Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 31/10/2009 à 13h20 - Mis à jour le 31/10/2009 à 14h13

Gendarmes et policiers procèdent le 22 septembre 2009 au démantèlement de la "jungle", le camp de migrants près de Calais. / AFP
Les dirigeants européens ont décidé vendredi de lancer un projet de vols charters financés par l'UE pour l'expulsion vers les pays d'origine des migrants en situation irrégulière, à l'initiative de la France et malgré des réserves de la Commission européenne. Nicolas Sarkozy s'est félicité de l'initiative. "Personne n'aurait pu imaginer, il y a quelques années, que des gouvernements de gauche, de droite, du sud et du nord se mettent d'accord sur le principe que quelqu'un qui n'a pas respecté les règles, doit être ramené chez lui par avion, par train ou par tout autre moyen de façon digne", a dit M. Sarkozy au cours d'une conférence de presse.
"C'est
un progrès considérable", a estimé Nicolas Sarkozy. "Il faut aller plus loin, je
veux des gardes-frontières européens", a-t-il ajouté."L'Europe
ne doit plus être le théâtre des drames de l'immigration irrégulière.
Il est temps de prendre les mesures nécessaires pour renforcer, au
niveau européen, la lutte contre les filières. La décision prise
aujourd'hui par les Chefs d'Etat et de Gouvernement européens est une
étape décisive pour la construction d'une véritable police européenne
aux frontires" a affirmé le ministre français de l'Immigration, Eric
Besson dans un communiqué.
La proposition de charters européens
est directement inspirée par une demande française, soutenue par
l'Italie. La France et la Grande-Bretagne ont organisé un vol commun à
la mi-octobre pour emmener à Kaboul trois Afghans renvoyés de France et
24 expulsés de Grande-Bretagne.
Dans un entretien publié vendredi
par le quotidien français La Croix, le vice-président de la Commission
européenne Jacques Barrot, chargé des questions d'immigration, a
toutefois mis en garde contre le "tout sécuritaire".
"Les États doivent trouver le point d'équilibre entre la part sécuritaire et la part d'humanité", a-t-il souligné.
M.
Barrot avait déjà réagi après l'organisation du vol commun
franco-britannique en demandant aux autorités nationales de "s'assurer
au préalable que les migrants concernés ne souhaitent pas demander une
protection internationale".
Vendredi, l'UE a invité sa présidence
suédoise et la Commission européenne "à intensifier le dialogue avec la
Libye sur la gestion des migrations et sur les mesures à prendre par
rapport à l'immigration clandestine, y compris la coopération en mer,
les contrôles aux frontières et la réadmission".
Beaucoup de
migrants clandestins d'Afrique en partance pour les rives européennes
traversent la Méditerranée à partir du territoire libyen.
Selon
l'organisation internationale de défense des droits de l'Homme Human
Rights Watch (HRW), les clandestins sont soumis à "des conditions de
vie inhumaines" dans des camps libyens.
A la demande de Paris et
de Rome, l'UE a également affirmé que "les accords de réadmission" sont
un moyen "important" de lutter contre l'immigration clandestine.
"Ces
accords soulèvent de nombreuses interrogations, du fait de leur opacité
(peu d?informations données aux parlements nationaux et à la société
civile) et de leurs conséquences au regard du respect des droits
fondamentaux des migrants", a estimé pour sa part l'ONG Migreurop qui
regroupe plusieurs dizaines d'associations européennes et africaines,
dont la Cimade.
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