Serge July : "Faut-il débaptiser le président normal ?"
Créé le 15/08/2009 à 17h25 - Mis à jour le 15/08/2009 à 22h19

Le Préfet Paul Girot de Langlade / DR
C'est un fait rarissime : un préfet soupçonné d'injures racistes a été suspendu. L'homme se nomme Paul Girot de Langlade. Préfet hors cadre, il était le coordinateur local pour l'île de la Réunion lors des états généraux de l'Outremer. Les faits se seraient déroulés le 31 juillet lors de l'embarquement du préfet à l'aéroport d'Orly. Plusieurs associations de lutte contre le racisme saluent la décision de Brice Hortefeux de suspendre le préfet. Pour sa défense, Paul Girot de Langlade a évoqué samedi 15 août une éventuelle "manipulation", démentant avoir tenu des propos racistes.
Le préfet Paul Girot de Langlade, soupçonné d'injures racistes, visé
par une enquête et suspendu par le ministère de l'Intérieur, a affirmé
samedi sur France Inter qu'il "ne voyait pas" ce qu'on pouvait lui
"reprocher" dans cette affaire, parlant d'une "manipulation".
"Les comportements et les propos qu'on me fait tenir dans les médias
depuis deux jours ne sont pas les miens et ne reflètent ni la réalité
ni ma personnalité. Je n'ai toujours pas eu connaissance d'une plainte
et je ne vois pas ce qu'on peut me reprocher", a-t-il déclaré.
"Il s'agit sans doute, pour moi, d'une manipulation en lien avec les
deux procès qui ont été engagés à mon encontre par le Mrap (Mouvement
contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), pour lesquels je
vous rappelle il a été débouté à deux reprises", a poursuivi le préfet.M.
Girot de Langlade avait été relaxé en appel en juin 2008 pour des
propos assimilant les gens du voyage à des délinquants, tenus alors
qu'il était préfet d'Indre-et-Loire. Il avait déjà fait l'objet d'une
procédure concernant les gens du voyage en 2002 quand il était préfet
du Vaucluse. Celle-ci s'était soldée par un non-lieu, confirmé en appel
en 2005, les faits étant prescrits.
Petit rappel des faits. Fin juillet à l'aéroport francilien d'Orly, le préfet, qui revenait de la Réunion, "aurait tenu des propos diffamatoires, empreints de racisme, à l'encontre du personnel chargé de son contrôle (...) après le déclenchement de l'alarme du portique de sécurité", selon un communiqué du ministre de l'Intérieur.
Une agent de sécurité d'origine antillaise a porté plainte contre le préfet, qu'elle accuse d'avoir lancé : "on se croirait en Afrique ici" et "de toute façon, il n'y a que des noirs ici".
Une enquête pour "injures publiques à caractère racial" a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la Police judiciaire (PJ) de Paris.
Pour le président de SOS racisme, Dominique Sopo, Paul Girot de Langlade ne mérite pas de représenter la République, si ces propos ont effectivement été tenus.
Pour le Cran, le conseil représentatif des associations noires, cette suspension est de nature à apaiser la situation pour que les etats généraux de l'outremer ne tournent pas au fiasco général.
Publicité
Publicité
Publicité