et Jean-François Copé. Les propos qu'on me prête aujourd'hui dans le journal 'Le Monde' ont été déformés. Je comprends d'ailleurs très bien qu'ils aient pu les heurter. Par ailleurs, je suis à la disposition du groupe parlementaire UMP pour m'expliquer et lui témoigner ma solidarité", dit la secrétaire d'Etat à l'Ecologie dans un communiqué, ajoutant : "Je redis toute mon estime et mon affection à Jean-Louis Borloo avec lequel je suis heureuse de travailler". Elle a exclu de démissionner.
Mardi, Nathalie Kosciusko-Morizet a été prise pour cible par plusieurs élus de droite. Ils dénonçaient le manque de lisibilité de la position du gouvernement sur ce dossier sensible. Dans les colonnes du quotidien du soir, elle appelle "chacun à prendre ses responsabilités". Et d'ajouter : "Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum".
En guise de punition, la secrétaire d'Etat n'accompagnera pas François Fillon en visite cette semaine au Japon, sa présence n'étant "pas souhaitable" après la polémique.
Voir aussi : Le "délit de fauchage" de cultures OGM entériné
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