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Marine Le Pen : "L'UMP se réjouit que je peine à obtenir mes parrainages"

Créé le 22/02/2012 à 11h00

VIDEO - La candidate du Front National à la Présidentielle a répondu mercredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Marine Le Pen a déclaré avoir été obligée d'annuler des meetings et un déplacement faute de financement, les banques attendant qu'elle ait ses parrainages - "j'en ai 430, quelque chose comme ça" - pour lui prêter de l'argent. "Tout cela pose un vrai problème démocratique", a ajouté celle qui a été déboutée la veille par le Conseil constitutionnel auquel elle demandait de censurer la publicité des parrainages présidentiels, à l'origine selon elle du manque d'empressement des maires à son égard. Elle a affirmé avoir entendu le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé "expliquer sur une chaîne cryptée qu'il fallait que toutes les sensibilités soient représentées à l'élection présidentielle. J'ai été rassurée. Sauf qu'il parlait du Sénégal. Il faudrait peut-être qu'il parle de la France". Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Marine Le Pen.

Marine Le Pen : Bonjour.

Le Conseil Constitutionnel a estimé, hier, que la présentation des candidats par les élus de la République à l'élection présidentielle ne pouvait être assimilée à un vote, et n'est donc pas tenue au principe d'égalité et de secret que l'on observe pour les suffrages eux-mêmes. Donc, vous avez été déboutée par le Conseil Constitutionnel.

Oui. Enfin je regrette quand même que le Conseil Constitutionnel ait nié un problème qui est évoqué par tout le monde, et notamment par tous les maires de petites communes, à savoir l’inquiétude qui est la leur face à cette publicité et à l'utilisation qui en est faite soit par des instances politiques, soit par des assemblées auxquelles ils appartiennent.

Moi je suis tout de même étonnée. J'ai entendu dire monsieur Juppé, sur une chaîne cryptée, expliquer qu'il fallait que toutes les sensibilités soient représentées à l'élection présidentielle, j'étais rassurée ; sauf qu'il parlait du Sénégal. Bon. Donc, il faudrait peut-être aussi qu'il parle de la France. Ca pourrait être bien !

Mais vous le serez représentée, puisque vous aurez vos parrainages ?

Mais je l'espère, monsieur ; mais si vous lancez un appel...

... Vous en avez combien, ce matin ?

Peut-être si vous lancez un appel aux maires comme l'a fait monsieur Bourdin ! Ca pourrait peut-être aidé effectivement au fonctionnement démocratique. Je veux dire, on en arrive là.

Vous en avez combien, ce matin ?

J'en ai, je ne sais plus, 430, quelque chose comme ça. Honnêtement...

... Mais c'est la règle du jeu, aussi ! Voilà, la loi, la loi ! C'est la règle du jeu.
 
Non, ce n'est pas la règle du jeu, Monsieur, parce que la règle du jeu n'est pas la même pour tous les candidats.En l'occurence, le PS et l'UMP claquent des doigts et ont leur parrainage. Et nous, nous avons les pires difficultés.

Et d'ailleurs, très entre nous, pour que tous les Français soient au courant de ce qui se dit. Qu'est-ce qui se dit dans les milieux UMP ?

Allez-y !

Eh bien, il se dit : "Ecoutez, pendant qu'elle s'occupe de ça, elle ne s'occupe pas du reste". Voilà.

Vous menez votre campagne ?

"Et puis comme ça, ça la fatigue".

Ca ne vous empêche pas de mener votre campagne, Marine Le Pen !

"Ca les fatigue ; ça l'empêche de parler de politique ; ça la bloque sur le plan du financement de sa campagne". Je vous signale, monsieur Aphatie, que de fait j'ai été obligée d'annuler un certain nombre de meetings, d'annuler un déplacement aux Antilles parce que je n'ai pas les finances parce que les banques attendent que j'ai les parrainages pour prêter à ma campagne. Tout cela pose un vrai problème démocratique.

