Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 07/06/2011 à 14h08

La probable candidature du Premier ministre François Fillon aux élections législatives à Paris fait grincer des dents dans la Majorité / AFP / Bertrand Langlois
La bataille de Paris a commencé à l'UMP... Invitée de Jean-Michel Aphatie mardi matin, Rachida Dati a sorti ses griffes en apprenant le probable parachutage de François Fillon à Paris pour les Législatives de 2012, dans sa circonscription. L'annonce en a été faite dans "Le Figaro" du jour par Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur. Beaucoup, à Droite, estiment que le Premier ministre est le meilleur pour reprendre l'Hôtel de Ville à la Gauche. Mais son chemin ne va pas être un lit de roses. "Je ne vois pas comment François Fillon pourrait arriver, m'évincer (...) et quitter la Sarthe où il a construit sa carrière politique", a dit sur RTL a lancé l'ex-garde des Sceaux. "Moi j'ai fait le boulot", il s'agit "simplement de me respecter et de respecter le travail que je fais sur le terrain", a-t-elle plaidé.
C'est la journée de la femme !"Je peux vous le confirmer, François Fillon va venir à Paris pour les législatives, dans la deuxième circonscription. Je ne suis pas son porte-parole mais nous en avons encore parlé mercredi. Il est décidé", déclarait Pierre Lellouche au quotidien "Le Figaro" (daté 7 juin 2011). Une sortie qui a fait grincer des dents dans la Majorité.
Le Premier ministre, qui est actuellement élu de la Sarthe, aurait dans la ligne de mire les élections municipales de 2014, la mairie de Paris étant considérée comme un marche-pied pour l'Elysée à la lumière du parcours de Jacques Chirac.
La députée européenne UMP Rachida Dati, qui brigue cette deuxième circonscription englobant le VIIème arrondissement dont elle est le maire, a aussitôt déclaré qu'elle ne se laisserait pas faire. "Je ne vois pas comment François Fillon pourrait arriver, m'évincer (...) et quitter la Sarthe où il a construit sa carrière politique",a-t-elle dit sur RTL. "Ce serait un petit peu ingrat vis-à-vis de ses électeurs et de son département, mais ce serait aussi un peu violent de pratiquer la politique de cette manière", a-t-elle ajouté.
Et l'ancien Garde des Sceaux : "Je ne savais pas que Pierre Lelouche était le porte-parole de François Fillon. C'est un grand garçon M. Fillon, s'il veut dire des choses il peut les affirmer lui-même."
Toujours sur RTL, Jean-François Lamour a dit souhaiter l'implantation de François Fillon dans la capitale. "Je ne comprends pas l'agressivité de madame Dati vis-à-vis du Premier ministre. Je ne la comprends pas. Chacun a un parcours. Chacun a des ambitions. Et puis, nous verrons bien. Il y aura une commission d'investiture", a dit le député UMP et conseiller de Paris.
Selon "Le Figaro", la probable candidature Fillon arrive au mauvais moment pour le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, qui vise lui-même l'Elysée en 2017 et fait face à des tensions autour des Sénatoriales de septembre prochain. En guerre ouverte avec la Fédération de Paris, présidée par le député maire filloniste du XVe Philippe Goujon, six des huit maires UMP de la capitale se sont unis pour dénoncer la composition d'une liste qui fait la part belle à un proche du premier ministre et à une autre "parachutée", la ministre des Sports, Chantal Jouanno.
L'actuel maire socialiste, Bertrand Delanoë, n'entend pas se représenter. Sa première adjointe, Anne Hidalgo, est sur le rangs pour lui succéder.
(Avec dépêches)
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