Trouvez-vous normal que Nicolas Sarkozy intervienne dans le dossier syrien ?
Sondage ouvert le 09/08/2012
* sondage à valeur non scientifique Tous les sondages RTL
Florian Philippot sur RTL le 23 avril 2012
Crédit : RTLCrédit : Philippe Corbé
Crédit : RTL
Philippe Corbé : 100 jours de présidence Hollande. J'imagine que vous n'allez pas nous dire qu'il est formidable et que vous avez pas plébicité cette entrée en matière. Mais est-ce qu'il y a quand même dans ces 100 jours un élément que vous appréciez ou quelque chose que vous voudriez souligner ?
Florian Philippot : Alors qu'il ne suscite pas l'enthousiasme, c'est le moins que l'on puisse dire, mais je crois qu'il n'a jamais suscité l'enthousiasme, dès son élection.
Mais est-ce qu'il n'y pas quand même quelque chose dans ces 100 jours ? Il y a tout à jeter ?
Non, il y avait un point qu'on avait souligné, mais finalement, même là, il ne va pas au bout de son engagement, c'était le retrait d'Afghanistan. Mais ensuite, il nous a expliqué que finalement, il allait laisser 1200 forces, 1200 hommes en plus. Donc finalement, même cet engagement là n'est pas tenu.
Même dans la forme, dans le style, il n'y a pas une différence avec la Présidence Sarkozy que vous aviez dénoncé par exemple dans la forme.
Il y a peut-être un petit moins d'agitation. C'est vrai. C'est peut-être un petit plus serein, mais sur le fond de la politique, parce que c'est ça qui compte, c'est ce qui compte pour le porte-feuilles des Français, pour leur sécurité, eh bien on doit dire qu'on n'est même pas déçu ou surpris en bien. On a ce qu'on devait avoir. C'est-à-dire un Président qui ne fait pas grand chose. Et un Président qui ne fait surtout pas grand chose pour les Français qui en ont besoin. Je veux dire, où est la grande réforme fiscale pour les classes moyennes ? Où est la justice fiscale ? On nous avait annoncé la justice fiscale. On l'attend toujours. On l'a pas. Où est la justice fiscale pour les petites entreprises qui payent beaucoup plus d'impôts que les grandes entreprises ? Où est le rétablissement de la sécurité ? Parce que je vois Mr Valls qui s'agite. Mr Valls imite un peu Mr Nicolas Sarkozy pour le coup. Il s'agite, voilà, il fait le plan com, le plan Roms, le plan com, comme l'avait fait Sarkozy.
S'il avait refusé de les démanteler, vous seriez là ce matin sur RTL et vous diriez c'est un scandale. Il ne démantèle pas les camps de Roms, c'est illégal.
Non certainement pas. Il faut les démanteler. Mais il faut faire quelque chose de plus utile, puisque démanteler, on le fait tous les étés, et on voit que ça sert pas à grand chose, et on le fait généralement sous les caméras. Non, ce qu'il faut faire, c'est contrôler nos frontières. Reprendre le contrôle de nos frontières, l'arracher à des décisions européennes qui sont complètement absurdes qui ont grand ouvert le continent et notre pays. Voilà ce qu'il faut faire.
Dans l'urgence, il démantèle des camps qui ont été jugés illicites par la justice.
Oui, très bien, et puis les Roms reviendront. D'ailleurs, on leur donne 300 euros. Ils reviendront comme d'habitude, et ça ne réglera strictement rien, parce qu'ils sont de plus en plus nombreux et cette situation d'insalubrité et de gêne pour les riverains est de plus en plus insupportable.
Est-ce que le gouvernement doit bloquer cet été, dès maintenant, les prix de l'essence, comme s'est engagé le candidat Hollande ?
Il peut le faire de manière très ponctuelle, mais honnêtement, ça ne réglera pas grand chose là aussi. Bon, je ne sais même pas s'il le fera, puisque manifestement, il est urgent d'attendre. C'est le mot d'ordre à Bercy.
