
Marine Le Pen sur RTL le vendredi 29 juin 2012
Crédit : RTLCrédit : Jean-Michel Apahtie
Crédit : Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Marine Le Pen.
Marine Le Pen : Bonjour.
Les dirigeants européens réunis à Bruxelles cherchent à résoudre la crise de l'Euro. Comment observez-vous cette situation avec inquiétude parce que la crise nous touche tous ou avec l’œil goguenarde de celle qui pense que ça ne marchera pas ?
Non, je n'ai pas un œil goguenard ; mais ça ne marchera pas.
Il faut essayer quand même !
Oui enfin, il y a un comique de répétition quand même. Le 20ème sommet pour sauver l'Euro en l'espace d'un an et demi ...
Il vaut mieux déposer le bilan !
Je pense qu'il aurait fallu effectivement accepter qu'ils nous ont emmenés dans une impasse et que l'Euro a été une expérience désastreuse. Et par conséquent, commencer à organiser, à préparer dans la concertation, le retour aux monnaies nationales qui de toute façon, s'imposeront à un moment donné ou à un autre, probablement dans le chaos et la brutalité.
Personne ne le souhaite. Ni même les habitants grecs.
D'accord.
Pas les Allemands, pas les Français, pas les Espagnols, pas les Italiens.
Mais personne ne souhaite la maladie non plus, voyez-vous et parfois elle arrive. Or, cette monnaie est malade.
Il faut se soigner.
Cette monnaie est malade et elle n'est pas soignable, voilà. C'est aussi clair que ça parce que le système qu'ils ont monté est un système qui est en train de détruire nos économies. Il cherche à gagner du temps. Il injecte des milliards dont on voit bien que c'est de l'eau sur le sable car ces milliards sont aspirés par les banques, sans aucun bénéfices d'ailleurs pour les peuples. Et on est en train d'arriver au bout de cette logique. Donc, on est face à une caste qui est quasiment fanatisée par rapport à l'Euro.
On entend des mots ; j'ai entendu un éditorialiste, la dernière fois, nous dire que l'Euro, c'était pour l'éternité. C'est limité s'il n'avait pas terminé en nous disant : Amen !
Donc, on est face à une caste fanatisée. Il faut sortir du fanatisme européiste. Il faut ne pas tomber dans le coup d'Etat européen parce que là ce qu'ils sont en train de préparer, c'est le coup d'Etat européen. Le transfert des derniers pans de notre souveraineté sans l'accord du peuple qui la détient, qui détient cette souveraineté, qui est le seul souverain légitime ...
C'est un projet, pour l'instant, qui peut être décidé par un référendum.
Eh bien, c'est un projet de coup d'Etat.
Le peuple, il serait associé si c'était un référendum qui décidait de ces transferts de souveraineté.
Alors, faisons ce référendum.
Le pire est-il toujours le sûr pour revenir à la crise européenne.
Non, non. Mais Monsieur, faisons ce référendum !
On a l'impression que dans votre psychologie, il y a le pire.
Mais ce n'est pas un problème de psychologie, Monsieur ; c'est un problème d'économie. Je veux bien qu'on rentre dans des ... qu'on s'allonge sur le divan ... mais en l’occurrence, c'est un problème d'économie. Effectivement, vous avez raison de rappeler que j'ai prévenu de tout cela. J'ai dit qu'en sauvant la Grèce, eh bien ce sont d'autres pays qui tomberaient les uns après les autres ; je les ai même donnés dans l'ordre.
C'est en train de se passer. Ce sera l'Italie ; peut-être avant, Chypre ; et puis, la France à un moment donné, même si à mon avis, on n'arrivera pas jusqu'à la France. Mais tout ça entraîne une ruine de nos économies. Une ruine par l'austérité, premièrement et une ruine par la prise en charge des dettes des pays voisins.
Or, que les Français soient conscients d'une chose, c'est qu'à chaque fois qu'un pays vient demander de l'aide financière à l'Union Européenne, il sort de la liste des contributeurs ; et par conséquent, ceux qui contribuent à son sauvetage voient leurs parts augmenter au fur et à mesure que les différents pays tombent les uns après les autres. Eh bien ceci n'est pas tenable.
Dans ce contexte difficile, le gouvernement a donné un coup de pouce au SMIC, cette semaine : 2% d'augmentation globale et 0,6% spécifiquement pour le coup de pouce, ça n'est pas beaucoup mais est-ce que c'est tout de même bien venu, Marine Le Pen ?
Oui. Enfin, c'est sûrement bien venu parce que les gens qui vivent avec le Smic sont dans des situations difficiles ; mais c'est une erreur de technique parce qu'augmenter le Smic, c'est aussi augmenter la charge des entreprises. Or, on sait que beaucoup d'entreprises sont aujourd'hui à la limite de la faillite, notamment des PME, des PMI, des très petites entreprises ; et c'est une bien mauvaise manière de les obliger à aggraver leurs charges au moment où elles essaient de se débattre dans une situation économique difficile. Et c'est pour ça, Monsieur Aphatie, que j'avais fait la proposition de la prise en charge de la cotisation salariale ...
