Crédit : Marie-Bénédicte Allaire
Retour à la tradition dans la forme
Fidèle à une promesse de campagne, le chef de l'Etat renoue, en se prêtant à cette interview, avec une tradition institutionnalisée par François Mitterrand, qu'avait abandonnée Nicolas Sarkozy. Son prédécesseur, soucieux de rompre avec les années Chirac jugeait l'exercice "obligé" et "convenu".
Le nouveau président a lui l'ambition, comme il l'a dit durant sa campagne, de redonner du souffle à ce grand moment télévisuel. Il s'agit, a-t-il dit de "délivrer un message à la nation, à travers un discours sur le sens à donner à la direction du pays".
Imprimant sa marque, il a choisi de répondre aux questions de Laurent Delahousse (France 2) et Claire Chazal (TFI) non pas depuis l'Elysée, mais à l'Hôtel de la Marine, place de de la Concorde, point d'aboutissement du défilé militaire.
Durant au moins une demi-heure, le président de la République passera en revue les deux premiers mois d'un quinquennat entamé sous le signe de la crise de l'euro et du chômage en hausse continue.
Quelle sera la tonalité de cette nouvelle prise de parole ?
Au-delà de la forme, c'est la première fois que François Hollande va s'exprimer publiquement sur le tweet de Valérie Trierweiler. L'exercice est délicat mais indispensable, car l'autorité du chef de l’État a été écornée. Par sa compagne d'abord, puis par son fils, dans des confidences au Point, qu'il a par la suite mollement démenties.
Comme s'il n'arrivait pas à obtenir de ses proches qu'ils se tiennent hors du champ politique, lui qui avait critiqué Nicolas Sarkozy pour l'instrumentalisation de sa vie privée. Il va lui falloir peser les mots pour ne froisser personne, tout en remettant chacune et chacun à sa juste place.
Mais François Hollande est surtout attendu sur la situation économique et sociale après le coup de tonnerre PSA et alors que d'autres plans sociaux se profilent à l'horizon.
Quelques jours après la grande conférence sociale, où il a prôné "compromis" et "dialogue social" pour sortir de la crise et du chômage, François Hollande affronte en effet son premier vrai coup dur : l'annonce jeudi de plus de 8.000 licenciements par le groupe automobile, avec la fermeture de son site d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en 2014.
Qualifiant de "véritable choc" cette annonce, qui a semé l'émoi dans toute la classe politique, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a aussitôt demandé à la direction de l'entreprise d'engager "sans délai" une "concertation" avec pour objectif "le maintien d'une activité industrielle sur tous les sites français". Mais la voie est étroite, s'agissant d'un groupe privé, et les solutions peu évidentes, car comme l'a dit Bertrand Delanoë (PS), pas question "de financer à perte une production".
A cela s'est ajouté jeudi l'annonce de la suppression d'au moins 6.000 emplois dans les travaux publics.
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10/04/2013 - 09h48
10/04/2013 - 09h47
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