Il attend que ça monte davantage...
Oui, on va attendre que ça monte, monte, monte, et puis on bloquera très haut. Donc on ne comprend pas très bien l'intérêt.
Mais vous voulez faire la même chose, vous voulez jouer sur la TIPP flottante.
Alors, nous, on fait une analyse intelligente. On se dit, voilà, 60% du prix aujourd'hui à la pompe, c'est la TIPP. C'est la taxe sur l'essence. Donc c'est ça qu'il faut baisser. On peut baisser de 20% la taxe sur l'essence et compenser pour les dépenses publiques par une taxation exceptionnelle sur les grands groupes pétroliers et gaziers. C'est ce qu'a fait le Royaume-uni et ça marche très bien.
Vous dîtes que c'est une analyse intelligente, mais c'est aussi ce qu'avait fait le gouvernement Jospin. Ca avait coûté 2 milliards d'euros et ça avait bougé 1 ou 2 centimes à la pompe.
Non, il avait fait la TIPP flottante. C'est pas tout à fait la même chose. C'était déjà un peu mieux, mais c'est pas tout à fait la même chose. Nous, on veut baisser d'un coup de 20% la TIPP ce qui permettrait une économie d'à peu près 15 centimes par litre à la pompe, mais compensée bien sûr par une taxation, parce qu'il y a des grands groupes. Aujourd'hui Total fait 12 milliards d'euros de bénéfices. C'est pas tout à fait normal qu'il se gave comme cela sur l'augmentation du prix du pétrole et que les automobilistes soient obligés de payer.
Sauf que Total c'est des emplois en France, et Total fait une partie mineure de ses bénéfices sur le territoire national...
Parce qu'il faut prendre des dispositions fiscales. Parce qu'on l'a accepté. Parce qu'on a accepté de ne taxer que ce qui se fait en France. Parce que Total s'arrange bien pour en faire le minimum en France, parce que Total fait de l'optimisation fiscale.
Si vous taxez ce qui se passe à l'étranger, Total va s'installer à l'étranger.
Non, il y a d'autres méthodes. C'est en France que les grands groupes payent le moins d'impôts parce qu'on a mis en place des conventions fiscales et des règles fiscales qui sont totalement à revoir.
Puisqu'on parle de la voiture, on a tous été frappés par un chiffre publié l'autre jour à la Une des Echos. 700 millions d'euros, c'est ce que devrait récolter l'Etat grâce aux radars cette année. C'est un record. On sait que le FN dénonce régulièrement ce que vous appelez la persécution des automobilistes. Et du coup, on se demande si vous n'êtes pas finalement assez indulgent avec une certaine forme de délinquance routière, d'une petite délinquance du quotidien qu'on a tous parfois au volant. Est-ce que vous n'êtes pas indulgent ?
Non, vous savez 700 millions d'euros, c'est intéressant. C'est justement ce qui permet de payer chaque année l'aide médicale d'Etat, réservée aux clandestins. Vous savez celle que l'UMP n'a pas voulu supprimer, qu'aujourd'hui il critique. C'est assez comique. 700 millions d'euros, c'est ce que coûte effectivement les radars aux Français, aux automobilistes. Ce que nous disons, c'est qu'aujourd'hui...
Les automobilistes qui sont en infraction...
Oui, même parfois de 7km/h ou 8km/h. On est plus souvent persécuté quand on est automobiliste en France que quand on est délinquant, voilà.
On est passé de 8000 morts par an à un peu moins de 4000, grâce justement à une pression plus forte, avec des lois plus strictes et une application plus stricte de la loi.
