Sondage ouvert le 30/01/2012
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Martine Aubry le 14 juin 2012 sur RTL
Crédit : RTLCrédit : Jean-Michel Aphatie
Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Martine Aubry.
Martine Aubry : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.
Jean François Copé, le Secrétaire Général de l'UMP, était à votre place hier ; il a expliqué que pendant la campagne électorale, le gouvernement a appliqué le plan A : retraite à 60 ans et augmentation de l'allocation de rentrée scolaire, les cadeaux, a-t-il dit. Et qu'après la campagne, ce serait le plan B : un plan fiscal caché qui serait appliqué. Il a tort ?
Ecoutez, d'abord je pense qu'il parle du propre projet de l'UMP si tant est qu'il en ait un, parce que l'UMP ne nous parle plus de son projet, de même que Nicolas Sarkozy avait eu du mal à nous parler de son projet aux Présidentielles. Nous, nous savons ; c'est d'ailleurs déjà voté, qu'il y aurait une augmentation de la TVA : de 2% qui serait réalisée au 1er octobre si la Droite avait la majorité.
Ca, vous allez annuler ...
Oui, nous allons l'annuler ; mais cela au moins, nous le connaissons.
Hum, hum.
Il se trouve que François Hollande a fait une campagne dans la clarté, dans la transparence et qu'il a dit exactement ce que nous allions faire et comment nous allions le financer. Je vous donne deux exemples puisqu'ils ont été pris par Monsieur Copé.
L'allocation de rentrée scolaire a été financée immédiatement par la baisse du Quotient Familial de 2.300 à 2.000 euros.
La retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt et qui ont toutes leurs annuités, ça coûte 0,05% d'augmentation des cotisations par an. Cela a été annoncé. C'est 3 milliards et pas 5, d'ailleurs, comme on le croyait au début.
De la même manière chacun connaît, le changement c'est maintenant, le projet de François Hollande.
Il a dit très clairement parce que vous savez pour respecter les engagements européens, Nicolas Sarkozy s'est engagé aussi vis-à-vis de la commission européenne. Nous nous sommes engagés à redescendre aussi aux 3% en 2013. Il faut trouver 29 milliards d'euros. Comment Monsieur Sarkozy les aurait-il trouvés ? Il ne nous l'a pas dit. Mais nous, nous savons qu'il aurait pris comme toujours sur les classes populaires et les classes moyennes. Lui, ...
Il n'y a pas d'impôts cachés ?
Lui, François Hollande, a dit où il allait les prendre.
Oui. Il n'y a pas d'impôt caché ? Il n'y aura pas d'impôt supplémentaire par rapport à ce qu'ont été annoncés pendant la campagne ?
Il n'y a pas d'impôts cachés ; il y a ce qui a été dit. Ca a été écrit : c'est dans les 60. engagements. Vous avez tous entendu parler de la tranche à 45% des revenus, et de 75% ...
Il n'y aura pas une tranche intermédiaire entre les deux : 45 ? 75 ? il n'y aura pas ?
Ce n'est pas prévu. Ce n'est pas prévu.
Vous ne le souhaitez pas ?
Ce n'est pas prévu.
Je dis ce qui a été engagé. Il a dit qu'il remonterait les taux de l'Impôt Sur la Fortune ...
Sur la Fortune.
Il a dit qu'il changerait les taux d'imposition des entreprises parce que 8% d'impôts sur les sociétés pour les grandes, quand c'est 30 pour les petites, ça ne va pas et qu'on ferait l'inverse.
D'accord.
Tout cela rapporte et cela est complètement calculé : 29 milliards d'euros. La Droite, elle,
Et ce programme, Martine Aubry, n'est-il pas rattrapé par l'actualité ? L'activité économique décline. On nous dit -c'est Bercy qui le dit ..
Oui, oui, oui.
C'est Jérôme Cahuzac qui le dit. C'est Pierre Moscovici qui le dit. Là, on ne tiendra pas les 4,5% en 2012 et les 3% en 2013.
Oui. Attendez, vous avez vu ...
Qu'est-ce qu'il faudra faire ?
