
Gilbert Collard sur RTL le 15 mars 2012
Crédit : RTLCrédit : Jean-Michel Aphatie
Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Gilbert Collard.
Gilbert Collard : Bonjour.
Vous allez bien ?
Oui, très bien ; je vais d'autant mieux que je suis avec vous.
Le faux suspense des signatures est terminé : Marine Le Pen est maintenant certaine d'être candidate. Quel est votre objectif dans cette campagne, Gilbert Collard ?
D'abord, d'abord, d'abord... Je relève un parti pris dans votre question.
Ah, le faux suspense ça ne vous plaît pas.
Ce n'est pas que ça ne me plaît pas.
C'est juste pour vous réveiller. Allez !
Ah, je n'ai pas besoin d'être réveillé ; vous êtes un tel coq de micro que ça réveillerait tous les clochers des villages !
Quel est votre objectif de campagne ?
Non, non. Franchement, on nous croit ou on ne nous croit pas, finalement ce n'est pas très important. Mais ça a été vachement difficile...
... D'accord.
... Honnêtement. Et on peut nous croire pour une seule raison : c'est qu'on n'avait pas les crédits.
L'objectif ? Allez !
L'objectif de quoi ?
Dans la campagne. Qu'est-ce que vous voulez faire dans la campagne ?
D'abord, me faire inviter par monsieur Aphatie.
Oui, d'accord.
Ca, ça a été le principal.
(Rire !)
Alors quel est mon rôle, c'est ça la question ?
Je vous sens peu concentré ! Non, quel est votre objectif dans la campagne : premier tour ? Deuxième tour ? Marine Le Pen, Présidente ?
Ecoutez, je suis persuadé.
Oui.
Et ce n'est pas une persuasion rhétorique.
D'accord.
Je suis persuadé que dans ce désordre politique dans lequel est la France, dans cet espèce de tourbillon où se trouvent les Français, à la fois moral, économique, rien n'est joué. Un événement peut bouleverser complètement la donne. Je crois que Marine Le Pen peut - abruti celui-là qui dira, c'est sûr...-, mais je crois qu'elle peut dans la clarification de son combat, en fonction de ce qui se passe aujourd'hui, je pense qu'elle peut être au premier tour. Je le pense.
Au deuxième tour, vous voulez dire ?!
Au deuxième tour, oui.
D'accord.L'objectif de réduction du nombre d'étrangers entrant en France, Marine Le Pen le fixe à 10.000.
Oui.
Vous savez combien d'étudiants étrangers, de toutes nationalités confondues, entrent en France... ?
Oui, j'ai mes notes. J'ai pris des notes
Vous savez quel est le chiffre ?
Parce que j'ai pris mes notes, non mais vous allez me le dire ?
60.000.
Puisque vous avez vos notes, vous aussi. Oui
Oui. Ca veut dire que si on réduit à 10.000 qui est un objectif extrêmement...
... En cinq ans.
... Rigoureux.
En cinq ans.
Ca veut dire qu'il n'y a plus d'étrangers en France qui viennent étudier. C'est curieux comme proposition, non ?
Non. Mais attendez. Là... D'abord, il faut préciser que la réduction du nombre des étrangers se fera en cinq ans.
Oui.
Il faut quand même rappeler qu'il y a 150.000 Français qui partent travailler à l'étranger parce qu'ils ne trouvent pas de boulot d'ouverture...
Ah, et puis ça leur fait plaisir peut-être !
Vous savez...
Vous savez la vie ... il n'y a pas que l'obligation ; on n'est pas...
Si vous êtes maître du plaisir des gens, c'est une force que je ne sais pas, moi...
Non. Je veux dire qu'il y a des gens qui vont travailler à l'étranger par plaisir. Il n'y a pas que l'obligation, il n'y a pas que la faim qui les poussent à aller travailler à l'étranger ?
Non, mais je n'ai pas dit que c'était la flegme.
La faim. La faim.
Je n'ai pas dit que c'était la faim ; j'ai dit - parce qu'on dit tellement que les Français sont fainéants, que bon...
... Non, non.
Je pense que ce sont les difficultés qu'il y a à trouver du boulot parfois, et puis ce sont surtout les conditions de vie en France qui font que... Moi j'ai plein de copains qui partent parce qu'ils n'ont pas les moyens de travailler comme ils ont envie de travailler ici. Et puis, surtout, parfois on ne leur offre pas les ouvertures qui correspondent à leur formation, à leur diplômes. Bon.