C'est ainsi que vous expliquez ce qui semble être un trou d'air dans votre campagne. On a l'impression que la dynamique qui pouvait exister au début de votre campagne, a disparu ?

Je n'irai pas jusque là mais ce que je pense, c'est qu'en m'obligeant à parler des parrainages en toutes circonstances, il est évident que mes adversaires savent pertinemment ce qu'ils font ; et que pendant ce temps-là, eh bien effectivement, je ne passe pas le temps que je devrais passer à parler du chômage, du pouvoir d'achat, de la situation économique, des coups d'état que l'on organise contre la démocratie française, notamment en votant le MES, etc, etc...

... Il y a une autre thèse qui circule, c'est que votre campagne aurait connu un trou d'air à partir du moment où vous avez présenté votre programme économique.

Non, c'est totalement faux. Mon programme...

... Et au fond, que votre recherche de crédibilité et votre précision chiffrée s'est retournée contre vous ?

Non, pas du tout, Monsieur. Mon programme économique a été présenté en avril dernier.

Vous l'avez présenté en janvier, vous avez chiffré...

Non, non, non... Non, pas du tout, pas du tout. Oui je vous signale d'ailleurs qu'il n'y a pas  beaucoup d'exigences à l'égard de mes adversaires en matière de chiffrages, hein ! Chacun admet...

Aaaaaah, mais parce que vous n'écoutez pas tout, en fait.

Chacun admet que somme toute, il n'y ait pas de chiffrage...

... Vous n'avez peut-être pas le temps d'écouter toutes les questions que l'on pose !

... Il n'y ait pas de chiffrage qui soit fait de la part de monsieur Hollande. Je crois que j'ai vu trois feuilles passer avec quatre chiffres dessus ; bon. Mais ce n'est pas grave.

Je vous ferai passer des scripts d’interviews.

Moi ce qui est important, c'est que ce sont les Français qui vont décider et qui s'aperçoivent aujourd'hui que tout ce que je leur ai dit s'est réalisé. Je leur ai dit que la Zone euro était une spirale dont nous ne sortirions pas, que l'austérité est le seul horizon qui est offert par monsieur Hollande et par monsieur Sarkozy, c'est exactement ce qui s'est passé. En s'abstenant, le Parti socialiste a dans le vote du MES, eh bien permet un véritable coup d'Etat contre les Français  et effectivement, l'austérité perpétuelle ; c'est un drame pour les Français ; et tout cela je les avais prévenus.

Admettez, monsieur Aphatie tout de même, que je mets sur la table des problématiques qui sont réelles et qui intéressent, je crois, beaucoup les Français, même si les autres responsables politiques ne les écoutent pas.

Le duel Hollande-Sarkozy qui a l'air de se cristalliser, ça suscite quel commentaire chez vous ?

C'est le but, non ? C'est le but. Je crois que le système...

... Le but de qui ? Le but de quoi ? Du système ?

Eh bien, c'est le but du système, bien sûr. Le système veut rester dans cette bi-polarisation pour la simple et bonne raison c'est qu'il s'agit de choisir entre un candidat et son siamois.

C'est le système, pas les Français ?

Non, je ne crois pas... C'est-à-dire que les Français pour pouvoir décider, monsieur Aphatie, il faudrait qu'ils aient l'information nécessaire. Bon. Or, il faut bien le dire, qu'il y a quand même un déficit d'information pour eux. Ils doivent aller chercher l'information. Heureusement qu'il y a Internet aussi ! Il faut bien le dire. Il faut qu'ils aillent chercher l'information, faire un effort pour savoir exactement, précisément ce que proposent les uns et les autres.

On y voit plus clair, Marine Le Pen, dans le dossier de la viande halal : 100% de l'abattage réalisé en région parisienne est halal. Et cet abattage correspond à seulement 2% de la consommation de viande en région parisienne. Donc, il est faux de dire comme vous l'avez peut-être dit un peu hâtivement, Marine Le Pen, que nous mangeons tous halal sans le savoir  !