Eh bien regardez ce que nous avions fait. Regardez c'est toujours dans le même document. Vous savez, j'y ai beaucoup travaillé moi aussi, avec beaucoup d'Economistes ...
Tout a été anticipé ?
Nous avons pris des taux de croissance bien inférieurs à ce qui était attendu ; et nous avons dit s'il y a du plus, alors nous pourrons faire plus, par exemple sur les crèches. Voilà.
Pour 2013, vous avez pris le taux de croissance prévu par le gouvernement.
0,5%
2013 : 1,7.
0,5 % pour 2012 et 1,7 pour 2013.
Et 2013 : 1,7. Et on n'y arrivera pas.
Eh bien, on verra, si on arrive.
On n'y arrivera pas. Tout le monde le dit.
Eh bien, si on n'y arrivera pas, on repoussera ...
Y compris les ministres actuels.
Si on n'y arrive pas, on repoussera un certain nombre de mesures de dépenses, c'est tout. On l'a dit ... c'est écrit.
Et on maintiendra les 3% de déficit ? parce que ça, c'est incontournable.
Ca, on maintiendra ; c'est absolument incontournable. Et encore une fois, la Droite s'y était engagée aussi mais elle, elle n'avait pas dit qu'elle toucherait une fois de plus les classes populaires et moyennes, voilà. Donc je crois qu'il faut dire les choses simplement. Nous avons, d'un côté, des gens qui n'ont même plus le courage de défendre leur projet ; qui ne nous parlent même plus de l'augmentation de 2% de la TVA et de l'autre, un Président qui a affiché ce qu'il allait faire et qui le fait. On le voit d'ailleurs avec les premiers pas de Jean Marc Ayrault et de son gouvernement.
Donc, pas de plan fiscal caché. Ca, c'était la réponse à Jean François Copé.
L'autre affaire de la campagne électorale, comme ça ce ne sont pas les journalistes qui font l'actualité, c'est le tweet de Valérie Trierweiler. Vous l'avez beaucoup minimisé, ces derniers jours, Martine Aubry. Vous avez même parlé, mercredi, de "l'écume des choses". Ce matin, dans Libération, Ségolène Royal parle de la violence du coup qu'a représenté pour elle cette intervention de Valérie Trierweiler ...
Oui.
... Dans la campagne des Législatives. Et hier soir, en meeting à La Rochelle, Ségolène Royal a rajouté ceci : "Je demande des choses simples : le respect à l'égard d'une mère de famille dont les enfants entendent aussi ce qui est dit ..."
Alors, vous aviez trop minimisé cette affaire. Elle est plus blessante que vous ne l'aviez dit ?
Nous ne l'avons pas trop minimisée. D'abord, je voudrais vous dire qu'il y a une chose très importante depuis le début de la semaine. Il y a 577 circonscriptions. Dans 575 d'entre elles, la Gauche s'est unie autour du candidat arrivé en tête : 575. Ca n'était jamais arrivé. En quelques heures, partout, partout, cela a été fait. Il y a deux exceptions dont une très importante évidemment puisque c'est un ancien candidat socialiste qui reste là alors qu'il est arrivé numéro 2 derrière Ségolène Royal. Nous n'avons rien sous-estimé.
J'étais auprès de Ségolène Royal quand ce tweet est arrivé. Et je voudrais dire les choses simplement : c'est très douloureux pour Ségolène Royal. Mais Cécile Duflot, moi-même, comme elle, nous avons immédiatement réagi en femme politique.
L'important c'est quoi ? C'est que les Rochelais et les Rochelaises voient quelqu'un qui se bat, qui continuera comme elle l'a fait sur la tempête Xynthia, le rappelait le maire de La Rochelle, comme elle l'a fait pour aider 500 personnes dans ce département à créer une entreprise, à se battre parce qu'en politique, on sait ce que c'est être une femme, mais on sait ce que c'est aussi ce que nous devons faire, et notre responsabilité. Donc, c'était douloureux mais immédiatement, la campagne a repris. On a parlé emploi, on a parlé travail et on a serré les coudes ensemble parce que la solidarité ça vaut le coup aussi et l'amitié.
