EDITO VIDEO - Les chiffres de l'OCDE : des statistiques oui, mais qui lisent l'avenir du monde
Créé le 04/12/2011 à 16h02

Claude Guéant / AFP
Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant rejette la "théorie du complot" dans l'affaire du Sofitel de New York et évoque un contrôle policier de Dominique Strauss-Kahn "au bois de Boulogne" en 2006, dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD). "Oui, j'ai entendu parler de cette histoire au cours de laquelle monsieur Strauss-Kahn avait été contrôlé au bois de Boulogne" par les policiers lors d'un "contrôle de routine", ajoutant que ce n'était "quand même pas la faute de la police s'il était là-bas ce soir-là!". Avoir recours à une personne prostituée n'est pas illégal en France et les clients de prostitués ne sont pas poursuivis.
"M. Strauss-Kahn n'était pas espionné par la police française !"
Claude Guéant est interrogé sur la thèse du "complot" dont, selon deux journalistes américain et français, DSK aurait été victime dans l'affaire du Sofitel, où une femme de chambre accuse l'ex-favori de la présidentielle de l'avoir violée. "Quand je lis que, sous prétexte que M. Strauss-Kahn a égaré son téléphone, on brode toute une théorie du complot, je suis interloqué. M. Strauss-Kahn n'était pas espionné par la police française ! C'est scandaleux de le prétendre aujourd'hui", déclare le ministre.
"Je trouve grave qu'on essaie de détourner le regard sur ce qui me paraît l'essentiel dans cette histoire: y a-t-il eu des fautes pénales et civiles commises ? La justice civile américaine se prononcera dans le volet civil", a répondu Claude Guéant. Dans ce dossier, la justice américaine a abandonné toute poursuite pénale. M. Strauss-Kahn a depuis été cité en France dans l'affaire de proxénétisme autour de l'hôtel lillois du Carlton, enquête instruite à Lille.
"Dans l'affaire du Carlton, attendons les développements à venir. Monsieur Strauss-Kahn sera bien entendu un jour. Maintenant, je souhaite qu'on tourne la page. Toute cette affaire est un long fait divers. La campagne présidentielle mérite mieux", dit Claude Guéant affirmant n'avoir su "qu'après les vacances d'été" que DSK était cité dans cette affaire.
"Ce n'est quand même pas la faute de la police s'il était là-bas ce soir-là!"
Il est ensuite relancé par le journaliste sur le fait qu'"en décembre 2006, la police aurait interpellé Dominique Strauss-Kahn dans le bois de Boulogne". "Oui, j'ai entendu parler de cette histoire au cours de laquelle monsieur Strauss-Kahn avait été contrôlé au bois de Boulogne par les fonctionnaires en charge de la surveillance de cet endroit lors d'un contrôle de routine", répond Claude Guéant. "Mais, il n'y a aucune procédure à ce sujet. Il n'était pas tombé dans un guet-apens de la police! Il n'était pas suivi. Ce n'est quand même pas la faute de la police s'il était là-bas ce soir-là !", dit-il.
A propos du Sofitel, Claude Guéant assure avoir "appris (l')arrestation dans la nuit et, le lendemain matin, je me suis assuré que le président de la République avait bien été informé". "Ce qui était le cas. Point. Imaginer que nous ayons pu appeler la justice américaine relève du fantasme pur et simple", dit-il, n'imaginant pas "que quiconque soit assez sot pour entreprendre une action de ce genre".
"Campagne de rumeurs et de sous-entendus"
Le ministre rejette également la thèse d'un piratage du Blackberry de DSK, qui aurait permis à l'UMP de consulter ses mails, un argument à l'appui de la thèse du complot: "Quand je lis que, sous prétexte que M. Strauss-Kahn a égaré son téléphone, on brode toute une théorie du complot, je suis interloqué."
Il dénonce une "campagne de rumeurs et de sous-entendus" qui "est un poison pour notre démocratie". "On n'a pas le droit de sous-entendre des choses aussi graves sur la base de faits aussi insignifiants. Encore une fois, si les Strauss-Kahn ont envie de se plaindre, qu'ils le fassent auprès de la justice, et celle-ci enquêtera", dit le ministre, fustigeant "fantasmes et foutaises".
Urvoas accuse Guéant de "mentir"
Le député finistérien Jean-Jacques Urvoas (PS) accuse Claude Guéant de mentir dans l'affaire d'un contrôle de police de DSK
Dans un communiqué, Jean-Jacques Urvoas le secrétaire national à la sécurité du PS rappelle avoir saisi le ministère en mai dernier, après l'affaire du Sofitel, à l'occasion d'un article du Monde daté du 24 mai, faisant état d'une note policière relative à un contrôle de DSK "dans un haut lieu des rencontres tarifées" de l'ouest parisien.
Selon Urvoas, Alain Gardère, alors directeur-adjoint de cabinet de Claude Guéant, lui aurait fait la réponse suivante : "Après recherche, il apparaît bien qu'aucun compte-rendu administratif concernant (la) vie privée (de DSK) n'existe et a fortiori n'a circulé en provenance de la police".
"Claude Guéant connaît le poids des mots", affirme le député PS du Finistère. "En conséquence, ou le préfet Alain Gardère m'a menti, ou bien le ministre Guéant ment à l'ensemble des Français, ce matin, dans le Journal du Dimanche", conclut-il.
Pour Cambadélis, Guéant "en fait trop"
Le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique
Strauss-Kahn, estime dimanche que le ministre de l'Intérieur Claude
Guéant en "fait trop" en évoquant un contrôle de l'ex-patron du FMI en
2006 au bois de Boulogne, ajoutant: "Cela finit par être suspect."
"DSK n'est plus candidat à l'élection présidentielle. Il est à terre.
Il doit faire face à des attaques de tous côtés. Et le ministre de
l'Intérieur en rajoute. Plantant sa petite dague. Pourquoi?" s'interroge
l'élu PS sur son blog.
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