On est aussi passé à ce chiffre là parce qu'on a amélioré l'état des routes et l'état des voitures, on le sait bien. Il y a des équipements de sécurité comme les airbags. Donc il faut agir là-dessus, mais cesser de persécuter l'automobiliste, et puis mettre en place des règles par exemple de comportement plus facile pour les motards. Parce qu'on ne parle jamais des motards, mais aujourd'hui c'est 1% des personnes sur les routes, et c'est 15% des morts. Alors il faut aider la cohabitation entre les 4 roues et les 2 roues. Il faut par exemple faire en sorte que quand un motard s'achète un équipement de sécurité, eh bien ce soit déduit de son assurance. Il y a plein de mesures à prendre, mais cesser de persécuter toujours au porte-monnaie les gens qui, ma foi, ont besoin de leur voiture aussi pour aller travailler parfois très loin de chez eux.
Mais bien sûr, mais vous pensez aux auditeurs qui nous écoutent et qui ont eu quelqu'un de leur famille qui est mort dans un accident de la route parce que quelqu'un avait dépassé de 10 km/h.
Oui, d'accord. Et puis moi je pense aussi à toutes ces victimes qui ne voient jamais les délinquants arrêtés, je pense à tous ces gens qui se font cambrioler et qui voient la personne arrêtée mise dans le bureau du juge et puis ressortir. Et puis je vois l'automobiliste. Effectivement, bien sûr qu'il y a des drames sur la route, et nous ne disons pas qu'il ne faut pas avoir de sévérité. Il faut avoir énormément de sévérité vis-à-vis des chauffards, mais il faut cesser de persécuter, parce qu'à ce moment là, ça n'est plus de la sécurité routière quand on met les radars sur les axes les plus rentables. C'est simplement faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat. Et maintenant, quasiment ouvertement, le gouvernement le dit. C'est politique quasiment fiscale. Ca n'est plus une politique de sécurité. Là, il y a une déviation du système.
L'actualité de l'été est marquée évidemment par ce qui se passe en Syrie. Question vraiment très simple : d'abord, est-ce que Bachar al-Assad est un dictateur, et est-ce ce qu'on peut laisser son peuple se faire massacrer comme c'est le cas en ce moment ?
Oui, c'est un dictateur. Mais comme le roi du Bahreïn, qui a été reçu par François Hollande en catimini.
Il n'est pas en train de massacrer son peuple.
La manière dont il traîte l'opposition. Puis vous savez, en Syrie c'est beaucoup plus compliqué que cela. C'est ce qu'on appelle une guerre civile. Alors moi je veux bien qu'on intervienne. J'entends les appels aussi bien à gauche, et puis en ce moment, c'est à la mode à l'UMP. Tout le monde veut y aller. Les va-t-en guerre, les Fillon, les Copé veulent y aller. Eh bien qu'ils prennent leur fusil, qu'ils prennent leur casque et qu'il y aillent. Et puis ça coûtera, si on fait la guerre, encore 300 ou 400 millions d'euros à la France comme ça a coûté en Libye. Et puis ca ne réglera rien.
Entre les rebelles et Bachar al-Assad, finalement c'est kif-kif bourricot pour vous ?
J'ai l'impression que c'est une guerre civile. Alors, je n'ai aucune sympathie pour Bachar al-Assad. Ce n'est pas moi qui l'avait reçu le 14 juillet 2008 en grande pompe.
En tout cas, c'est l'impression que vous laissez ce matin...
C'est pas nous qui l'avions reçu en grande pompe le 14 juillet aux champs-élysées, c'était Nicolas Sarkozy, Bachar al-Assad. Donc n'a aucune sympathie pour lui, mais vous savez en face, ce sont les Frères musulmans, essentiellement, infiltrés par le Qatar et l'Arabie saoudite. Alors je veux bien qu'on intervienne, mais à ce moment-là, intervenons en Arabie saoudite. Intervenons au Qatar. Intervenons en Corée du nord. Et puis pourquoi pas en Chine ? Parce que c'est pas une démocratie non plus la Chine vous savez.
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