
Marine Le Pen face à Jean-Michel Aphatie le 2 février 2012
Crédit : RTLCrédit : Jean-Michel Aphatie
Crédit : Vincent Parizot
Crédit : RTL
Bonjour Marine Le Pen
Bonjour
On reparle des parrainages vous concernant.
Oui.
Certains disent : ah, c'est toujours la même chanson avec le Front National.
Est-ce qu'il faut attendre que je ne les ai pas pour que je démontre à ceux qui sont d'une particulière mauvaise foi, parce qu'ils sont bien placés pour savoir les difficultés que nous avons, que nous avons de réelles difficultés. Moi ce que je remarque c'est qu'il y a, tout à l'heure, un jugement qui va tomber du Conseil d'Etat. Nous l'avons saisi en lui présentant une question prioritaire de constitutionnalité. Nous disons que cette procédure est aujourd'hui devenue anti-constitutionnelle puisque les circonstances ont changé depuis que cette procédure a été mise en œuvre.
Le rapporteur public, hier, au Conseil d'Etat a admis notre analyse. Il a dit qu'effectivement oui, il y avait eu un changement de circonstances, qu'il existait des pressions qui étaient effectuées, que la création de communautés de commune, de communautés d'agglomération retiraient aux maires de petites communes une autonomie et que par conséquent, il plaidait, lui, pour que le Conseil d'Etat transmette cette question prioritaire au Conseil Constitutionnel.
Qui dira, lui, le Conseil Constitutionnel dans le délai d'un mois,si c'est anti-constitutionnelle ou pas ?
Oui, c'est très important ; ça veut donc dire que si vous voulez le Conseil d'Etat s'il suit le rapporteur est d'accord avec l'analyse que nous faisons. Et ça fera peut-être taire M. Goasguen qui ne manque pas une occasion de venir exprimer sa mauvaise foi ; de toute façon, M. Goasguen a beaucoup à se reprocher. C'est la raison pour laquelle il est toujours en première ligne contre le Front National.
Donc, la décision du Conseil d'Etat qui transmettra ou pas au Conseil Constitutionnel ; et le Conseil Constitutionnel qui décidera. On suit tout ça.
Mercredi dernier, Marine Le Pen, vous avez déclaré que "60 ans, je vous cite, c'est l'âge correct pour partir en retraite", et vous avez dit "après 40 années de cotisations". En clair, vous voudriez revenir à la situation antérieure à la réforme des retraites opérée en 2010 ; et on se demande si cette analyse est sérieuse ou si c'est juste pour attirer des électeurs en campagne, Marine Le Pen ?
Non, pas du tout. Elle est extrêmement sérieuse ; et je pose précisément le problème de la retraite d'abord pour que les Français s'aperçoivent que tout ce qui leur a été vendu est du vent. Même si je me mets dans le modèle économique qui est celui de mes adversaires, ils n'ont absolument pas réglé le problème de la retraite.
Ce n'est pas en revenant à 60 ans que financièrement...
Si, Monsieur. Si, Monsieur.
On apportera des réponses au problème de la retraite.
Mais si, je vais vous dire pourquoi.
Parce que la réalité c'est que c'est un problème de modèle économique. La réalité c'est qu'on a culpabilisé les Français pendant des années et des années, en leur expliquant que c'était à cause d'eux si on était dans une situation financière difficile, que notre système de protection sociale était intenable, que c'était l'assistanat généralisé ...
Il y a le déficit ! On ne peut pas y échapper.
Oui, Monsieur, mais nous sommes en déficit mais permettez-moi quand même de dire que c'est parce que nous avons décidé, il y a une petite quarantaine d'années, d'interdire à la Banque de France de prêter au Trésor. C'est à partir de ce moment-là que nous avons, en gros, renoncé à un système de protection sociale qui soit durable.
Je m'explique.
