EDITO VIDEO - Les chiffres de l'OCDE : des statistiques oui, mais qui lisent l'avenir du monde
Créé le 04/10/2011 à 09h11
Le président du Nouveau Centre, député de l'Eure, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. Hervé Morin a qualifié de "décision personnelle respectable" le retrait de Jean-Louis Borloo de la course présidentielle, estimant quoi qu'il en soit qu'"il faut un candidat pour le Centre". "Le rassemblement des centres, c'est une épreuve de longue haleine" et il "ne s'effectue aussi que par une candidature à l'élection présidentielle", a ajouté Hervé Morin, selon lequel, "vous ne pouvez pas légitimer l'idée d'avoir des parlementaires, de vouloir exprimer une voix à l'Assemblée si vous refusez de porter un message et un projet politique devant les Français". François Bayrou, "candidat naturel" du Centre ? Réponse : "Sur nombre de sujets, nous sommes proches. Mais il y a une différence majeure, c'est que moi, je sais où je suis. Je ne suis pas dans l'ambiguïté. Si je ne suis pas au second tour, j'appellerai à voter pour un candidat de droite".
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Hervé Morin.
Hervé Morin : Bonjour, Jean Michel-Apathie.
Avez-vous été surpris par le renoncement de Jean-Louis Borloo ?
Je ne m'y attendais pas, je ne le savais pas ! C'est une décision personnelle, et elle est respectable. On a le droit de dire que l'on n'a pas envie de faire cette campagne électorale pour différentes raisons, et probablement pour des raisons personnelles.
"Je ne le savais pas" ! Vous étiez alliés dans une confédération des centres, vous avez sans doute beaucoup de points communs. Vous ne le saviez pas, vous ne vous parlez pas ?
Si on se parle beaucoup, mais ça ne mérite pas d'épiloguer là-dessus !
C'est quand même instructif parce que la question qui était posée, Jean-Louis Borloo l'a posée comme ça, c'est l'impossibilité de rassembler les centres et au fond dans l'aveu de la non communication entre vous et lui, il y a toute l'incapacité de deux personnes qui se disent centristes, à parler un minimum. Au fond, vous avez tout dit ce matin...
Non, je pense que le rassemblement des centres, c'est une épreuve de longue haleine ; et que ce rassemblement des centres, il ne s'effectue aussi que par une candidature à l'élection présidentielle. Vous ne pouvez pas considérer et légitimer l'idée d'avoir des parlementaires, de vouloir exprimer une voie à l'Assemblée nationale si vous refusez de porter un message politique et un projet politique devant les Français.
Quel est le sens d'un parti politique si ce parti politique décide de renoncer ? Moi je dis, il faut un candidat à l'élection présidentielle pour le Centre. Et ce candidat sera en capacité de rassembler la famille centriste. Avant l'élection, probablement pas après l'élection, probablement ; et c'est cela qu'il faut avoir en tête, c'est que ce rassemblement vous ne le faites pas en l'espace de quelques semaines quand le centre a été éclaté successivement depuis 2002.
Vous croyez que Jean-Louis Borloo a renoncé parce qu'il a subi des pressions de la part de la Majorité, ou plus précisément de la part de Nicolas Sarkozy ?
Je n'en sais rien, et je n'ai aucune idée donc je ne vais pas vous commenter...
Ce n'est pas intéressant de le savoir pour vous ça ? Pourquoi il a renoncé ? S'il a renoncé parce qu'il n'avait pas envie ? Le moral pour y aller ? - j'allais dire le courage mais j'ai hésité. Ou alors parce qu'on a fait pression sur lui, il a dit qu'il avait été victime de pressions.
Ecoutez, vous lui poserez la question quand vous le verrez.
On lui posera. Le Centre a un candidat naturel, François Bayrou, qui a dit hier soir qu'il était déterminé. Donc il finira pour vous comme en 2007. Vous soutiendrez François Bayrou ?
Je vous dis que... Je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt ! J'ai quitté le gouvernement il y a un an. J'ai fait un tour de France. J'ai écrit un livre dans lequel j'ai effectué nombre de propositions qui sont d'ailleurs très souvent proches de celles de François Bayrou. Quand il parle de refaire de la France un pays de production, de PME, c'est ce que j'ai écrit dans mon livre six mois plus tôt. Quand il parle de mettre fin à ce suicide collectif que représente 200.000 jeunes qui chaque année sortent de CM2 avec les plus grandes difficultés scolaires, je l'ai dit aussi avec des propositions structurelles majeures.
Bref, sur nombre de sujets nous sommes du même avis, mais il y a une immense différence entre lui et moi. C'est que moi je sais où je suis. Je ne suis pas dans l'ambiguïté. Je sais que si je ne suis pas au second tour, et bien j'appellerais à voter pour un candidat de droite. Parce que j'estime que mon socle de valeurs sur la responsabilité individuelle, la liberté d'entreprise, la réforme de l'Etat, m'amène à être avec un candidat de l'UMP.
