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POLITIQUE

Les "Lejaby" à l'Elysée : la CGT dénonce une récupération

Créé le 03/02/2012 à 22h08

Le président de la République reçoit les salariés de Lejaby vendredi à l'Elysée.

Le président de la République reçoit les salariés de Lejaby vendredi à l'Elysée. / AFP

Lejaby est sauvé, mais les circonstances de cette opération de secours provoquent des suspicions. En pleine campagne électorale, la fédération textile CGT a dénoncé vendredi une "récupération politique mal venue" du dossier, sept salariées ayant été reçues dans l'après-midi à l'Elysée. Le syndicat rappelle que 350 emplois du fabricant de lingerie restent à sauver. L'entreprise va être reprise par un maroquinier de luxe auvergnat, Sofama, qui est un fournisseur de Louis Vuitton (groupe LVMH). Le patron du groupe n'est autre que Bernard Arnault, un proche de Nicolas Sarkozy qui s'était personnellement investi dans le dossier. Bernard Arnault a tenu à préciser vendredi que sa décision était guidée par des objectifs économiques et non par "des critères politiques ou d'amitiés personnelles". "L'heure n'est pas venue de se congratuler"

Apprenant qu'une "poignée" des 93 salariés de l'usine d'Yssingeaux (Haute-Loire), qui doit être reprise par un fournisseur du malletier Louis Vuitton, allait être reçue "en grandes pompes à l'Elysée", la fédération CGT a dénoncé dans un communiqué "l'opération médiatique et de récupération politique à laquelle se livre le locataire de l'Elysée" Nicolas Sarkozy.
  
Si le sort d'Yssingeaux semble être réglé, celui des sites du fabricant de lingerie de Rillieux-la-Pape (Rhône), Bellegarde, Bourg-en-Bresse (Ain) et le Teil (Ardèche) ne le sont pas, souligne la CGT.

Les deux usines de l'Ain et celle d'Ardèche, qui employaient au total quelque 200 salariés, ont fermé fin 2010. A Rillieux, 150 emplois doivent disparaître après la reprise mi-janvier de la société de lingerie en liquidation par un consortium mené par Alain Prost. Les productions sont petit à petit parties à l'étranger.

"Devant le refus de recevoir les déléguées des différents sites, la fédération est en droit de s'interroger fortement sur le sens profond du show à l'Elysée" prévu vendredi, et elle considère que "l'heure n'est pas encore venue de se congratuler sur le dossier Lejaby".
  
La CGT demande aux pouvoirs publics d'étudier "sérieusement et rapidement" les propositions des différents repreneurs et de "créer les conditions afin de leur permettre de s'installer dans les territoires où Lejaby s'est retiré".

"Le sort du site d'Yssingeaux s'est réglé en 15 jours, nous pouvons espérer que le dossier des autres salariés du groupe soit réglé avec la même efficacité", poursuit-elle.

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