Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 01/11/2011 à 10h20

Au siège du Parti socialiste, rue de Solférino / AFP
A peine adopté, déjà retoqué ! Le projet du Parti socialiste pour 2012 est remis en cause en son sein. Les proches de François Hollande estiment que le programme ne pourra pas être appliqué en totalité. La faute à la crise des dettes souveraines. Le texte était basé sur une hypothèse de croissance de 2,5% en 2013. Le candidat PS à la Présidentielle va donc mettre quelques coups de ciseau dans le plan prévu.
C'est la première fois que la gauche socialiste, donnée largement victorieuse par les sondages face à Nicolas Sarkozy, déclare aussi nettement que son programme, adopté en 2010 par compromis entre les candidats à la primaire et basé sur une hypothèse de croissance de 2,5% en 2013, n'est plus valable.
Jérôme Cahuzac, proche du candidat PS François Hollande et candidat potentiel au poste de ministre de l'Economie en cas de victoire de la gauche, a estimé sur France 2 qu'il faudrait faire le tri dans les propositions PS. "(François Hollande) puisera dans ce programme mais ne pourra réaliser la totalité de ce programme car tout simplement les moyens du pays ne le permettent pas", a-t-il dit.
Il a rappelé que depuis 1981, le projet du candidat socialiste s'était inspiré du projet socialiste tout en état à chaque fois différent.
Selon Jérôme Cahuzac, François Hollande devra arbitrer entre la proposition de 300.000 emplois "d'avenir", nouvelle mouture des "emplois-jeunes" subventionnés des années 1990 et celle du "contrat générationnel". Cette mesure consiste à exonérer de cotisations sociales sur deux postes les employeurs qui embauchent un jeune de moins de 25 ans et le font "parrainer" par un salarié âgé maintenu dans l'emploi jusqu'à sa retraite à taux plein. "Il faudra choisir entre le contrat générationnel que propose François Hollande, qui me paraît une bonne chose, et les emplois d'avenir. Peut-être faudra-t-il faire un mix des deux mesures", a dit Jérôme Cahuzac.
Concernant les embauches de 60.000 enseignants sur cinq ans proposées par François Hollande, "la question sur le financement est parfaitement légitime", a-t-il dit. Il propose implicitement de la compenser, au moins en partie, par des suppressions de postes d'autres fonctionnaires. "Le financement se fera par des économies, par du redéploiement de fonctionnaires et peut-être par des créations nettes, trois composantes dans des proportions qui restent à déterminer en fonction de la croissance".
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