Présidentielle : la candidature de Jacques Cheminade est-elle avant tout symbolique ?
Sondage ouvert le 12/04/2012
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Jacques Cheminade sur RTL le 12 avril 2012
Crédit : F.Bukajlo Abacapress / RTLCrédit : Jean-Michel Aphatie
Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jacques Cheminade.
Jacques Cheminade : Bonjour.
Nous sommes à dix jours du premier tour. Quelle est la principale proposition de votre programme, Jacques Cheminade ?
La principale proposition c'est de constater que l'Europe se décompose...
... Ce n'est pas une proposition, ça !
... Et qu'il y a eu une désintégration du système financier monétaire international.
Ca, c'est une analyse !
Donc, en France, on va faire créer une commission d'enquête parlementaire, très vite, pour voir ce qui se passe dans le domaine financier. Ca, c'est la première chose, comme pour Roosevelt l'avait fait avec Pecora... On ne sait pas.
Vous soupçonnez quoi ?
Les 500 milliards qui sont dans leur bilan de Paribas, alors personne ne sait ce que c'est. Donc, il faut aller le voir.
Qu'est-ce que c'est ces 500 milliards hors bilan ?
Des effets toxiques dans un hors bilan de Paribas. Il faut voir ; il n'y a pas que Paribas ; il y a la Société Générale ; il y a toutes les banques. Donc, il faut aller y voir.
Comment vous savez ça ?
Parce que c'est partout.
C'est partout quoi ? Que Paribas a caché 500 milliards d'euros quelque part ?
Oui, oui, oui c'est partout. Sauf dans "Le Monde", qui a quelque complaisance pour monsieur Pébereau, là ça n'y est pas.
Alors, première proposition, une commission d'enquête parlementaire.
Oui, cette commission d'enquête parlementaire doit faire très vite pour séparer les banques d'affaires des banques de dépôts et de crédits. Ca, c'est une première chose. Et on entame cela.
Et après, j'irai à Bruxelles et je dirai : l'Europe s'est fourvoyée. Il faut faire une nouvelle Europe des patries et des projets avec des grands travaux et du Crédit Public pour ces grands travaux.
Les autres pays ne suivent pas ; à ce moment-là, la France doit faire ce qu'a fait le Général de Gaulle, dire : on fait avec ce qu'on peut, avec ce qu'on a et on garde un euro monnaie commune pour ces grands travaux ; et pour le reste, on revient à un franc intérieur, mais c'est pour un redressement. On ne peut pas tenir longtemps avec ça.
Est-ce que vous admettrez, Jacques Cheminade, que comme première proposition, ce n'est pas très clair ?
Si, c'est très clair ; c'est l'international qui passe avant le reste. On a une campagne présidentielle où la droite flatte les peurs (peur de l'Islam, peur d'être comme la Grèce, peur de l'Immigration), et puis une gauche qui porte des illusions et Mélenchon étant le sommet de la chose puisqu'il pense qu'on peut faire l'économie de l'avenir avec la géothermie, ce qui est parfaitement ridicule. Qu'ils s'en aillent tous ! Donc, on a personne qui traite les vraies questions qui sont les questions de défi international et intérieur.
Pour être un peu plus concret. Par exemple, pour lutter contre le chômage, certains candidats peuvent défiler à ce micro et dire : il faut interdire les licenciements ?
Non, c'est impossible. Tout le monde le sait. Ce qu'il faut faire, c'est qu'on peut faire un bonus-malus pour les entreprises qui licencient et celles qui engagent. Ca, on peut le faire.
Ce n'est pas une mesure fondamentale. Pour moi, la première chose à faire, c'est de créer de l'emploi. Et cet emploi ne peut être créé que s'il y a du crédit pour l'emploi. Si on est - et c'est une des causes de l'échec de Bayrou - dans la mystique de l'équilibre budgétaire, on va nulle part en période de crise ; et si on est comme Sarkozy, on dit que la crise financière en gros est terminée. Elle n'est pas du tout terminée.
On note en lisant votre programme, Jacques Cheminade, une certaine défiance par rapport à l'écologie. "Elle répand, écrivez-vous, sa vision pessimiste d'une humanité pillant les ressources et sur-peuplant la planète." Les ressources, on les pille pourtant. Bientôt, dans 20 ans, 30 ans, 40 ans, il n'y aura plus de pétrole, par exemple ?
Mais on en crée des nouvelles, vous savez, les déchets viennent des ressources si on est intelligent.
Mais on les pille ? Pétrole : il n'y en aura plus, par exemple.
Il n'y aura plus de pétrole mais il faut faire le nucléaire. C'est pour ça qu'il faudra faire le nucléaire de la quatrième génération. Et à terme, 50, 60 ans, la fusion thermonucléaire contrôlée. Il faut voir avec les yeux de l'avenir.
Or aujourd'hui, dans ces élections présidentielles, où il n'est pas question de culture, il n'est pas question de santé, il n'est pas question de grand projet, on voit avec des yeux tout petits et on regarde le doigt plutôt que de regarder la Lune, comme disent les Chinois.
Réchauffement climatique : invention ou réalité, Jacques Cheminade ?