Nous avons versé, nous avons donné, enfin ils ont donné un monopole au marché financier. Nous avons versé 1.400 milliards d'intérêts au marché financier depuis 1973 alors que notre Dette est de 1.700 milliards. Lorsque l'on a compris cela, on a compris qu'en réalité, le modèle économique qu'ils ont monté est un modèle économique qui enrichit les grandes institutions financières, qui enrichit les grandes institutions mondialistes et appauvrit les peuples qui sont, aujourd'hui, dans la situation de devoir travailler pour pouvoir rembourser non plus nos prêteurs mais presque maintenant, nos usuriers compte tenu des chiffres que je viens de vous donner.
Pour être complet parce que c'est un débat lointain et technique ceux qui ont fait la réforme à cette époque-là, au début des années 70, l'ont fait pour juguler les effets de l'inflation qui ruinaient les épargnants. Il y a sans doute des inconvénients à toutes les solutions. Mais là, nous sommes bien loin de la retraite.
Du coup, Jean Luc Mélenchon dit ...
Mais non, on n'est pas loin de la retraite !
"Elle me pique toutes mes idées."
Non, mais on n'est pas loin de la retraite parce que tout à fait évidemment, le système que je propose est un système qui permet de sauver notre protection sociale.
Mélenchon dit : "Du coup, ELLE me pique toutes mes idées. Marine Le Pen me copie tout le temps."
Mais non. Ecoutez, j'aimerais bien que Monsieur Mélenchon m'explique alors pourquoi je refuse sa position qui est l'Internationalisme, qui est un Alter-Mondialisme mais qui reste un Mondialisme. Il rejette la Nation. Or, il est incohérent dans son projet. Moi j'ai fait un effort tout particulier. J'ai présenté un chiffrage, très précis, qu'un certain nombre se sont empressés de venir critiquer, beaucoup plus le mien d'ailleurs que celui de Monsieur Hollande ou de Monsieur Bayrou, mais ça c'est habituel.
Et dans ce système, eh bien je sors la France du problème épouvantable de la Dette. Je désendette notre pays et je sauve le système de protection sociale.
Votre campagne, visiblement, est suivie attentivement parce que "Le Parisien - Aujourd'hui en France" rapporte des confidences que le Chef de l'Etat a faites, hier, à votre propos. Alors, il regarde votre campagne et cette proposition de revenir à la retraite à 60 ans, il a noté ; et puis le retour au Franc, il l'a noté aussi ; et il dit de vous -donc, c'est Nicolas Sarkozy que je cite- : "ELLE fait une erreur d'analyse en faisant une campagne d'Extrême Gauche".
Oui, mais c'est lui qui fait une erreur ..
Vous faites une campagne d'Extrême Gauche, Marine Le Pen.
Non, c'est lui qui fait une erreur d'analyse parce qu'il reste dans ce vieux clivage totalement dépassé entre la Gauche et la Droite ; et d'ailleurs, il se contredit puisqu'il a dit une chose intéressante lors de son émission ...
Dimanche soir.
...et qui ressemblait beaucoup à ce que dit Marine Le Pen. Il a dit : "La vraie fracture n'est pas entre la Droite et la Gauche, elle est entre ceux qui croient à l'Europe et ceux qui n'y croient pas"
Or, j'ai toujours dit ça. Sauf que moi je dis, la vraie fracture, elle est entre ceux qui croient à la France et ceux qui n'y croient plus. C'est-à-dire ceux qui pensent que la France doit être diluée, que les nations n'ont plus leur rôle à jouer et qu'il faut maintenant aller vers un gouvernement européen et peut-être vers un gouvernement mondial. Alors, il est contradictoire avec lui-même Nicolas Sarkozy ; mais ça n'est pas la première fois. Moi, on peut tout me reprocher mais je suis d'une cohérence totale.
Mais est-ce que vous ne déroutez pas vos partisans ou plus largement vos électeurs parce qu'on constate, en ce début de mois de février, nous sommes le 2 février, nous sommes au cœur de la campagne, que vos sondages ne montent pas et qu'ils baissent. Dernière étude BVA RTL pour Orange et la presse de province. Vous étiez à 18 ; vous êtes à 15.
