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POLITIQUE

Nadine Morano : "Les journalistes de Marianne salissent un symbole de la République"

Créé le 11/08/2010 à 12h50

Nadine Morano, le 18 avril 2008 sur RTL

Nadine Morano, le 18 avril 2008 sur RTL / capture rtl.fr

Nadine Morano était l'invitée de RTL ce mercredi matin. La secrétaire d'Etat à la famille, qui répondait aux questions de Philippe Corbé, a estimé mercredi sur RTL que le magazine Marianne devait changer de nom ou présenter "des excuses publiques", après sa Une présentant Nicolas Sarkozy comme "le voyou de la République". "Lorsqu'on est journaliste et qu'on écrit dans un magazine qui s'appelle Marianne, qui est un de nos symboles de la République (...) et qu'on utilise des propos tels qu'il a été utilisé à la Une de Marianne, c'est simple : soit on change de nom, soit on présente des excuses publiques, parce que ce n'est pas acceptable", a-t-elle déclaré.
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Peut-on qualifier Nicolas Sarkozy de "voyou de la République" ?

Bonjour, Nadine Morano

Bonjour, Philippe Corbé.

Hier matin, à ce micro sur RTL, le socialiste Pierre Moscovici comparaît Nicolas Sarkozy à un Le Pen light ; Michel Rocard renvoie à Vichy, aux nazis ; votre collègue Alain Marnex parle des socialistes en disant qu'ils sont des Munichois c'est-à-dire des lâches. Franchement, Nadine Morano est-ce que ce débat sur la sécurité n'est pas en train de tourner au ridicule ?

Non. Je pense que c'est d'abord une des premières préoccupations de nos concitoyens, c'est une des premières libertés mais c'est aussi un droit indéniable dans notre république. Les phrases - que vous exprimez - des socialistes démontrent qu'ils sont en général des experts en verbiage et que leur analyse démontre aussi qu'ils sont toujours dans la naïveté et dans l'incompétence, dans l'incompétence profonde en matière d'insécurité.

Avec d'autres élus UMP vous avez dénoncé la Une de Mariane : " Sarkozy, le voyou de la République". Au bout du compte, finalement, vous aurez fait une super publicité à Marianne qui va vendre beaucoup beaucoup de numéros.

Ecoutez, je pense que quand on est à ce point dans l'excès, lorsque l'on est journaliste et lorsqu'on écrit dans un magazine qui s'appelle Marianne qui est un de nos symboles de la République. Marianne c'est un de nos symboles de la République tout comme le drapeau tricolore, tout comme la Marseillaise. Et lorsqu'on utilise des propos tel qu'il a été utilisé à la une de Marianne, c'est simple : soit on change de nom son magazine, soit on présente des excuses publiques parce que ce n'est pas acceptable. C'est anti-républicain et on ne peut pas véhiculer des valeurs anti-républicaines en utilisant le nom de Marianne.

Nadine Morano, vous...

Parce que les journalistes de Marianne sont en train de salir un des symboles de la République. C'est honteux, c'est inacceptable. Enfin, moi ça me choque et voilà, je vous le dis.

Nadine Morano, vous ...

Dire que le Président de la République est un voyou, je trouve que c'est salir le nom de Marianne.

Nadine Morano, vous parlez de verbiage, de propos excessifs, est-ce que ce n'est pas aussi ce que faisait l'UMP il y a quelques semaines en attaquant la presse sur l'affaire Woerth. Xavier Bertrand disait "méthode fasciste". Vous, vous disiez "collusion médiatico-politico-trotzkyste"...

Ecoutez, j'ai dit la même chose puisque quand je vois les méthodes qui sont utilisées par Mediapart. Vous savez, quand vous êtes journaliste, normalement un journaliste expérimenté lorsque soit disant il détient un scoop en faisant l'interview de cette femme qui était l'ex-comptable...

Claire Thibou

Voilà. Madame Thibou, en faisant son interview, vous avez quand même la prudence d'enregistrer ses propos. Bizarre, les propos n'ont pas été enregistrés, on les reprend, soit-disant, par écrit avec beaucoup beaucoup d'erreurs, de mensonges, et pour moi ce n'est pas de l'information, c'est de la désinformation. C'est salir un ministre de la République. Et là aussi quand on n'a pas de preuve et lorsqu'on utilise de l'amalgame, ce ne sont pas des procédés qui relèvent d'une bonne déontologie du journalisme pour ma part.

Nadine Morano, question très concrète sur la sécurité, un fait divers d'actualité : dans l'Hérault, jeudi dernier, un septuagénaire déjà cambriolé plusieurs fois, surprend deux jeunes femmes en train d'entrer par effraction dans sa maison. Il panique, il tire, il est mis en examen pour tentative d'homicide involontaire et a été incarcéré. des élus UMP mais aussi le Front national réclament sa libération. Est-ce que cet homme de 73 ans doit rester en prison en attendant son procès ?

