
Marisol Touraine, ministre de la Santé
Crédit : AFPCrédit : Tony Cousin
Crédit : AFP TV
Paris en première ligne ?
Les salles de consommation supervisées - appelés familièrement "salles
de shoot"- ou encore d'injection car elles concernent essentiellement
les héroïnomanes, sont des centres d'accueil où l'on peut consommer ses
propres produits dans de bonnes conditions d'hygiène et sous supervision
de personnels de santé. Il en existe dans plusieurs pays, dont la
Suisse et l'Allemagne. "Je suis en train de regarder les conditions dans lesquelles cela peut se faire" a encore commenté la ministre soulignant que ce sujet ne devait pas être "partisan", a ajouté la ministre.
Médecins du Monde (MDM) et l'association Gaïa-Paris ont présenté la semaine passée un projet de salle de consommation de drogue à Paris et indiqué espérer un feu vert rapide du gouvernement.
En août, le député socialiste et adjoint au maire de Paris Jean-Marie Le Guen (par ailleurs médecin) avait appelé le gouvernement à autoriser la création de ces lieux. "Je préfère que les gens lourdement précaires et toxicomanes consomment
de la drogue dans des salles dédiées plutôt qu'ils se piquent dans une
cage d'escalier ou dans la rue, comme c'est le cas actuellement", expliquait-il à l'époque. "Ils seraient ainsi entourés par des professionnels de santé, afin que l'on
puisse garder un contact avec eux et les accompagner vers un sevrage".
L'UMP craint une "banalisation"
Une initiative qui a suscité une levée de boucliers au sein de l'UMP. "Ouvrir des salles de consommation de drogues, ce n'est pas lutter contre le fléau de la drogue, c'est banaliser l'usage et c'est légaliser la consommation des drogues les plus dures et cela aux frais des contribuables !", avait indiqué dans un communiqué diffusé fin août Camille Bedin, secrétaire nationale de l'UMP.
En 2010, un débat sur ces salles de consommation de drogues sous surveillance médicale avait déjà secoué la droite, alors au pouvoir. La ministre de la Santé de l'époque, Roselyne Bachelot, avait souhaité une "concertation" sur le sujet. Une position qui n'était pas partagée par le Premier ministre François Fillon. "La priorité de Matignon est de réduire la consommation de drogue, non de l'accompagner, voire de l'organiser", avait alors expliqué son entourage.
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10/04/2013 - 09h48
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