Non, moi je parlais de l'inverse, là : les étrangers qui viennent en France.
Oui. Oui.
Bon. Je ne sais pas pourquoi j'ai l'impression, ce matin, que...
Non, non moi je suis quelqu'un d'attentif ; mais là, vous procédez par affirmations, bon.
Ah bon ! Non, j'ai posé une question. Non, non.
Je vous y ai répondu.
D'accord. Bon, on passe à une autre question, alors ?
Moi je pense franchement que le nombre d'étrangers depuis 1981, du reste 1980 pour être précis (Marchais l'avait dit). Qui peut prétendre aujourd'hui, en mettant de côté toute question de xénophobie parce que pour moi, le problème, ce ne sont pas les Immigrés. C'est l'immigration. Je fais bien la différence.
Oh là, c'est subtil ça !
Non, mais c'est subtil ; ça ne va pas vous déranger que ce soit subtil, j'espère.
Ah non, pas du tout, pas du tout ; non, mais c'est très subtil !
Bon, c'est le principal.
Non, non, bien sûr.
Non, on peut quand même aborder le problème de l'immigration qui est un problème politique sans pour autant tout de suite, y introduire des conceptions discriminatoires. Rappelez-vous...
... Vous dites ça à l'attention des gens du Front National ?
Ah non, je dis ça à l'attention de tout le monde, quoi ! Je pense vraiment que quand Georges Marchais, en 1980, après une décision du Comité Central où il y avait du reste le père de monsieur Laurent et où il y avait madame Buffet...
(Rire)
Oui, mais il faut quand même le rappeler quand même.
Je ne sais pas qui vous suit encore là. Mais allez-y.
Non, non. Je pointe simplement quelque chose qui est historique et qui dérange peut-être les belles âmes.
Ah.
Georges Marchais, en 1980, disait : "Il faut arrêter l'immigration".
D'accord, d'accord.
Et à l'époque, il n'y avait pas le nombre d'immigrés qu'il y a aujourd'hui. Alors, ça veut quand même dire que le problème, il se pose depuis un certain nombre d'années, non ? Bon voilà. Alors, est-ce qu'on va pouvoir continuer dans la situation économique qui est la nôtre à accueillir ; je rappelle aussi que Rocard l'avait dit. Bon, enfin, je veux dire, c'est extraordinaire quand même qu'on ne veuille pas entendre tout ce qui a été dit depuis des années et des années, qu'on considère qu'aujourd'hui, miraculeusement, on pourrait accueillir des immigrés qu'on ne pouvait pas accueillir en 1980, par exemple.
Allez, j'avais plein de questions ; mais comme le chronomètre a tourné assez vite. Vous savez, le matin, le temps passe nettement plus vite que le soir.
Oui, oui, oui, oui. Oui. .. Et pourquoi ça ?
Oui, oui. Ah, je ne sais pas ! Je n'ai pas résolu le mystère, mais je m'en rends compte avec vous, ce matin.
C'est étrange ! C'est étrange ça !
Alors, une dernière question...
Donc, vous ne seriez pas un homme du soir, alors ?
Eh bien, vous, vous n'êtes pas un homme du matin !
Eh bien , pourquoi ? Mais attendez ; mais qu'est-ce que ce préjugé ? Moi je suis un homme du matin...
(Rire)
Je réponds à vos questions. C'est vous qui posez des questions lentement, voilà ...
Ah oui, c'est ça, c'est ça ! Dernière question. Sondage CSA : Mélenchon, 11%. Il va finir par vous passer devant ? Vous n'avez pas peur ?
Non. Non. D'abord, vous auriez pu avoir la gentillesse de dire qu'en ce qui concerne le vote des Jeunes, Marine est quand même en deuxième position. Hein ! Ce n'est pas un élément négligeable quand on essaie de nous caricaturer comme un parti de Vieux avec le béret basque et la flute de pain sous le bras. Bon.
Vous avez quelque chose contre le béret basque ?
Ah non, pas du tout, j'adore...
D'accord. Ah, bien.
J'en ai même une collection très belle... Alors, j'adore...
Ah formidable !
Ah, j'adore les bérets basques.
Allez ! Allez !
Et j'aime bien les Basques. Je ne sais pas pourquoi, ce matin, j'aime bien les Basques !
Allez, d'accord.
Je ne sais pas.
Bon, eh bien voilà...

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