Ecoutez, d'abord il y a une justice dans notre pays. Je peux comprendre qu'on puisse être pris de panique lorsque des individus s'introduisent dans votre maison. En même temps, l'auto-défense est quelque chose qui n'est pas accepté dans notre pays. On verra ce que va dire la justice sur ce dossier. Il ne m'appartient pas de me prononcer.

Est-ce qu'il doit rester en détention préventive ?

Mais Monsieur Corbé, nous sommes dans un pays de droit, c'est la justice qui devra dire le droit et qui devra rendre, au regard de l'enquête qui a été faite et diligentée, quelle sera la situation de ce monsieur. Il ne m'appartient pas, comme ça, sans avoir vu les éléments du dossier de vous donner un quelconque jugement.

Nadine Morano, vous êtes Secrétaire d'Etat à la Famille. Imaginons que soit votée la proposition du député Eric Sciotti jusqu'à deux ans de prison pour les parents qui ne surveillent pas les enfants condamnés par la justice. qui peut croire vraiment qu'une mère célibataire avec plusieurs enfants serait emprisonnée parce qu'elle n'arrive plus à gérer un de ses mineurs déliquants. Franchement, ce ne sera jamais appliqué.

Monsieur Corbé, je voudrais parce que j'ai écouté votre présentation de l'émission, j'ai trouvé que c'était vraiment la caricature. Voilà on va enfermer les parents...

C'était pour que vous répondiez.

Eh bien écoutez, vous savez que nous menons avec notre gouvernement, une politique totalement équilibrée à la fois parce qu'il est normal d'accompagner les parents. Et je rappelle que nous consacrons 30 millions d'euros à l'accompagnement des familles en 2009. J'ai signé une convention d'objectifs et de gestion entre l'Etat et Cnaf avec une augmentation de 15,5% par an d'ici à 2012. C'est donc 53 millions d'euros que nous consacrerons par an à la parentalité. Donc, nous menons une politique très équilibrée entre accompagnement à travers la médiation familiale, à travers les réseaux d'écoute, d'appui et d'accompagnement des parents, à travers les points Info famille, à travers l'accompagnement scolaire...

Donc, prévention et répression.

Mais écoutez, est-ce qu'on peut être dans une société uniquement.. Alors on sait très bien que la politique familiale est généreuse dans notre pays... est-ce qu'on peut être uniquement avec une politique de prestations familiales et jamais d'obligation ? Eh bien nous sommes dans un pays où nous devons aussi dire que les parents ont des obligations d'éducation, de surveillance, d'entretien de leurs enfants. Et on sait très bien qu'à la fois l'absentéisme scolaire c'est dramatique pour l'enfant, que l'assiduité à l'école est une obligation et que c'est une des premières conditions à la réussite de l'insertion de nos enfants. Donc, nous y mettons également les moyens de dire "stop, ça suffit". Quand les parents même accompagnés font preuve de défaillance, eh bien à un moment il faut les mettre face à leurs responsabilités et c'est la politique que nous menons. J'ajoute que le Président de la République, le 5 mai dernier, a dit, a prononcé un discours très important avec des mesures essentielles aussi pour l'accompagnement des enfants notamment pour les décrocheurs avec une présence policière dans les 53 établissements sensibles, avec également la constitution d'un fichier des décrocheurs, ceux qui sont dans la nature et que l'on n'identifie plus de 16 à 18 ans, à 20 ans, eh bien c'est ceux-là qu'il faut accompagner.

Nadine Morano...

Les internats d'excellence, les établissements de réinsertion..

Nadine Morano, on a beaucoup parlé des internats d'excellence sur RTL. Je voudrais juste une question : 14 députés UMP signent un texte pour s'opposer fermement à Roselyne Bachelot qui a annoncé une concertation sur ce qu'on appelle "les salles de shoot", c'est-à-dire des centres d'injections supervisées sous surveillance médicale pour les toxicomanes. Est-ce que vous êtes choquée par cette proposition de concertation de la ministre ?

Non, parce que pour avoir moi-même reçu les associations, je n'étais pas favorable au départ à ce dispositif. J'ai regardé dans le détail comment ils proposaient de les faire fonctionner. Je trouve que ça mérite d'ouvrir un débat parce que c'est vrai que la lutte contre la drogue et contre la toxicomanie, on doit utiliser tous les outils qui nous permettront de réussir. Celui-là peut en être un. Il faut ouvrir le débat parce que lorsqu'on permet à des personnes qui sont toxicomanes de pouvoir consommer leur drogue sous contrôle, avec accompagnement, eh bien si on arrive à sortir ces personnes-là de la drogue, je crois qu'on aura gagné un combat. Alors il faut que Roselyne Bachelot ouvre ce débat et après nous verrons de quelle manière nous pouvons agir en la matière.

Nadine Morano était l'invitée de RTL, ce matin. Bonne journée.

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