Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 02/02/2010 à 20h44 - Mis à jour le 03/02/2010 à 06h06

François Fillon à l'Assemblée nationale / AFP
Les propos polémiques de Georges Frêche à l'encontre de Laurent Fabius ont donné lieu à une vive passe d'arme mardi à l'Assemblée nationale entre d'un côté Jean-François Copé et François Fillon et de l'autre le Parti socialiste, qui a refusé qu'on lui "fasse la leçon". Interrogeant le Premier ministre, le chef de file des députés UMP a provoqué la colère de l'opposition en demandant si le PS allait "désavouer les responsables socialistes locaux qui continuent de figurer sur la liste de Frêche" et quelle serait son attitude dans le cas d'un duel au second tour entre la liste de ce dernier et celle de l'UMP conduite par Raymond Couderc. Le chef du gouvernement, dont la voix était souvent couverte par les protestations véhémentes des députés PS, a vigoureusement condamné les déclarations de M. Frêche.
La vidéo de l'intervention de Jean-François Copé :
La vidéo de l'intervention de François Fillon :
"Je ne donnerai de leçon à personne mais il y a des mots que l'on ne veut plus entendre dans notre République. Il y a des mots qui blessent, il y a des mots qui trahissent la vulgarité de la pensée, il y a des mots qui ne font pas partie du vocabulaire des républicains et des démocrates", a dit François Fillon.
"Chacun doit balayer devant sa porte. Il s'agit de dire à nos concitoyens que dans notre République, il y a des choses que l'on ne peut pas se permettre et que lorsqu'on s'éloigne du droit chemin alors on doit en supporter les conséquences", a-t-il enchaîné, salué par des députés UMP debout face à la bronca des socialistes.
Le patron des députés socialistes Jean-Marc Ayrault a ensuite pris la parole pour s'en prendre à Jean-François Copé. Renvoyant l'UMP aux dérapages de ses propres troupes, il a dénoncé "les propos inacceptables, xénophobes, de M. Delattre (Francis, UMP) à Franconville, de M. Hortefeux (Brice, ministre de l'Intérieur, dans une vidéo au mois de septembre), de Mme Morano (Nadine, secrétaire d'Etat) à l'occasion du débat sur l'identité nationale".
"M. Copé vous n'avez pas à faire la leçon à tout le monde!", a-t-il lancé rappelant que le PS avait exclu M. Frêche de ses rangs. Il a aussi affirmé que M. Couderc avait été "dans la région Languedoc-Roussillon vice-président dans une alliance avec le Front National en 1998". "Et ça ça ne vous gêne pas", a accusé M. Ayrault.
A écouter aussi :
- Georges Frêche et le "minable" Eric Besson
- Laurent Fabius : "Les propos de Frêche avaient évidemment un caractère antisémite" (vidéo)
- Laurent Fabius : "Les propos de Frêche avaient évidemment un caractère antisémite" (vidéo)
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