Oui.
Ce n'est pas bon signe, ça ?
Oui. L'IFOP ...
Ce ne sont que des sondages !
J'étais à 20, et je suis à 19 et demi. Ah mon Dieu, j'ai perdu un demi point !
Ca ne dit pas quelque chose ?
Non, ça ne dit rien. Ca dit que ..
Quand les sondages étaient bons, vous disiez : ah, eh bien voyez !
Encore une fois, non mais ... j'ai toujours dit la même chose, Monsieur Aphatie. Vous n'arriverez pas à me mettre en contradiction avec moi-même. J'ai dit que les sondages devaient se regarder sur une dynamique, c'est-à-dire ...
Et là ?
... sur un temps assez long.
Et si on fait ça, on constate que vous êtes plutôt en baisse qu'en hausse.
Mais non. Non. Mais une dynamique, Monsieur, ce n'est pas un sondage ...
Oui mais la dynamique ...
Une dynamique, c'est-à-dire plusieurs sondages ...
C'est ça. On parle de la même chose.
Alors, je vais vous dire, Monsieur Aphatie. Nous avons vécu une semaine où nous avons mangé, il faut bien le dire, du Hollande et du Nicolas Sarkozy à tous les repas. Bon.
Légitimement puisque l'un présentait un programme et l'autre faisait une émission importante, donc que ...
Mais bien sûr. Mais il n'y a pas de problème. Tout à fait ; évidemment il y a un problème de visibilité. Ca influe sur les sondages.
On peut vous le concéder.
Alors moi, je vous fais une proposition ...
Allez-y !
Donnez-moi une émission d'une heure et demi sur 9 chaînes de télévision retransmises en DIRECT, et je vais largement récupérer le demi point que j'ai perdu en un jour puisqu'il y a maintenant deux sondages par jour. Bon !
Mais vous êtes quand même très présente dans la campagne ; et vos propositions sont répercutées.
Eh bien, pas tellement.
Les média ne vous boudent pas. Vous avez une visibilité.
Regardez, hier ...
Et les sondages plongent.
Plongent ?
Baissent.
D'accord.
Ah de 18 à 15, ce n'est pas rien !
Ecoutez ... oui mais espérez ... Oui, mais écoutez, Monsieur Aphatie, je sais que vous adorez les sondages ; moi ce qui m'intéresse c'est la Politique. Hier, j'ai fait une conférence de presse où j'ai fait des propositions pour l'Outre Mer. Je n'ai strictement rien vu dans la Presse qui répercute les propositions. Alors, qu'est-ce que ça veut dire ? L'Outre Mer n'a aucun intérêt pour eux ? C'est trop loin ? Ce n'est pas polémique ? Ce sont des sous-citoyens ? C'est quoi le problème ?
Le chiffrage de votre programme a été largement répercuté.
Parce que moi je considère que l'Outre Mer est extrêmement important. Or, manifestement, ça n'intéresse pas les média parisiens.
D'accord. Bon. Enfin, on verra tout ça.
Vous êtes donc à 8h30 avec nous pour répondre aux auditeurs de RTL. Donc, vous voyez, nous, nous vous faisons une place suffisante pour que vous puissiez expliquer vos propositions. Et quand je disais qu'on ne vous comprend pas toujours, Marine Le Pen, je voudrais en donner un dernier exemple avec vous, ce matin. Vous réfutez énergiquement l'appellation d'Extrême Droite pour le Front National que vous présidez ; et vendredi soir, curieusement, vous participez à Vienne, à un bal de corporations étudiantes dont tout le monde sait que c'est un rendez-vous de l'Extrême Droite autrichienne. Alors, on se dit : tiens ! Pourquoi est-ce qu'elle y va ?
Mais c'est quoi l'Extrême Droite, Monsieur Aphatie ?
Eh bien, l'Extrême ...
C'est un parti populiste ? national ? patriote ? C'est quoi l'Extrême Droite parce que si ...