J'ai entendu François Bayrou, hier soir ou tout du moins j'en ai lu les dépêches, il dit : "Je suis le rassembleur des centres". Mais, très franchement, je connais bien François, j'ai fait deux campagnes avec lui. On devait être, allez !, 200 parlementaires. Le MoDem, c'est combien de députés aujourd'hui ? Deux. Donc, pour se poser rassembleur faut-il encore l'avoir fait durant sa vie politique ?
Vous avez une formule étrange Hervé Morin dans votre réponse un petit peu longue.
Pardon ?
La formule étrange, vous l'avez entendue ? "Si je ne suis pas au second tour"
Non mais parce que j'ai toujours très clairement dit, Jean-Michel Apathie, deux choses. Il y a quelques semaines, quand on se rencontrait on me disait : "Mais comment vous ferez le choix entre Jean-Louis Borloo et vous-même ?". Je vous avais dit, rappelez- vous, et je l'ai fait sur toutes les ondes : "Je vous ai dit ne vous inquiétez pas, les choses se décanteront naturellement".
Vous aviez raison !
J'avais raison ! J'entends tous ces interlocuteurs divers et variés, les mêmes qui expliquaient il y a quelques années que Ségolène Royal, petite ministre déléguée à l'Enseignement, était incapable d'être candidate à la Présidentielle. Les mêmes qui expliquaient que François Bayrou ne ferait jamais plus de 4% à 5%. Les mêmes donneurs de leçon qui expliquaient que François Hollande était carbonisé, éreinté, il y a deux ans et demi, et qu'il n'avait absolument pas la stature présidentielle. Les mêmes qui aujourd'hui disent "François Hollande sera peut-être et probablement le prochain candidat à l'élection présidentielle". Les mêmes qui disent aujourd'hui : "Morin avec ses 2% ou ses 3%..."
Ils sont plus souvent deux...
... Oui, vous verrez. Les mêmes vous expliquent aujourd'hui que toute candidature du centre droit n'a pas de sens. Moi je vous pose cette question : "Si vous n'êtes pas là pour dire il y a une crise morale, et à cette crise morale je veux une république irréprochable, avec des propositions très concrètes, un référendum au lendemain de l'élection présidentielle ou les Français sont appelés à se prononcer pour rendre cette république irréprochable. Si vous n'avez pas quelqu'un pour dire il y a en France des forces d'innovation, de modernisation, une énergie incroyable et c'est à force d'avoir un message de sinistrose, de chape de plomb sur le pays qui l'empêche de se transformer. Si personne ne dit cela, si je ne suis pas là pour dire cela, qui le dira ?
Vous le direz, donc vous serez candidat. Vous avez eu Jean-Louis Borloo depuis dimanche soir ?
Je lui ai envoyé un message.
Il ne vous a pas répondu ?
Ecoutez, vous pouvez comprendre qu'il y a des moments où on n'a pas envie forcément de parler.
Donc vous ne savez pas puisque vous serez candidat s'il vous soutiendra...
Je vous dis que je rassemblerai toutes celles et tous ceux qui ont envie de porter un projet politique, qui n'est ni un projet porté par l'idée qu'il y aurait un homme providentiel capable de tout régler, ni celui d'un Etat providence comme les socialistes nous le montrent tous les matins et dont on sait qu'il est ruiné. Et bien il y a un autre projet que celui-ci et moi je veux qu'il y ait quelqu'un pour le porter. Ca n'est pas le moment de l'annonce de la candidature, c'est le moment du projet, et viendra le temps du top départ. Et bien cela, on le décidera ensemble.
Jean-Louis Borloo avait quelques lieutenants médiatiques, je pense par exemple à Rama Yade. Rama Yade vous a appelé par exemple hier. Elle vous a dit : "Allez vas-y Hervé, maintenant c'est toi qui reprend le flambeau ?"
Ecoutez, je ne vais pas non plus vous faire part de toutes mes conversations téléphoniques chaque matin.
Vous avez raison ! François Bayrou le disait : "Vouloir rassembler les centres, c'est comme vouloir mettre des grenouilles dans une brouette, elles sautent tout le temps". Et finalement l'image, non seulement elle est drôle mais elle n'est peut-être pas fausse.
C'est vrai qu'en tant que sauteur, il a été pas mal, aussi proche, appelant les socialistes à un parlement de l'opposition, faisant tribune avec Marie-George Buffet et aujourd'hui nous expliquant que peut-être que finalement c'est au centre-droit qu'il y aurait une... C'est pas mal non plus.
Hervé Morin - il n'est pas sûr d'être au deuxième tour de l'élection présidentielle, donc il y sera au premier - était l'invité de RTL ce matin.
Ha, vous aimeriez tellement que je vous le dise...
Vous l'avez dit...
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