Les Dossiers de RTL.fr - Présidentielle 2012

"Moi, je n'invente pas une politique à trois mois du scrutin !"

François Hollande sur RTL le 1er février 2012

François Hollande sur RTL le 1er février 2012

Crédit : RTL

C'était l'événement politique sur RTL mercredi matin. François Hollande, candidat socialiste à la Présidentielle, a répondu aux questions de Jean-Michel Aphatie et Alain Duhamel entre 7h35 et 8 heures. Il a indiqué qu'il se garderait de fixer un objectif chiffré de baisse du chômage, contrairement à ce qu'avait fait Nicolas Sarkozy pour l'élection 2007. Il entend "faire revenir la croissance, car sans la croissance, pas de perspective de réduction du chômage sérieuse". "Je me garderai bien de faire des prévisions de cette nature", a dit le candidat PS à l'Elysée, tout en ajoutant : "Je veux faire baisser le chômage".

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François Hollande, candidate socialiste à la Présidentielle : "Moi, je n'invente pas une politique à trois mois du scrutin !"

Crédit : Jean-Michel Aphatie et Alain Duhamel

François Hollande, candidat socialiste à la Présidentielle : "Moi, je n'invente pas une politique à trois mois du scrutin !"

Crédit : RTL

Jean Michel Aphatie : Bonjour, François Hollande.

François Hollande : Bonjour.

Nous sommes désormais entrés dans la campagne électorale pour l'élection présidentielle, même si tous les candidats ne sont pas encore connus. Au cœur de cette campagne : le chômage. 152.000 chômeurs supplémentaires, l'année dernière. Avez-vous, François Hollande, un objectif chiffré de baisse du chômage durant votre quinquennat, si vous êtes élu en mai prochain ?

Moi je me garderai bien de faire des prévisions de cette nature. Je veux faire baisser le chômage.

C'est utile de connaître, d'avoir des chiffres, des repères dans une campagne électorale ?

Oui. Le Président sortant avait dit, lui, qu'il voulait que le chômage soit à 5% de la population active.

Et puis, la crise est passée par là.

A la fin de l'année 2012...

9,3...

Nous en sommes à près de 10.

Oui.

Vous croyez que je vais faire la même chose, que je vais annoncer aux Français des objectifs chiffrés pour, ensuite, aller les voir en leur disant : "La crise est passée par là ?" Je ne peux pas. "Je vais plutôt vous proposer un deuxième quinquennat pour y parvenir". Non.

Moi je ne fais pas cela. J'essaye de trouver des mesures qui permettent de réduire le chômage. Comment ? Chômage des jeunes ? Chômage des seniors ? C'est ma proposition de contrat de générations : emploi de ceux qui sont les plus loin du marché du travail. Ce sont les emplois d'avenir pour ceux qui sont dans les quartiers les plus difficiles, frappés par des taux de chômage élevés.

Réponse administrative...

Je ferai surtout en sorte de faire revenir la croissance ; parce que sans la croissance, sans la production de richesses, sans la capacité de créer, il n'y a pas de perspective de réduction du chômage sérieuse.

Réponse administrative : contrat de générations emploi d'avenir... Réponse administrative, réponse dépenses publiques, pas des réponses par le marché, par la création d'emploi.

Mais dans un premier temps, quand il n'y a pas de croissance, vous savez qu'en 2012, nous aurons sans doute zéro pour-cent de croissance. On nous dit : un demi point. Mais les experts disent plutôt zéro pour-cent. Donc, dans un premier temps, ce que les Français veulent savoir, c'est ce que je ferai, s'ils me donnent leur confiance au mois de juin, juillet. Je ne vais pas, d'un seul coup, parce que je serai devenu Président de la République, d'un claquement de doigts, dire la croissance est là. Elle ne sera pas de retour. Donc, je vais la préparer. Et donc, j'ai découpé, si je puis dire, mon quinquennat possible en deux temps.

