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POLITIQUE

Le virage sécuritaire de l'Elysée, coup d'envoi de l'opération 2012 ?

Créé le 02/08/2010 à 09h35

Nicolas Sarkozy le 23 mars 2010 à l'Elysée

Nicolas Sarkozy le 23 mars 2010 à l'Elysée / AFP

Nicolas Sarkozy a sorti vendredi l'artillerie lourde à propos de la sécurité et l'immigration en promettant à Grenoble un nouveau renforcement de l'arsenal répressif contre les délinquants et en déplorant l'"échec" du modèle d'intégration français depuis cinquante ans. En réaction à ce discours musclé, le PS et les Verts ont accusé le chef de l'Etat de rivaliser déjà avec le Front national dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012. La Première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry a dénoncé dimanche dans un communiqué "la dérive antirépublicaine" du président Nicolas Sarkozy et de sa majorité sur la sécurité "qui abîme la France et ses valeurs".
Venu installer le nouveau préfet de l'Isère, Eric Le Douaron, choisi parmi les hauts gradés de la police après les graves violences survenues mi-juillet à  Grenoble, Nicolas Sarkozy a d'abord tenu à voir les policiers locaux à l'abri des caméras.

Dans l'hôtel de police, il a visionné un film sur les événements qui ont éclaté dans le quartier de la Villeneuve, où des fonctionnaires avaient essuyé des tirs à balles réelles, puis il a longuement discuté avec eux.

A la préfecture le chef de l'Etat a repris le discours de fermeté contre les  délinquants qui ont fait son succès en 2007. Mais cette fois, il l'a accompagné de quelques annonces spectaculaires.
  
Retirer la nationalité à certains criminels :

Le chef de l'Etat a demandé que la nationalité française puisse "être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte" à la vie d'un policier, d'un gendarme, ou de tout autre "dépositaire de l'autorité publique".

Systématisation des peines plancher :  

Ensuite, il a proposé que dès la rentrée parlementaire les peines plancher, qui visent actuellement les seuls récidivistes, puissent désormais s'appliquer "à toutes les formes aggravées c'est-à-dire notamment les violences sur des personnes dépositaires d'une autorité publique". Une annonce dont le Syndicat Alliance police (deuxième syndicat de gardiens de la paix) s'est réjoui.

"L'instauration d'une peine de prison incompressible de 30 ans pour les assassins de policiers ou de gendarmes sera discutée au Parlement dès la rentrée", a aussi annoncé M. Sarkozy.
  
Réguler l'immigration :

Martial - il a parlé de "guerre nationale" contre les "voyous" - le chef de l'Etat a aussi clairement établi un parallèle entre la délinquance et les difficultés d'intégration de certains immigrés.

"Nous subissons les conséquences de 50 années d'immigration insuffisamment régulées qui ont abouti à un échec de l'intégration", a lancé le chef de l'Etat.
  
Soulignant qu'en 2009 "le taux de chômage des étrangers non communautaires a  atteint 24%", soit plus de deux fois la moyenne nationale, il a souhaité "que l'on évalue les droits et les prestations auxquelles ont aujourd'hui accès les étrangers en situation irrégulière".
  
"Ce qui s'est passé ici à Grenoble est absolument inadmissible et intolérable", a déclaré le préfet Le Douaron à France 3 Alpes en évoquant pour la première fois les violences de la Villeneuve consécutives à la mort d'un braqueur après une course-poursuite avec la police. Il a promis de ne laisser "strictement aucun champ aux délinquants et aux voyous".
  
Au moment de la visite présidentielle, un homme de 19 ans a été interpellé avec une fronde et des billes en acier. Il a été convoqué devant la justice pour répondre de "port d'arme" prohibé.
  
Réagissant à l'allocution du président, Benoît Hamon (PS) a dénoncé un "discours usé". Pour lui, M. Sarkozy est "engagé dans un bras de fer avec Marine Le Pen dans la perspective du premier tour" de 2012.
  
"M. Le Pen et sa fille n'ont plus besoin de parler, la copie parle à leur place", a déclaré Noël Mamère (Verts).

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