Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 21/09/2009 à 18h25 - Mis à jour le 21/09/2009 à 21h50

Des gendarmes sur le pied de guerre, des journalistes en repérage, un procureur de la République arrivé à l'aube : c'est un procès hors normes qui débute / DR
Faux listings, rivalité exacerbées entre deux hommes de pouvoir... Le procès de l'affaire Clearstream a débuté lundi à 13h30 devant la 11ème chambre du tribunal correctionnel de Paris. Un mois de duels à distance entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy. Dès l'ouverture des débats, les avocats de l'ancien Premier ministre ont contesté la constitution de partie civile du chef de l'Etat, argant que la présence d'un président dans une affaire judiciaire va à l'encontre du principe d'équité.
"J'espère que l'exigence de justice sera au rendez-vous. Je suis ici par la volonté d'un homme, je suis ici par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française. J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français", a solennellement déclaré Dominique de Villepin avant de pénétrer sous les applaudissements de plusieurs de ses partisans dans la salle d'audience (Ecouter et lire). Il s'est ensuite installé sur le banc des prévenus, aux côtés de l'ancien trader, devenu agrégé de mathématiques, Imad Lahoud, de l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin, du journaliste Denis Robert et l'ex-auditeur d'Arthur Andersen Florian Bourges. Après avoir fait décliner aux prévenus leur identité, le président de la 11ème chambre, Dominique Pauthe, a fait un rapide résumé des charges pesant sur les cinq prévenus.
La première audience de cette affaire hors normes a été consacrée aux irrégularités de procédure, mais surtout à la constitution de partie civile de Nicolas Sarkozy. "Nous voulons être jugés équitablement", a ainsi plaidé un des avocats de Dominique de Villepin, Me Henri Leclerc, estimant que la présence du chef de l'Etat dans ce procès était contraire à "l'égalité des armes". "Face à ce tumulte, à cette pétarade", "il faut qu'un tribunal dise que, dans de telles conditions, la partie civile, qui ne peut en aucun cas être poursuivie, ne peut de la même façon descendre dans l'arène au nom des principes" et engager "un combat particulier tout en se parant de sa qualité" de président de la République.
Nicolas Sarkozy est "une partie civile comme les autres et M. de Villepin un prévenu comme les autres", lui a répondu le conseil du président, Me Thierry Herzog, jugeant qu'il était "grand temps" que ce procès ait lieu, afin que soient rétablies "un certain nombre de contre-vérités et d'affirmations médiatiques".
Au cœur des quarante tomes du dossier de l'affaire Clearstream : des courriers et listings bancaires adressés anonymement entre mai et octobre 2004 au juge Renaud van Ruymbeke, chargé de l'instruction sur des pots-de-vin liés à la vente des frégates à Taïwan en 1991.
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