Mais pourquoi vous allez à ce bal à Vienne si vous ne voulez pas qu'on vous cantonne à l'Extrême Droite ?
Non, mais je veux dire ... ils sont ... Non, mais Monsieur, excusez-moi Monsieur. Permettez-moi !
On ne comprend pas.
Ils sont d'Extrême Droite. Ils sont accusés d'être d'Extrême Droite comme moi par la Gauche.
Non. Eux le sont. Je ne connais pas, moi, ces corporations étudiantes ; mais enfin, visiblement, leurs références ...
Alors, Karl Marx est d'Extrême Droite parce que ...
Leurs références historiques, visiblement, les lient plus à l'Extrême Droite qu'à l'Extrême Gauche justement.
Karl Marx est d'Extrême Droite puisque Karl Marx a appartenu à ses fraternités étudiantes.
Non, mais il y a fort longtemps.
Alors, Herzl est d'Extrême Droite puisque le fondateur du sionisme a appartenu à ces fraternités étudiantes.
Vous n'avez pas fait une erreur en allant à ce bal, Marine Le Pen ?
Non, mais ce que je trouve, ce que je trouve délirant, si vous voulez, c'est que la Presse entière suive sans aucun recul les diffamations, les accusations scandaleuses de SOS Racisme. Il est quand même traditionnel et on le sait depuis Lénine, que la Gauche pour discréditer ses adversaires les accuse systématiquement de fascisme ou de nazisme. C'est ainsi que De Gaulle a été traité de fasciste ; Chirac a été traité de fasciste.
Mais pourquoi vous vous mettez dans des polémiques comme ça alors que vous êtes en campagne électorale. C'est ça que je ne comprends pas.
Non, mais Monsieur, c'est ainsi que Nicolas Sarkozy a été victime de la part du Mouvement des Jeunesses Socialistes au début de son mandat d'une affiche le présentant "bras levé" avec inscrit : "Jusqu'où allez-vous le laisser aller ?", etc ... C'est une habitude de la part de la Gauche d'accuser tout le monde pour le discréditer : de nazisme ou de fascisme ; ce qui est un moyen de banaliser tout de même cette ...
Non, non, on n'a pas le temps. On a compris votre raisonnement. C'est la Gauche ...
Oui, mais c'est important.
Il faut juste noter que ce bal a eu lieu le 27 janvier puisque vous y étiez le 27 janvier.
Non, mais permettez-moi, Monsieur Aphatie ...
...qui est le jour de la Libération du camp d'Auschwitz en 1945 et qui est devenu, pour cette raison, la journée de commémoration
Monsieur Aphatie ...
Des victimes de la Shoah ...
Mais Monsieur Aphatie ...Monsieur Aphatie, savez-vous ...
Au moins, ce jour-là, ce bal-là ...
Monsieur Aphatie, savez-vous ... Savez-vous que depuis 60 ans, ce bal a lieu le dernier vendredi du mois de janvier.
Et il est tombé le 27 janvier cette année !
Oui. D'accord, Monsieur Aphatie. Depuis 60 ans, c'est le dernier ... Donc, vous voyez bien ...
C'était une coïncidence ?
... que ça n'est pas en l'occurence ...
Malheureuse, nous en conviendrons ?
VOLONTAIRE.
C'était une coïncidence malheureuse, nous en conviendrons ?
Non, mais écoutez, enfin c'est quand même incroyable ce que vous dites là ! C'est-à-dire qu'il aurait fallu changer la date qui s'est déroulée depuis 60 ans ...
Eh bien, par sensibilité peut-être ! Oui.
Non, mais attendez ...
Allez !
Enfin, c'est ... Ce genre de choses, c'est vraiment honnêtement, vous rentrez dans des polémiques qui sont absolument, regardez-moi !
Oui.
IGNOBLES.
Le blog de Jean-Michel Aphatie

Publicité
Publicité
10/04/2013 - 09h48
10/04/2013 - 09h47
10/04/2013 - 09h36
10/04/2013 - 09h34
Publicité
Publicité
Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr et pour tous les blogs.