
Marie-Bénédicte Allaire
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Et comment ! le président a donc regagné Paris dimanche après-midi, par le train, son mode de transport favori, ça lui aura sans doute laissé le temps de méditer sur les attaques de Jean-Luc Mélenchon, selon qui les 100 premiers jours du mandat n'ont servi à rien ou presque ...
L'ex candidat a devancé les journées d'été du Front de gauche, cette fin de semaine à Grenoble, pour ouvrir le feu dès dimanche, dans les colonnes du JDD. et à l'entendre, la session extraordinaire du Parlement en juillet, aurait dû permettre de voter des lois contre les licenciements boursiers, ou le droit de préemption des entreprises menacées de liquidation, plutôt que le sur le harcèlement sexuel ... Les victimes apprécieront ...
Bref, après ses scores décevants, quoi qu'il en dise, de la présidentielle et des législatives, Jean-Luc Mélenchon a passé une partie de l'été au Vénézuela, il y a puisé aux sources du socialisme révolutionnaire épicé à la sauce Chavez. Il tire à boulet rouge sur Hollande et son gouvernement, accusés, rien de moins, de dévoyer le contenu "insurrectionnel du vote de la présidentielle", au profit du social-libéralisme
en cause notamment, le traité européen qui doit être débattu au parlement dans quelques semaines
Ca, c'est le sujet épineux à gauche ! Début août, le Conseil constitutionnel a donné le feu vert à l'approbation du traité par le parlement. il n'y aura pas besoin de révision constitutionnelle. Or ce traité, pendant la campagne présidentielle, les candidats de gauche, entre autre, l'ont beaucoup critiqué. Trop libéral, rien sur la croissance et l'emploi. Ils ont accusé Nicolas Sarkozy d'avoir capitulé devant Angela Merkel, et François Hollande se faisait fort de le renégocier ...
Alors, c'est vrai qu'après le 6 mai, après l'arrivée de François Hollande au pouvoir, il y eu des mesures sur la croissance. Sauf que pour une partie de la gauche, le traité n'est toujours pas acceptable ... Jean-Luc Mélenchon veut donc s'engouffrer dans le créneau, il n'est pas le seul, les communistes sont sur cette ligne, mais aussi certains députés et sénateurs socialistes ou écologistes .
Cest là que ça se complique, des proches des ministres Benoît Hamon ou Cécile Duflot ... Arnaud Montebourg quant à lui a mis ses tirades révolutionnaires en sourdine. D'ailleurs ce n'est pas un hasard, si Jean-Luc Mélenchon est sorti du bois dès dimanche, le jour où le ministre du redressement productif faisait son traditionnel rassemblement de rentrée dans la Bresse. Il y a péril en la demeure pour la majorité, c'est pour ça que le président veut aller vite, le projet sera discuté fin septembre, et la droite se pourlèche déjà les babines.
Et elle a d'autres motifs pour tenter de mettre le gouvernement en porte à faux, la droite
la question des roms et de leur accès au travail, on aura l'occasion d'y revenir, ean-Marc Ayrault tient une réunion interministérielle mercredi sur le sujet. Il faut croire que la nécessité s'en faisait sentir. Manuel Valls a été très critiquée pour sa gestion de la question par Martine Aubry, après des expulsions de camps, notamment à Lille, mais aussi par la ministre du Logement, Cécile Duflot, qui n'a pas craint d'enfreindre les consignes de solidarité gouvernementale du Premier ministre pour dire son désaccord ...
Alors gauche sécuritaire, contre gauche laxiste, comme on se plaît à le souligner à droite. La gauche au gouvernement semble toujours se heurter aux mêmes difficultés
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