François Hollande, qui a atterri à 8h30 (4 heures GMT) à Kaboul, se rendait pour la première fois en Afghanistan depuis son élection le 6 mai. Il a décidé d'accélérer le retrait des troupes combattantes françaises de ce pays, mais a assuré dès son arrivée que ce retrait serait "ordonné et coordonné".
Selon son entourage, le Président, qui est également chef des armées, souhaitait "expliquer lui-même" aux soldats français engagés au sein de la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité (Isaf) de l'OTAN, pourquoi il avait décidé d'anticiper leur retrait à la fin 2012, un an avant la date prévue par son prédécesseur Nicolas Sarkozy et deux ans avant celui du reste de la force de l'Alliance atlantique.
"C'est une décision souveraine. Seule la France peut engager la France. Elle sera mise en œuvre en bonne intelligence avec nos alliés, notamment avec le président Obama, qui en comprend les raisons, et en étroite concertation avec les autorités afghanes", a affirmé François Hollande depuis la base de Nijrab, en Kapisa, où sont stationnés la plupart des militaires français.
"La menace terroriste qui visait notre territoire comme celui de nos alliés en provenance de l'Afghanistan, sans avoir totalement disparue, a été en partie jugulée", a-t-il également justifié.
"La France maintient ses liens avec ce pays. Nous poursuivrons nos projets de développement" en Kapisa et Surobi, deux territoires dont la sécurité est depuis longtemps sous le contrôle de l'armée française au sein de la force de l'Otan (Isaf), a observé François Hollande.
"Ce n'est pas aux alliés de définir l'avenir de l'Afghanistan" mais "aux Afghans et à seuls de prendre le chemin qu'ils choisiront librement", a-t-il lancé.
François Hollande, qui a rendu hommage aux "83 soldats français tombés en faisant leur devoir, a ensuite rencontré son homologue afghan à Kaboul. Lors d'une conférence de presse au côté d'Hamid Karzaï, il a souhaité que la France reste présente en Afghanistan, mais "différemment", dans une dimension plus "civile" ou "économique". Le chef de l'Etat, grâce aux investissements français à venir, souhaite permettre "aux Afghans d'être auto-suffisants.
Le Président français avait annoncé ce départ anticipé dès le début de sa campagne électorale et l'a défendu la semaine dernière devant le président des Etats-Unis Barack Obama, lors du G8 de Camp David, puis au sommet de l'Otan à Chicago. Il a affirmé à plusieurs reprises que cette position n'était "pas négociable".
Depuis le début du mois de mars, le futur ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian était en outre allé défendre cette position dans les principaux pays de l'Alliance atlantique.
Il y a actuellement 3.350 soldats français en Afghanistan.
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