Premier temps : les réformes de structures nécessaires, indispensables : redressement des comptes publics, redressement de la production, réforme de la décentralisation, nouveaux transferts de compétences vers les collectivités locales, grandes négociations sur l'emploi, le travail. Tout ça prendra du temps avant de donner ces résultats. Et donc, dans l'attente, je prendrai des mesures pour l'emploi des jeunes. Je ferai cette disposition pour le contrat de générations de façon que les seniors restent dans l'emploi et que les jeunes puissent être recrutés à contrat à durée indéterminée. Heureusement qu'il faut prendre parfois des mesures fortes sur le plan administratif et politique.

Alain Duhamel : François Hollande, vous avez expliqué très souvent que les classes moyennes seraient épargnées par votre réforme fiscale. Alors, j'ai regardé. Il est question de réforme du quotient familial, de progressivité sur les prix de l'énergie, de hausse de cotisations vieillesse, de charges sociales sur l'épargne salariale, plus tard de fusion CSG-Impôt sur le Revenu. Tout ça, ça concerne aussi les classes moyennes ?

Prenons quelques exemples. Vous les avez cités. Quotient familial : il y a un plafond aujourd'hui. Un peu plus de 2.300 euros.

Oui.

Je le ramène à 2.000 euros, c'est-à-dire que toutes les personnes, les ménages, en l'occurrence les familles qui sont au-dessus de six Smic, seront épargnées..

Oui.

Enfin, celles qui sont au-dessus de six Smic seront donc touchées par ce dispositif, et perdront à peu près 300 euros. Six Smic.

Oui.

En-dessous de six Smic, il n'y aura aucun changement, et même pour les personnes qui ne sont pas imposables, qui ont des enfants, l'Allocation de Rentrée Scolaire sera augmentée de 25%. Voilà la justice.

Charges sociales sur l'épargne salariale, par exemple. Ca concerne beaucoup de gens...

Mais ça, c'est une disposition qui est celle fondée sur la justice. Vous avez un revenu par l'intéressement, par la participation. Vous devez participer au financement des retraites...

... Oui, mais je veux dire, ça va toucher donc...

D'ailleurs, d'un certain point de vue, si cette mesure est prise, il y aura aussi à terme une amélioration des retraites, puisque ça voudra dire que ces revenus-là ont été appelés à cotisations.

Et ce qui moi m'a laissé le plus incertain, en lisant, c'est l'idée d'introduire une progressivité sur les prix de l'énergie.

Non, il ne s'agit pas d'une progressivité selon les revenus. Il s'agit de faire une progressivité selon la consommation. Forfait de base pour une consommation minimale, et puis, lorsque vous consommez beaucoup d'eau, d'électricité, de gaz, eh bien votre tarif progresse. C'est aussi un facteur d'économie d'énergie.

Aujourd'hui - ce matin -  il y a des augmentations de prix, par exemple sur les péages, ou bien sur le gaz, etc. On sait que le prix de l'essence est exceptionnellement élevé en ce moment. Vous, vous avez des recettes concrètes pour freiner ces prix. L'inflation, c'est de Droite ?

Vous savez lorsque le prix du pétrole augmente, ça augmente pour tout le monde que vous soyez de Gauche ou de Droite. Pour tous les gouvernements...

... Oui, justement. Alors ?

Sauf que moi j'ai fait une proposition. J'ai dit que dans ces moments-là où il y a une tension particulière sur les prix, il faut calmer le jeu, voire les marges avec les distributeurs. J'ai dit donc : blocage du prix de l'essence pendant trois mois. Et puis, introduction d'un mécanisme que chacun peut comprendre.

Est-ce qu'il est normal que l'Etat gagne des recettes fiscales lorsque le prix de l'essence augmente à la pompe ? Je dis : non. Il faut récupérer ce que l'Etat gagne indument puisque la TVA, qui va d'ailleurs augmenter, la TVA est fonction du prix de l'essence.

Mais ça, c'est un système, c'est un cliquet provisoire, ou c'est quelque chose que l'on peut généraliser ?