J'en sais trop rien ; en tout cas, il y a un problème de changement climatique, ça c'est certain et il faut y faire face.
Alors, je pense qu'il y a des effets sur le changement climatique qui sont des effets de réaction sur le soleil, de position du système solaire dans la galaxie. Il y a des tas de choses à revoir, il faut chercher, chercher, chercher sans cesse.
L'un de vos thèmes originaux, c'est la conquête de l'espace. Alors j'ai lu un texte que vous avez consacré à ce sujet. On lit notamment ceci : "Il faut préparer, écrivez-vous, les dispositifs astronomiques qui installés hors des turbulences atmosphériques terrestres, permettront d'explorer l'Univers au-delà du connu ; pour réussir, poursuivez-vous, il nous faut dès maintenant des usines orbitales terrestres en micro-gravité..." Première étape. "Et des stations lunaires permettant à la fois l'installation d'industries lourdes et d'une tête de pont préparant des voyages au-delà." Et quand on lit ça, on se demande si vous êtes vraiment avec nous ou si vous êtes ailleurs, Jacques Cheminade ?
Non. Si vous étiez dans les années 50 ou 60, voyez tout le programme spatial avec toutes ces retombées, on ne serait pas là vous et moi parc qu'il n'y aurait eu pas de portables, il n'y aurait pas eu d'ordinateurs, il n'y aurait pas eu les progrès dans la médecine comme le cœur artificiel. Nous ne serions probablement pas là s'il n'y avait pas eu ce programme spatial qui est un tracteur, qui est un vecteur.
Alors, il y a du court terme. Par exemple, il faut Ariane V-ME. Quand on a besoin pour envoyer 12 tonnes dans l'espace et pas dix, c'est-à-dire deux satellites ; ça c'est les médias... Maintenant à long terme, il faut un grand programme mobilisateur. Ca veut dire que les êtres humains se mettent ensemble. Ca doit être un objectif commun de l'Humanité et à ce moment-là, on a une occasion sur le long terme d'avoir un engagement pour la paix et pas sur Terre de faire la guerre.
Ma question était un peu différente. C'est un Etat, ce sont des scientifiques qui, il y a 30, 40 ou 50 ans, ont défini une politique spatiale. Vous, si l'on comprend bien...
... Relisez le discours Kennedy, vous verrez que ce n'est pas le cas. Il y a un très beau discours de Kennedy où nous serons dans dix ans sur la Lune.
Il est l'expression de la démarche d'un Etat et d'une société ou d'une partie de la société qui a mobilisé ses intelligences.
Oui. Bien sûr.
Vous, vous êtes un homme seul, Jacques Cheminade, pour ce qu'on comprend.
Non, pas si seul que ça.
Et on se demande ce que vous écrivez a l'air d'être plus une rêverie qu'un programme.
Non, ce n'est pas du tout une rêverie. C'est quelque chose de beaucoup plus concret, en réalité que ce que disent les autres. Quand vous calculez des mesurettes, vous en débitez comme Marine Le Pen, dans son premier clip de campagne, vous rêvez. Vous dites des choses qui n'ont aucune articulation, aucun programme concret, complet.
Quand vous voyez les autres candidats, ils tiennent des discours sur ceci ou cela ; c'est comme s'il y avait les tranches d'un gâteau, ils présentent des tranches et ils ne présentent pas le gâteau, c'est-à-dire ce que je veux dire. C'est qu'il n'y a pas de configuration générale, il n'y a pas de vision. Il y a des mesures qui s'additionnent les unes aux autres. Mais on n'arrive jamais à la réalité de cette façon.
Ce que disait un jour Jean-Paul Delvoye, et je le partage tout à fait : "Il faut une vision, il faut un projet et il faut une utopie positive", c'est-à-dire soumise à la rigueur constamment, pas une utopie dans les nuages.
Vous étiez candidat à l'élection présidentielle en 1995. Vous l'êtes à nouveau aujourd'hui, Jacques Cheminade. Dix-sept ans ont passé. Qu'est-ce que vous avez fait pendant dix-sept ans ?
Ah, j'ai travaillé et j'ai maintenu ma petite et moyenne entreprise politique qui ne se porte pas trop mal.
C'est quoi votre travail ?
J'ai travaillé à maintenir cette entreprise politique. J'ai écrit des éditoriaux. On prétend que j'étais nulle part. Mon combat contre le féodalisme financier : cinquante éditoriaux sur 450 écrits... Le premier 1990, les autres sont après 1995.
Combien de militants, votre parti ?
2.000
2.000 ?
2.000 abonnés au journal et militant. Mais une fois par mois. Vous savez, aujourd'hui, le militantisme, ce n'est pas beaucoup.
On vous voit jamais. Pendant dix-sept ans, on ne sait pas où vous étiez !
Si, si, tout le monde dira : ils sont toujours dans la rue à faire de la propagande pour la... Alors, c'est un peu contradictoire.
Alors, moi je ne vous ai pas vu souvent mais sans doute je vous ai loupé, alors. Voilà. Jacques Cheminade, 8h30, il répond aux auditeurs de RTL (cliquez ici). 

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