Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 29/10/2008 à 07h40 - Mis à jour le 29/10/2008 à 19h09

Alain Duhamel / La rédaction de RTL
Le pragmatisme revendiqué de Sarkozy : à Rethel, en Ardennes, son plan d'aide à l'emploi a fait mouche. Il y a revendiqué son droit au pragmatisme. A-t-il raison ? Ce changement de cap est-il justifié ? La chronique d'Alain Duhamel.
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Nicolas Sarkozy a présenté hier à Rethel, en Ardennes, son plan d'aide à l'emploi. Il a revendiqué son droit au pragmatisme. A-t-il raison?
Que Nicolas Sarkozy soit un pragmatique, et même un grand pragmatique, un réaliste et même un hyper-réaliste, ça ne fait aucun doute.
Pendant sa campagne présidentielle, il se présentait avant tout, comme un libéral. Il s'en prenait à l'économie d'assistance, il critiquait, il vilipendait même les emplois aidés, par exemple, et il vantait moins de fonctionnaires, moins d'Etat, moins de réglementations, plus d'initiatives, plus d'audace, plus de liberté.
Le décor a complètement changé, on est aujourd'hui dans la crise, et d'une part, Nicolas Sarkozy augmente de 100.000 le nombre des emplois aidés, ceux là même qu'il critiquait. On trouve bien entendu, dans ses propos, aussi des mesures libérales, mais ce qui est frappant, c'est évidemment, le retour de l'Etat qu'il met en scène, c'est le fait que, par exemple, l'Etat va veiller à ce que les banques tiennent leurs engagements, département par département, avec mobilisation des préfets et des trésoriers payeurs généraux.
Il y a incontestablement une volte-face idéologique, ça n'est pas étonnant. Nicolas Sarkozy est un homme de droite, donc il est en économie libérale. En même temps, c'est un dirigeant français, donc il est en économie dirigiste. Il est en fait libéral dès qu'il le peut, et dirigiste dès qu'il le doit. C'est ce qu'on appelle le colbertisme.
Ce n'est pas étonnant, mais est-ce que c'est justifié?
Oui, c'est justifié, évidemment. Il ne faut pas être obtus. Quand il faisait campagne, la croissance n'était pas mirifique, mais elle était solide, les perspectives étaient bonnes, la bourse était plutôt optimiste, on ne parlait que d'augmentation du pouvoir d'achat, l'euro était considéré comme trop fort, le prix du pétrole montait... Aujourd'hui, c'est point par point exactement l'inverse. La bourse s'affole, la croissance a disparu, le pétrole s'est effondré, l'euro a baissé. S'il s'obstinait, ce serait ridicule. Il y a des circonstances différentes, il faut qu'il y ait évidemment, une réponse différente.
Et puis par dessus le marché, Nicolas Sarkozy a commencé par présenter un plan d'aide aux banques, c'était nécessaire, c'était même le préalable, et pour les banques, et pour les entreprises, et pour les particuliers.
Et puis ensuite, il a présenté un plan d'aide aux PME, c'était également nécessaire, et pour les entreprises, et pour les emplois.
Il fallait évidemment qu'il y ait aussi des gestes et des encouragements et une action en direction des salariés eux-mêmes, c'est ce qu'il a fait hier.
Disons que derrière tout ça, la constante c'est le volontarisme, la variante ce sont les circonstances économiques, et que Nicolas Sarkozy fait du prosaïsme flamboyant, c'est à dire qu'il est prosaïque, mais que c'est recouvert d'un manteau d'éloquence.
Dans l'opposition, certains lui reprochent de ne pas mettre en œuvre un véritable plan de relance. Ont-ils raison?
Hier, ce n'était pas du tout un plan de relance. D'ailleurs ça ne se présentait pas comme ça. En fait, un plan de relance, théoriquement, la France aujourd'hui n'en a pas les moyens budgétaires. La logique, ce serait qu'il y ait un plan de relance à l'échelle européenne, qui elle a de grandes capacités d'emprunts inemployées, et qui aurait beaucoup d'objectifs d'investissements, de grands travaux, etc... Tout cela serait possible.
Si ça ne se fait pas, je prends le pari que quelles que soient les circonstances budgétaires, au début de l'année prochaine, on aura quand même cette fois, un plan de relance.
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