C'est une mécanique qui est tellement évidente et simple qu'elle peut se pérenniser. Ce n'est pas ça qui va faire baisser considérablement le prix de l'essence. Mais il n'y a pas de raison que l'Etat gagne de l'argent sur la hausse du prix du pétrole !
   
Autoroutes, gaz, électricité...

Alors sur l'autoroute, je vais dire un mot sur l'autoroute parce que là, il y a des concessions qui ont été accordées. Vous savez qu'un certain nombre de grandes entreprises sont très intéressées par les nouveaux travaux qui peuvent se faire sur l'autoroute. Ca mérite une discussion avec ces grands opérateurs.

De quelle nature ?

Eh bien de dire : qu'est-ce que nous faisons ensemble sur les dix, les vingt prochaines années ? Quels travaux nous lançons ? Et avec quelle contrepartie, en termes de prix ? Donc, ça fait partie, là aussi, de ce que la politique peut faire.

Vous pourriez revenir sur les privatisations d'autoroutes ?

Non, je n'ai pas dit cela. J'ai dit que dès lors qu'il y a des privatisations...

... On ne peut pas revenir sur ces privatisations ?

Ah, on peut toujours nationaliser. On peut reprendre...

Ce n'est pas votre souhait ?

Eh bien, il faut racheter. Le problème, c'est que c'est les autres qui ont récupéré une manne importante, et c'est nous qui devrions payer ? Comment ? Avec quels sous ? Les sous des Français ? Sûrement pas. Donc, ce que nous pouvons faire, c'est que vis-à-vis de ces opérateurs qui sont très intéressés par un certain nombre de lancements de nouveaux chantiers, avoir une discussion avec eux, y compris sur les prix parce que quand même !...

Vous avez entendu les reportages qui ont été faits  là sur votre antenne où un certain nombre d'automobilistes vont renoncer à prendre l'autoroute, au risque pour la sécurité. Comment peut-on l'admettre ?

Oui.

Vous voulez aussi réduire les déficits. Comment est-ce que vous faites pour y parvenir sans diminution de dépenses publiques et avec une croissance, disons, en ce moment, en tout cas : introuvable ?

S'il n'y a pas de croissance, nous n'atteindrons pas les objectifs de réduction des déficits publics.
   
Même vous ? Même vous ?

Le risque, c'est que la croissance soit faible.
   
Mais il faudra le dire, parce qu'il faut dire aux Français ce qui est possible, et ce qui ne l'est pas. D'où ma position par rapport au Traité européen. Nous devons mettre de la croissance par rapport à des disciplines qui sont nécessaires. Autant je suis favorable à ce que nous retrouvions l'équilibre de nos Finances publiques à la fin de l'année 2017, avec une étape très importante en 2013, autant je dis qu'il faut mettre de la croissance.

La croissance en France : redresser la production. La croisance en Europe. Comment allons-nous faire s'il y a une croissance raisonnable ? Il faudra augmenter un certain nombre de prélèvements. J'ai préféré alerter les Français. De toute manière, quel que soit le Président qui sera élu au mois de mai, il y aura une augmentation des prélèvements. D'ailleurs, le gouvernement sortant, le Président sortant, ont envoyé une stratégie de Finances publiques à Bruxelles dans laquelle il est prévu une augmentation des prélèvements obligatoires de 2% de la richesse nationale.

Donc, le grand débat de l'élection présidentielle, c'est pas de savoir s'il y aura des impôts ou s'il y aura pas plus d'impôts, c'est de savoir qui va payer les impôts.

C'est gai !

Ecoutez, il faut bien redresser les comptes publics. Ce n'est pas moi qui les ai dégradés. Donc, il va falloir qu'il y ait une augmentation de prélèvements. Qui va assurer cette augmentation de prélèvements ? Et j'ai dit : ce seront les revenus élevés et les patrimoines importants et les grandes entreprises. Et, en tout cas, pas une très grande majorité de nos concitoyens.