Au moment de la campagne présidentielle.
Oui d'accord.
Mais pourquoi ? Parce que c'était un moyen en même temps d'augmenter le Pouvoir d'Achat parce que c'est essentiel à la relance de l'économie et en même temps, ça permettait aux entreprises de ne pas voir leurs charges augmenter. Pourquoi je dis que la relance ne pourra se faire que par le Pouvoir d'Achat ? On nous parle aujourd'hui de grands projets européens pour relever la Croissance. Mais c'est quoi ces grands projets ? Des routes ? Des aéroports ? Des autoroutes ? Mais ça va mettre combien de temps à être mis en œuvre ?
Le Pouvoir d'Achat, ça fait 30 ans qu'on l'a relancé ; on ne peut pas dire que le point d'aboutissement où nous sommes aujourd'hui est une réussite !
Ah, non mais d'accord, mais le Pouvoir d'Achat, l'augmentation de 200 euros financé par un nouveau flux -et vous savez que j'avais proposé un flux financé sur les importations- aurait permis de relancer la machine économique, de relancer le Pouvoir d'Achat, donc l'acte d'achat, donc évidemment l'activité économique des entreprises, et donc l'emploi.
Ca fait 30 ans qu'on tient ce raisonnement en France. Oui, oui. Voyez le résultat !
système de protection sociale au Monde entier. Ce qui a entrainé la ruine de notre système de protection sociale.
Nathalie Kociusko-Morizet qui a été réélue députée de l'Essonne, le 17 juin dernier, était la porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle ; et pour expliquer la défaite de Nicolas Sarkozy, elle a expliqué qu'à son avis, l'objectif du principal conseiller de l'ancien Président de la république, Patrick Buisson, était plus de faire gagner Charles Maurras, figure intellectuelle ...proche de l'Extrême Droite ...
Il faut lui dire à Madame Kociusko-Morizet que Maurras est mort parce que sinon, elle va continuer de se ridiculiser.
... plutôt que Nicolas Sarkozy.
C'était de l'ironie ; elle voulait dire : son conseiller principal a mené Nicolas Sarkozy à faire une campagne proche des thèmes du Front National parce qu'au fond, Patrick Buisson, son souci, c'est tout autant de faire en sorte que vos idées soient dominantes que de voir Nicolas Sarkozy gagner.
Je ne sais pas ; je ne suis pas dans la tête de Monsieur Buisson mais ...
Vous le connaissez ?
Non. Je l'ai rencontré une seule fois mais après tout, se battre pour ses idées, c'est plutôt noble. C'est mieux que de se battre pour une place comme Madame Nathalie Kociusko-Morizet ! Bon.
Il est proche de vos idées, Patrick Buisson ?
Probablement, oui, oui probablement.
Donc, il vous a aidé pendant cette campagne. Il a aidé à ce que vos idées progressent ?
Probablement. Probablement,
Donc, elle n'a pas tort ?
Il a contribué ; il a contribué à décomplexer une grande partie de l'électorat UMP qui, en réalité, pense la même chose que nous mais n'osait pas encore le dire, voilà. C'est un fait et c'est une avancée, c'est incontestable.
Donc, Patrick Buisson, directement ou indirectement, vous a donné un petit coup de main ?
Oui, enfin ce n'est pas un petit coup de main. Je pense qu'il a défendu ses idées. Il se trouve qu'une grande partie de ses idées sont également les nôtres. Il n'y a qu'un malheur, c'est qu'il n'a pas réussi à obtenir de Nicolas Sarkozy qu'au-delà des mots, eh bien ses idées soient réellement mises en application, et ça c'est bien dommage.
Vous avez deux députés, Marine Le Pen. Vous souhaitez que Gilbert Collard qui est l'un de ces deux députés, adhère au Front National et lui, il dit : Non, je n'ai pas envie ! J'ai une mission de rassemblement à mener, dit-il.
Enfin, non, ce n'est pas tout à fait comme ça. Je n'ai pas souhaité qu'il adhère au Front National, j'ai dit que si ce ne serait pas absurde s'il décidait de le faire ; et je crois qu'il a dit dans une interview parue, hier, que si je lui demandais, il le ferait. Mais effectivement ...
Ah, il change vite d'avis ! Ce qui corrobore le jugement de votre père et qui dit de Collard, que c'est un Roublard !
Ah, vous connaissez mal alors ce que veut dire le terme Roublard, Monsieur Aphatie ...
C'est un compliment ?
Car si vous le saviez, exactement ...
C'est un compliment. Ah, c'est un compliment.
Vous vous rendriez compte qu'en réalité, c'est un compliment.
Si je vous qualifie de Roublarde, je vous complimente Marine Le Pen ?
Eh bien oui. Excusez-moi, dans la langue française, oui. Alors, je ne sais pas ce qu'on a fait de ce terme dans la vulgate mais en l’occurrence dans la langue française : être roublard, c'est être en même temps expérimenté, intelligent et manœuvrier, et arriver à ses fins.
Marine Le Pen roublarde, était l'invitée de RTL ce matin.
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