J'ai dit que nous risquions tous de manger halal sans le savoir.

Ah bon !

Ah je vais vous dire une chose, monsieur...

Je peux vous citer ?

Vous citez ce qu'un journaliste écrit dans son journal ?

Ah oui !

Ah oui d'accord !

Il n'y a pas que des choses fausses dans un journal !

Ce n'est pas tout à fait...

"En Ile-de-France, il n'y a plus un seul abattoir qui ne soit halal"...   

Oui.

"Toute la viande consommée en Ile-de-France est exclusivement halal sans que les consommateurs en aient connaissance". C'est ce que vous avez dit, samedi, à Lille.

Bon. Monsieur, 23% d'après la Chambre d'Agriculture d'Ile-de-France, de la viande vendue en France - en France, dans toute la France - est halal sans que nous le sachions. Ca veut dire que moi, j'ai 100% de risques en quelque sorte de manger de la viande halal sans le vouloir. Ca, c'est une réalité.

Non, pas 100% de risque !

J'ai 100% de risque.

Non, non, vous voulez dire...

... Mais si, parce que moi, monsieur, j'ai une famille nombreuse, voyez-vous (excusez-moi !) ; donc, moi j'ai 100% de risques. Un risque... une chance sur quatre... C'est 100% de risques dans une semaine de manger de la viande HALAL sans le vouloir.

Sur la région parisienne...

... Cette situation, Monsieur, est inadmissible.

... 2% d'abattage de viande par rapport à la consommation.

Monsieur, cette situation est inadmissible. Ca veut dire qu'en région Ile de France, il y aurait moins de risques de manger de la viande halal que dans tout le reste de la France. Je n'y crois pas. Je vous le dis très clairement, je n'y crois pas ; et c'est donc quelque chose qui est scandaleux, auquel le gouvernement n'a pas répondu et qui, évidemment, devrait faire l'objet immédiatement de mesures. Monsieur Aphatie !

Vous allez porter plainte contre la grande distribution ?

Monsieur Aphatie, imaginons l'inverse. Imaginons que, encore une fois, nos concitoyens musulmans apprennent que 23% de la viande certifiée HALAL contient du porc ! Est-ce que vous imaginez le scandale que ça ferait. Et ça scandaliserait tout le monde...
 
... Mais on ne va pas imaginer des situations hypothétiques... Nous parlons là de quelque chose de précis : en Ile-de-France...

Voilà.

... 98% de la viande consommée n'est pas halal.

Eh bien écoutez, monsieur, je vous laisse le soin de votre analyse. Moi je vais saisir la Justice, et puis elle va se prononcer.

Oui, c'était ma question.

Parce que, permettez-moi, mais quatre...

... Vous allez saisir la Justice contre tromperie sur la marchandise ?

100% des abattoirs d'Ile-de-France qui produisent 2% de la viande en Ile-de-France, ça me paraît juste assez étrange ; ou alors, ce sont vraiment des abattoirs qui ont un rendement vraiment pitoyable parce que 2% seulement pour tous les abattoirs d'Ile de France, 2% de la viande, ça paraît tout de même  étrange, permettez-moi, bon !

Ca paraît être une réalité économique qui s'est imposée.

Je tiens à dire également, monsieur, que la manière dont ces animaux sont abattus est indigne, voilà ; et que moi, en tant que citoyenne, je n'ai pas envie de manger de la viande provenant de bêtes qui sont soumises à des souffrances  qui sont inimaginables contrairement d'ailleurs à ce que la loi française indique, implique, exige.

La disparition de la case "Mademoiselle" dans les documents administratifs.

Enfin ...

Une bonne nouvelle ?

(Silence)

Bon. D'accord, eh bien voilà. Marine Le Pen était l'invitée de RTL ce matin. Bonne journée.

Le blog de Jean-Michel Aphatie
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