Et qu'est-ce que nous propose le Président sortant ? Une augmentation de la TVA ! Vous avez donc là tout à fait le résumé de ce que va être le débat dans l'élection présidentielle. Le Président sortant - candidat sortant - va augmenter les prélèvements sur tous les Français ; et si les Français me donnent leur confiance, je n'augmenterai les prélèvements que sur ceux qui ont reçu beaucoup de cadeaux fiscaux depuis cinq ans et qui ont les plus gros revenus et les plus importants patrimoines.

Vous parliez des déficits, François Hollande. Vingt-cinq des vingt-sept pays européens se sont entendus, lundi, à Bruxelles pour les limiter très strictement, c'est inscrit dans un traité désormais. Il ne faudra plus dépasser, selon certaines normes, des déficits. Il ne faudra plus retrouver des déficits comme on en a beaucoup connus en Europe. "La parole de la France est engagée", a dit hier, Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères. Si vous êtes élu en mai, la parole de la France est engagée quand même  ?

Le traité sera signé dans quelques semaines. Il ne sera pas ratifié.

Non ?

Je rappelle que ce n'est pas le Président de la République qui ratifie les traités.
 
C'est le Parlement.

C'est le Parlement. Le Parlement sera donc renouvelé pour ce qui concerne l'Assemblée nationale au mois de juin ; et c'est le Parlement qui, au mois d'octobre, aura à ratifier ce traité.

Et vous conseillerez au Parlement de ne pas ratifier ?

Pour ce qui me concerne, j'ai prévenu nos partenaires. Je suis candidat à l'élection présidentielle. Je ne suis pas élu. Ce sont les Français qui vont décider. Si les Français me choisissent, j'ai prévenu nos partenaires, et notamment notre partenaire allemand. J'ai dit que nous, nous respecterons nos engagements en matière de discipline budgétaire. Je présenterai une loi de programmation de retour à l'équilibre pour les Finances publiques.

Et donc, la ratification du traité ?

Mais, mais pour le traité, j'ai dit : s'il n'y a pas une dimension de croissance, de soutien de l'activité et de l'emploi et d'une coordination efficace des politiques économiques, nous ne pouvons pas, en l'état, reprendre ce traité.

Ce ne sera pas une incertitude sur les marchés. Ca ne risque pas de nous coûter cher quand on voudra emprunter ?

Qui nous dit que nos partenaires ne vont pas ajouter, améliorer, compléter, négocier sur ce point une disposition qui permettra à la croissance de revenir ? Moi je pense que le vote du peuple français nous sera précieux, utile. Utile à la France et utile à l'Europe, parce que de toute façon, je l'ai dit à Alain Duhamel : s'il n'y a pas de retour de la croissance, il n'y aura pas, pas simplement en France, partout ailleurs, de retour aux équilibres nécessaires des Finances publiques.

Petite phrase de Nicolas Sarkozy, hier, devant les parlementaires de l'UMP : "Je suis l'ennemi de la finance. Ah, avec ça, on va bien manger à midi !" Ca vous visait ça, François Hollande qui êtes l'ennemi de la Finance.

Je ne sais pas qui a pu prononcer ces propos...
 
Nicolas Sarkozy.

... Nicolas Sarkozy. Très bien, qu'il le fasse publiquement.

Mais c'était pratiquement publique puisque les témoignages sont multiples. Il l'a dit devant les parlementaires.
"Je suis l'ennemi de la finance. Ah, avec ça on va bien manger à midi".

Oui. Eh bien, écoutez si on pense que c'est la Finance qui doit régir les Etats, continuons !

Non, je crois que ce que voulait dire le Président, c'est que...

