EDITO VIDEO - Les chiffres de l'OCDE : des statistiques oui, mais qui lisent l'avenir du monde
Créé le 03/02/2012 à 09h45

François Fillon / AFP
Invité jeudi soir de l'émission politique "Des paroles et des actes", sur France 2, François Fillon a défendu le bilan du gouvernement et plaidé pour la continuité des réformes, notamment pour réduire les déficits. "Il y a 100 milliards de déficits qu'il faut, d'ici 2016, faire disparaître", a-t-il dit. Le plus à même de mener à bien cette politique est Nicolas Sarkozy, a suggéré le Premier ministre. "Ma conviction, c'est que dans cette crise, les Français choisiront le plus solide." François Fillon a esquissé un mea culpa sur l'action du gouvernement, mais a insisté sur le fait que Nicolas Sarkozy et lui-même avaient toujours fait face à leurs responsabilités. "Bien sûr que nous n'avons pas tout réussi, bien sûr qu'il y a eu des espérances que nous avons déçues, mais personne ne pourra nous accuser à l'issue de ce quinquennat d'avoir fait preuve de lâcheté", a-t-il plaidé.
"Personne ne pourra nous reprocher d'avoir fait preuve de lâcheté !"
François Fillon a exprimé jeudi comme principal regret de son quinquennat à Matignon le "flottement" de 2007 sur la TVA dite sociale, ajoutant qu'il fallait "le faire maintenant", en référence à la volonté du chef de l'Etat de mettre cette mesure sur les rails d'ici mai.
Comme on lui demandait sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2 pourquoi le gouvernement voulait mettre en œuvre cette mesure à moins de trois mois de la présidentielle, il est revenu sur le volte-face de 2007, durant l'entre-deux-tours des Législatives.
"Sur le coût du travail, vous vous souvenez qu'on avait envisagé de la faire en 2007. Il y a eu une hésitation de la part de l'équipe gouvernementale, de la part de la majorité qui a conduit à une incompréhension de la part des Français", a avancé le Premier ministre, reconnaissant que cela avait "sans doute (eu) une réaction en termes électoraux" lors des législatives de l'époque.
"Il ne faut jamais hésiter. Quand on gouverne, il faut décider et mettre en œuvre les réformes (...). Là il y a eu un peu de flottement, ce flottement a rendu plus difficile pendant un certain temps la mise en œuvre de cette réforme", a-t-il ajouté.
"Bien sûr, nous n'avons pas tout réussi, bien sûr qu'il y a eu des espérances que nous avons déçues, bien sûr la crise a bousculé un certain nombre des réformes que nous voulions engager", a expliqué le Premier ministre dans l'émission "Des paroles et des actes". "Mais personne ne pourra nous reprocher d'avoir fait preuve de lâcheté, de ne pas avoir eu le courage d'affronter les situations telles qu'elles étaient et de dire la vérité aux Français", a-t-il ajouté.
Après Matignon ? "Toutes les options sont ouvertes"
Rappelant son opposition au mariage homosexuel, auquel il préfère un contrat, et pointant le "bluff de Marine Le Pen" au sujet de sa quête des 500 signatures, il a émis des réserves à l'égard d'une éventuelle introduction d'une dose de proportionnelle, récemment évoquée par Nicolas Sarkozy. "Je ne suis pas fermé à ce débat, mais ma première réaction n'est pas favorable", a-t-il glissé.
Le chef du gouvernement, très loyal envers Nicolas Sarkozy depuis sa reconduction à la faveur du remaniement de novembre 2010, a dit avoir formé avec le Président "un couple efficace et harmonieux". Il a dit n'avoir songé à abandonner ses fonctions qu'une seule fois, en raison d'une sciatique. "Quand on ne peut même pas s'asseoir dans sa voiture, c'est compliqué", a-t-il dit.
François Fillon, qui se présentera au printemps prochain aux Législatives à Paris et pourrait briguer deux ans plus tard la mairie de la capitale, a dit se garder "toutes les options" pour son avenir personnel, sans être plus précis. Sa question d'une candidature à la présidentielle de 2017 "n'a pas d'intérêt aujourd'hui", a-t-il dit, sans fermer tout à fait la porte.
Fillon ne renie pas Sarkozy face à Aubry
Une semaine après un face-à-face dans la même émission entre le candidat socialiste François Hollande et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé qui, selon de nombreux observateurs, avait tourné à l'avantage du premier, François Fillon a été confronté à Martine Aubry.
"J'aurais aimé vous entendre parler des atouts de la France", a lancé au Premier ministre la première secrétaire du PS, battue par François Hollande lors de la primaire socialiste. François Fillon a une nouvelle fois accusé l'opposition socialiste de noircir de manière caricaturale le bilan du gouvernement. "Laissons les Français juger", a répondu Martine Aubry, qui a qualifié d'"inutiles et injustes" les dernières mesures annoncées par le gouvernement, notamment la hausse de la TVA.
La socialiste, qui pourrait lui succéder à Matignon en cas de victoire de François Hollande à la Présidentielle, est sortie toutefois des questions économiques et budgétaires pour l'attaquer sur les discours de Dakar (2007) et de Grenoble (2010) de Nicolas Sarkozy, regrettant qu'"on ne l'ait pas entendu à ce moment-là". "J'étais d'accord avec le discours de Dakar", a rétorqué François Fillon, pour qui ce discours a été "caricaturé". 
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