
Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du FN
Crédit : AFP / ArchivesCrédit : Vincent Derosier
Crédit : AFP TV
Le Front national est le centre du réacteur
La présidente du Front national a déposé fin septembre les statuts du
Rassemblement Bleu Marine, dont elle sera la présidente et le député
Gilbert Collard secrétaire général.
Une initiative qui ne séduit pas, d'emblée, le président d'honneur du FN. "Laissez venir à nous les petits hommes politiques", explique-t-il dans cette interview publiée sur le site internet du journal. "Mais je souhaite qu'ils aillent directement au Front national, qui est le cœur du système. Le Rassemblement Bleu Marine sert à ceux qui ne veulent pas être au centre du réacteur, c'est pour les tièdes. Les chauds vont au FN".
Interrogé sur les scores réalisés par sa fille lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2012 (17,9% des voix), Jean-Marie Le Pen, qui entend être candidat aux élections européennes de 2014, reconnaît pourtant qu'elle a des "atouts qu'il n'a pas". "C'est une femme, elle est jeune, elle est sans doute plus en adéquation avec notre temps que je ne l'ai été moi-même", estime-t-il.
Retour sur 40 ans "d'adversité totale"
Au fil de cette interview, le fondateur du FN revient sur les quarante années d'histoire de son mouvement qui, selon lui, a constamment été victime de l'ostracisme de la classe politique. "Si nous avions le même mode de scrutin que 25 des 27 pays européens, le FN aurait 120 députés aujourd'hui. Mais la France est le seul pays a utiliser le scrutin majoritaire à deux tours". Un contexte hostile auquel il oppose la résistance de son organisation.
"Le Front national, envers et contre tout, s'est maintenu dans une adversité totale, de toutes les forces économiques, sociales, politiques, financières, religieuses ou philosophiques. Et, malgré quelques avatars issus de trahisons, de désertions, de scissions, le FN est toujours là et représente six millions de voix", affirme-t-il.
Jean-Marie Le Pen se défend de n'avoir jamais voulu parvenir au pouvoir - une "légende", dit-il, même s'il a atteint le second tour de l'élection présidentielle en 2002. "Jamais le Front national n'a eu plus de 18% à une élection présidentielle. Or, on ne prend pas le pouvoir avec 18% des voix. On commence à l'espérer à partir de 25%. Par conséquent, il est bien évident que le FN, comme tous les mouvements politiques, a eu pour vocation naturelle de prendre le pouvoir, de mettre en pratique ses idées".
Enfin, le fondateur du parti maintient ses positions qui lui ont valu de nombreux ennuis judiciaires, estimant que ses propos sur les chambres à gaz, qui ne seraient qu'un "point de détail" de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, n'ont rien d'antisémite. "Oui, je sais que les races n'existent pas et que le Bantou est tout à fait comparable au Norvégien du Nord. Je crois à l'existence de races. Ce n'est pas moi qui l'ai inventé", ironise-t-il en se défendant une nouvelle fois d'être raciste ou antisémite.
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