... Ah je ne sais pas ce qu'il voulait dire. Mais en tout cas, s'il n'y a pas une volonté politique forte pour dominer les mouvements spéculatifs sur les marchés, pour mettre l'économie en ordre, c'est-à-dire sans turbulences ; s'il n'y a pas une volonté de lutter contre ce qui a été fait : les produits financiers toxiques, sur une forme de spéculation qui vient des paradis fiscaux ou des fonds spéculatifs ; moi je ne le veux pas. Donc, il y a ceux qui à un moment, ont prononcé des discours, je n'aurai pas la cruauté de rappeler ceux de Nicolas Sarkozy et à ceux qui vont s'engager dans une politique effectivement qui mettra la finance au service de l'économie.

Il vous apparaît important maintenant que Nicolas Sarkozy soit candidat, que le débat s'engage entre vous ?

Ca m'est totalement indifférent !

A ce point ?

Je ne me préoccupe pas de savoir ce que va faire tel ou tel, en l’occurrence le Président sortant. La seule chose qui m'intéresse, c'est de convaincre les Français.

Mais il faut avoir un adversaire ? Il faut comparer les projets ? Il faut débattre ?

Mais il y a un bilan. Chacun peut faire la comparaison. Personne ne peut croire qu'une autre politique sera engagée que celle qui a été faite depuis cinq ans si Nicolas Sarkozy est reconduit.

En ce qui concerne l'immigration, vous avez dit qu'il n'y aura pas de régularisation générale. Bon ! Qu'est-ce que vous faites de différent ? Je ne parle pas du ton, je parle des objectifs, des reconduites à la frontière, etc.

Aujourd'hui, il y a 30.000 régularisations qui se font chaque année, avec des paramètres qui varient d'ailleurs selon les préfectures. Donc, il y aura des critères qui devront être fixés sur tout le territoire et des régularisations au cas par cas. Celles et ceux qui peuvent parce qu'ils ont construit une famille ici, ont un travail, en l’occurrence plus ou moins clandestin, et sont en France depuis longtemps, seront régularisés comme ils doivent l'être ; et ceux qui ne le seront pas, seront raccompagnés et reconduits. C'est la règle dans une République organisée.
   
Rien de très différent alors par rapport à ce qui se passe aujourd'hui ?

Si ! D'abord, nous aurons une transparence, une objectivité des conditions plutôt que ce sentiment que celui-là peut l'être, et celui-là ne l'est pas avec un arbitraire.

Deuxièmement, moi je n'ai pas besoin de stigmatiser les immigrés pour mener une politique de maîtrise des flux.

Vous conserverez un ministère de l'Immigration ?

Un ministère de l'Intérieur suffit !

Intérieur ? Immigration ? Vous enlèveriez de l'intitulé du ministère le mot "immigration" ?

Ce problème doit être traité.

Vous le feriez ?

Doit être traité dans un ministère. Jusque-là, avant que Nicolas Sarkozy vienne inventer un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, vous vous souvenez de ça ? Vous vous souvenez...

Oui. Mais ma question... Parce que vous dites là ?

Moi je vais vous dire que ce qui a quand même été annoncé dans une campagne, ministère de l'Immigration et de l'Identité...

... Vous enlèveriez le terme "immigration" de l'intitulé du ministère ?
 
Ca peut se faire au niveau du ministère de l'Intérieur.

Donc, vous l'enlèveriez ?

Mais enfin, le ministère de l'Intérieur est chargé de la politique de l'Immigration.

La question est simple.

Pourquoi aller rajouter un mot ?

Donc, vous l'enlèveriez ?

Mais aujourd'hui, il ne l'est pas. Je ne sais même pas s'il l'est ?

Oui, il l'est.

Marine Le Pen se plaint beaucoup de ce qu'elle n'arrive pas à réunir les 500 signatures nécessaires pour se présenter. Est-ce qu'il vous paraît concevable qu'en démocratie, quelqu'un qui est crédité de 15% à 20%, selon les cas, de voix puisse ne pas se présenter ?

Il y a des règles. Elles ont été posées. Il faut avoir 500 signatures. Jusque là, d'ailleurs, la famille Le Pen a toujours été capable de retrouver ses 500 signatures. Donc, je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas le cas cette fois-ci.

Et si elle n'y parvient pas ?