Valérie Trierweiler a-t-elle commis une faute en faisant ce tweet ?
Je pense qu'il faut qu'elle soit plus discrète. Jean Marc Ayrault l'a dit ; il a raison.
Etait-ce une faute ?
Je n'ai pas envie de rentrer là-dedans. Vous savez, aujourd'hui les Français ...
Avez-vous demandé ... oui, ils ont d'autres problèmes, on en est d'accord ...
Ils ont d'autres problèmes ; et moi, depuis hier, vous savez, depuis lundi ...
Il ne faut pas introduire tout ça dans une campagne.
Non, non, mais attendez bien évidemment. Mais raison de plus pour parler d'autre chose. Moi j'étais sur des marchés dans le Val d'Oise ...
(rire)
Ah non, mais hier après-midi ..
.
Oui. Personne ne vous en a parlé.
aussi en campagne. Personne ne m'en a parlé. En revanche, non mais tout le monde m'a parlé ...
On entend souvent ce genre de ...
Oui, mais on l'entend, mais c'est la réalité ...
Mais tout le monde en parle autour de la machine à café. Donc, il ne vous en parle peut-être pas mais tout le monde en parle autour de la machine à café.
Oui, d'accord ; mais si on leur demande : pour qui allez-vous choisir ? Et pourquoi, dimanche prochain ? Ce qui est quand même l'essentiel de donner une majorité au Président de la république. Une marche a été forte pour qu'il continue à réaliser les engagements qu'il a pris, eh bien ce n'est pas le tweet qui va jouer. C'est : qu'est-ce qu'il va faire pour l'emploi ? Qu'est-ce qu'il va faire pour le Pouvoir d'Achat ? Comment redresser l'Europe pour aller vers la Croissance comme il l'a fait, hier, en recevant le SPD, le Parti Socialiste allemand. Voilà l'essentiel. Alors, revenons à l'essentiel ; c'est l'essentiel pour les Français. Et comme pour nous, les Français sont l'essentiel, je vais vers eux, vers ce qui les intéresse.
Avez-vous demandé, Martine Aubry, à François Hollande de veiller à ce que sa compagne n'intervienne plus dans le débat public ?
Non. Non, non, très franchement, je n'ai pas besoin, je pense, de le lui demander.
Après cet épisode, Ségolène Royal peut-elle encore envisager d'être candidate à la présidence de l'Assemblée Nationale ?
Vous savez comment je suis, moi : étape après étape.
Donc, ça n'est pas évident pour vous ?
Je ferai tout pour que Ségolène soit élue, dimanche, parce que Ségolène est la meilleure représentante de cette circonscription ...
Mais la présidence de l'Assemblée Nationale, ça n'est plus évident pour Ségolène Royal ?
Nous le verrons ...Mais personne n'a jamais dit que c'est évident. Il y a un vote des députés ...Non, elle a dit qu'elle était candidate. Il y en a d'autres qui ont dit qu'ils étaient candidat.
Et vous n'avez pas fait de choix ?
Le choix sera fait après dimanche parce que nous prenons étape après étape.
Moi ce qui m'intéresse, dimanche soir, c'est qu'il y ait la majorité la plus forte possible ; je suis sur le terrain toute la journée pour cela.
Vous avez beaucoup critiqué Martine Aubry, vous et les Socialistes en général : Nicolas Sarkozy pour le mélange de la vie privée, de la vie publique.S'agit-il d'autre chose, aujourd'hui, que d'un mélange de vie privée - de vie publique ?
Je ne crois pas qu'on puisse dire que François Hollande a utilisé sa vie privée. Il y a eu une incidence de la vie privée ...
Mais nous sommes de fait devant un mélange de la vie privée, de la vie publique.
Non, une incidence de la vie privée dans la vie politique. Mais on ne peut pas dire, contrairement à Nicolas Sarkozy, que ce soit le Président de la république qui l'ait utilisée.
Martine Aubry, Première Secrétaire du Parti Socialiste, était l'invitée de RTL ce matin. Bonne journée.
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