* Les candidats déclarés ou presque
Jean-François Copé : 48 ans, député-maire de Meaux (Seine-et-Marne), ancien ministre de Chirac, ex-patron des députés UMP, secrétaire général de l'UMP depuis fin 2010. Il rêve à haute voix, depuis toujours, d'être président de la République et a clairement fait de 2017 son horizon élyséen, ce qui passe par la case UMP. Le contrôle du parti est essentiel même si le candidat de 2017 sera désigné non plus par les seuls militants UMP mais dans une primaire ouverte, en 2016.
L'homme est méthodique, gère très bien ses réseaux, dont son club Génération France. En campagne interne depuis des mois, il a profondément renouvelé - "copéisé", disent ses détracteurs - les cadres de l'UMP, intermédiaires essentiels lors du vote des militants. Il a inscrit ses pas dans ceux de Sarkozy, toujours aussi populaire auprès de la base, et sait mouiller la chemise: "toi, tu n'as pas peur de faire des accrocs à ton costume", lui a lancé Sarkozy pendant la campagne. Il a su prendre Fillon de vitesse en annonçant la reconnaissance des "mouvements", et est capable de "dealer" avec ses ex-ennemis, comme Christian Estrosi.
Mais il doit aussi se méfier, car il est jugé parfois trop ambitieux et trop clanique. La question de sa popularité peut être un handicap : il se classe très loin derrière Fillon dans les sondages auprès des sympathisants (mais ce ne sont pas eux qui voteront). Peut-être doit-il essayer de lisser quelque peu son image d'homme cassant ?
François Fillon : 58 ans, nouveau député de Paris après avoir été élu 30 ans dans la Sarthe, ministre à plusieurs reprises, Premier ministre de 2007 à 2012. Il est beaucoup plus taiseux mais pas moins ambitieux que Copé. Sa ligne d'horizon à lui aussi, c'est la présidentielle de 2017. Malgré son arrivée dans la capitale (élu député de Paris), il ne semble pas viser les municipales de 2014, et pourrait faire un ticket avec Valérie Pécresse, longtemps proche de Copé, pour prendre la tête de l'UMP.
L'ex-Premier ministre est sorti quasiment indemne de Matignon, avec une belle cote de popularité. Il bat largement Copé dans les sondages comme à l'applaudimètre dans les meetings. Son travail durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy l'assure d'une stature d'homme d'Etat. Idéologiquement, il prend ses distances, par proches interposés (Roselyne Bachelot), avec la "droitisation" de Sarkozy et aimerait incarner un recentrage (le "gaullisme social"), pas forcément voulu par les militants. Il commence à dessiner les contours d'un front anti-Copé, comme en témoigne son alliance avec Xavier Bertrand.
Son problème, c'est qu'il a peu de troupes, son réseau (France.9) est mal structuré. Il est accusé de jouer trop "perso", de ne jamais renvoyer l'ascenseur. Il est d'ailleurs surnommé le "planqué de Matignon" par Copé, qui l'accuse de manquer de courage et d'être une fausse valeur. Son absence de soutien à Bertrand, candidat malheureux face à Christian Jacob à la présidence du groupe UMP, a été mal perçue.
Nathalie Kosciusko-Morizet,
39 ans, "miraculée" des Législatives (Essonne), porte-parole de Sarkozy
pendant la Présidentielle. Elle se verrait bien un jour en première
femme présidente de la République. Vient de lancer son mouvement, "La
France droite". A l'UMP, elle veut elle aussi incarner une "troisième
voie" face au duel Fillon-Copé.
Bruno Le Maire,
43 ans. Ami de Copé, député de l'Eure, ancien ministre de
l'Agriculture. Candidat porteur d'un projet "Pour un nouveau civisme
français". Risque de buter lui aussi sur les parrainages. Les thèmes de
prédilection de ce chiraquien historique : l'Europe et la compétitivité
des entreprises.
Dominique Dord, 52 ans. Député de Savoie et trésorier de l'UMP. Candidat face aux "deux poids lourds" pour éviter une primaire avant l'heure. N'a quasiment aucune chance d'obtenir les 8.000 parrainages de militants requis.
* Le joker tapi dans l'ombre
Alain Juppé : 66 ans, maire de Bordeaux, plusieurs fois ministre, ancien Premier ministre (1995-1997). Il aurait confié à Paris Match : "Je laisse (Copé et Fillon) s'écharper entre eux, mais je vais me lancer, je suis le plus capé, il n'y a pas photo". Des propos démentis - mollement - par l'intéressé. Ce dernier ne semble cependant pas vraiment prêt à entrer dans la bataille. Il a publié un billet sur son blog début juillet dans lequel il explique ne pas vouloir "ajouter la confusion à la confusion en ajoutant sa candidature aux candidatures déjà déclarées ou qui vont l'être".
* Les trouble-fêtes
Jean-Pierre Raffarin, 63 ans, ex-Premier ministre. Il déplore la "dérive droitière" de la fin du quinquennat, et veut faire entendre la voix "humaniste" de l'UMP. Il affirme donc "ne rien exclure". Mais c'est un anti-Fillon qui roule en fait pour Copé.
Laurent Wauquiez, 37 ans, le benjamin de la bande, rêve déjà de la Présidentielle. Il est le tenant de la "Droite sociale", en complète opposition à la "Droite populaire" qui s'est rapproché des thèses du FN durant la campagne. Il pourrait être tenté de compter ses soutiens avant de rallier Fillon.
Xavier Bertrand, 47 ans. L'ex-ministre s'est allié avec Fillon pour déloger Copé mais il n'exclut plus de se mettre rapidement "à son compte" si l'ancien locataire de Matignon ne mord pas assez vite.
François Baroin, 47 ans. Ce chiraquien se dit "a priori" pas candidat, mais il prend date pour 2017. Il fait partie des ténors de droite opposés à la "droitisation" de la campagne. Il avait notamment vivement critiqué les positions de Nadine Morano, qui s'était laissée piéger par l'humoriste Gérald Dahan.
Rachida Dati, 46 ans. L'ancienne garde des Sceaux n'est plus à une
provocation près. Elle n'exclut rien et veut que les femmes aient leur
place à l'UMP. Elle manifeste cependant un soutien généralement appuyé à
Jean-François Copé, qui a "rassemblé et maintenu l'unité" au sein du
parti.
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