Ce n'est pas moi qui vais lui donner quand même !

Non, mais ce n'est pas la question. Mais est-ce que ça vous paraît satisfaisant pour les conditions de l'élection à laquelle vous participez ?

Quand cette règle a été posée...

... En 1976.

... Elle n'a pas suscité de débat particulier ! Elle n'a pas empêché des candidats de se présenter ! Donc, il y a une candidature qui, dans les sondages, fait un certain nombre d'intentions. Les maires qui pensent qu'elle doit, madame Le Pen, être candidate, lui apporteront leur parrainage. Les maires qui ne le pensent pas, ne le feront pas.

Mais je ne vais pas ici dire : vous savez, il y a une règle, mais le mieux ce serait qu'elle ne s'applique pas ! Mais non, il y a une règle ! Elle s'applique.

Vous entendez comme nous l'UMPS ?

Non, je n'entends rien !

"On n'a plus confiance" : on ne vous dit jamais ça ?

Non. Je ne sais pas, peut-être certains vous le disent.

Hum, hum... Oui, des auditeurs peut-être vous le diront-ils tout à l'heure à 8h30.

Moi ce que les Français me disent c'est qu'ils ne vont pas bien, que c'est dur, que c'est une réalité qu'ils n'acceptent pas de ne pas avoir de vision de leur avenir, de s’inquiéter pour leurs enfants, de ne pas avoir le sentiment qu'il y a des règles et qu'elles sont appliquées. Cette manière de présider qui fait que à trois mois d'une élection, il est annoncé des mesures dont aucune, je dis bien aucune, ne sera appliquée avant le mois de mai. Oui, ils demandent qu'il y ait un changement.

Alors, après, quel changement ? Qui peut porter le changement ? Et donc ma responsabilité c'est de dire : Oui, un changement est possible, pas simplement un changement de Président, un changement de politique ; et ensuite, il est nécessaire que ce changement réussisse pour la démocratie, parce que si les alternances se succèdent, encore que ça fait dix ans qu'on n'a pas vu une alternance en France, si les alternances se succèdent et que rien n'est modifié dans la vie  de nos concitoyens, alors à ce moment-là, ils se poseront légitimement la question de savoir s'il ne faut pas aller chercher une autre force pour conduire le pays.

Vous vous sentez prêt à gouverner aujourd'hui, François Hollande ? Vous êtes prêt ?

Vous croyez que depuis plusieurs mois, je ne me suis pas préparé à ce rendez-vous ?

Je vous pose la question.

Ca fait presque des années que je suis en mouvement ; et si je n'étais  pas prêt, je ne me serai pas présenté. Moi je ne suis pas dans l'improvisation. Ce n'est pas à deux mois ou trois mois que j'invente une Politique. Je ne sors pas de mon chapeau deux, trois propositions de ma poche pour faire bon poids dans l'élection présidentielle. Ce que j'annonce, je l'ai réfléchi depuis longtemps.

Et puisque vous êtes préparé, vous avez déjà en tête, par exemple, le nom de votre Premier ministre. Vous vous dites, comme je suis pour la parité, il faut que ce soit une femme... En cas de victoire, votre équipe est dans votre tête ?

Alain Duhamel, je me dis d'abord : gagnons l'élection présidentielle ! Et ce serait tomber dans un piège - pas celui que vous me tendez parce que vous ne m'en tendez aucun -, mais ce serait tomber dans le travers que certains de mes adversaires voudraient trouver dans ma démarche que d'annoncer déjà que j'ai choisi un Premier ministre, composer un gouvernement.

Pardon ! Je ne ferai pas cette erreur ; et d'ailleurs, non pas pour ne pas la faire, mais tout simplement parce que je respecte  le vote des Français, parce que rien n'est joué, rien n'est fait, rien n'est acquis et tant qu'il n'y a pas une majorité de suffrages qui se sont portés sur mon nom, je ne parle pas des intentions de vote dans des sondages, eh bien moi je considère que tout est à démontrer.

Après cette interview, François Hollande a répondu aux questions des auditeurs de RTL entre 8h35 et 8h50.

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628commentaires
Signaler un abus top cavapadidonc le 01/04/2012 à 13h57 Et en plus, il avoue le Monsieur. Tout le monde le savait pourtant que les bonnes idées viennent d'ailleurs. Pour Mr Hollande et le PS, pour faire avancer le pays, le seul recours est d'augmenté votre taxe foncière, votre taxe d'habitation, vos impôts sur le revenu par toutes les astuces possibles pour assurer son train de vie "royal" ainsi qu'à ces éléphants. Regardez bien vos mairies, conseils généraux, régionaux, ils sont couverts de marbre ainsi que les bureaux des Messieurs Dames du PS.
Signaler un abus top sacapipi le 19/02/2012 à 09h28 qui croire?sauf le peuple peut decider de son sort,parlons de la tva:plantes,plats prepares ont agmentes de 5,5 a 7,le carburant c est la flambee;l austerite est toujours pour memes,les politiques quel que soit leur parti ne pensent qu a leur privileges
Signaler un abus top gig31nac le 04/02/2012 à 22h33 on le sait pépére que tu as rien inventé!!
pas la peine de le crier surr les toits..
Signaler un abus top patrickkkk le 04/02/2012 à 13h08 13h07 - patrickkkk - 04/02/12
suite et rassurez vous , bientot , avec le ps , ils voteront !! cela laisse reveur ? Non ?
Signaler un abus top ACGivry le 04/02/2012 à 11h11 Il faut descendre au niveau du caniveau pour lire les derniers commentaires. Mou ou arrogant, il va falloir choisir. Et ce genre de qualificatifs, ce sera un peu léger (si l'on peut dire) pour empêcher les français d'élire Hollande. Vite, allons au moi de mai pour changer d'époque et démarrer dans l'équité le redressement du pays, abaissé et maltraité ces dernières années!
Signaler un abus top Chlorophyle le 04/02/2012 à 10h58 Allez demander aux Espagnols et aux Grecs s'ils n'auraient pas aimer échanger leur Zappatero et Papandreou contre notre Sarko. Alors le zapattero-Papandreou enfariné de tulle, le Mou irresponsable et incompétent, SILENCE. La France a déjà donné avec Mitterrand, Maurois, Jospin, Fabius. Avec la gauche, c'est droit dans le mur...


Signaler un abus top 99soleil99 le 04/02/2012 à 10h31 pour tout connaitre sur les 14 de pouvoir de MITTERRAND
IL suffit dE lire le livre du capitaine Paul BARRIL lui qui était temoin de tous ses secrets GIGN !
LIVRE ANCIEN OK ...mais encore d actualités ..on comprend ceux qui s'accrochent au pouvoir" par procuration ....leurs secrets .....
on trouve aussi ......sur le NET !!
Signaler un abus top 99soleil99 le 04/02/2012 à 10h24
http://www.youtube.com/watch?v=Kxx32TKq5WY&;

ecoutez MICHEL DRUCKER
vous avez la reponse ..
Signaler un abus top gig31nac le 04/02/2012 à 10h23 temoin39...
je suis pas d'accord!!
on, entend que les bobos de gauches dans les médias!!
les journalistes sont pro hollande et ne s'en cache la télé ;à la radiopas!!
les membre du ps sont les plus invités partout!!
à la radio..
en 2 eme position l'ump..
et en dernier marine...
elle ne passe que sur rtl..
merci apathie..
Signaler un abus top 99soleil99 le 04/02/2012 à 10h22 HOLLANDE "avec ses 2 femmes" il est dans l air du temps ...
1 *** qui lui a fait des enfants et qu il a remballée et qui lui 'colle" aux basques pour avoir la presidence du "perchoir" car il a a dejà distribuer "les roles" !

l autre ....POUR LE PLAISIR
pas mal !!
ils sont riches
mais ils RICHES millionnaire
mais ils n ont aucun respect de soit §
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